Edition de 1582. Élégie 5, v
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moins souvent à Gelves, absorbé qu'il était de nouveau par ses études littéraires : don Alvaro se plaignait de son silence, dans le sonnet que j'ai cité plus haut. C'était au lendemain de la bataille de Lépante. Un jour cependant. peu après midi, D* Leonor, en rougissant, déclara au poète que, touchée de sa douleur, elle l'aimait, et l'invita à prendre confiance pour l'avenir.
vive d’oi mas ya confiado 1 ledo’.
Et ce fut sans doute peu de temps après qu'émue par les plaintes de son amant et par le tableau tragique qu'il lui faisait de son désespoir, dans un instant de faiblesse, elle versa quelques larmes et se laissa tomber dans ses bras. (Mon cœur, dit Herrera, fut vaincu par sa beauté, et je la saisis dans mes mains avec étonnement, puis, tout en pleurs et inquiet desa tristesse, j'oublai la perle qu'elle portait etje l’approchai naïvement de mes lèvres.
La luz, i el dulce resplandor nevado el coraçon vencio con su belleza, 1 la tome’ n mis manos adm:rado Lloroso i con temor de su tristeza me olvidè de la perla que traia, i a mi boca Ilevela con simpleza *.
La blonde chevelure de D* Leonor effleura le cou du jeune homme.
el oro enlazado d’el cabello crespo, sutil 1 bello en mi Cerviz se puso, 1 m’ enredo confuso* ;
Édition de 158». Élégie 3, v. 39.
Édition de 1619. Livre I. Élégie 5, v. 61-66. É
dition de 1619. Livre I. Canciôn 5, y. 103-106.
Le soleil tombait à l'horizon avec une majestueuse lenteur. .
el Sol que decendia pard al ardiente Flegon la espumosa rienda‘.
Et c'est alors que l’amoureux Fernando, « monté au ciel sans l’avoir cherché »,
Subi, sin procurallo, hasta el cielo * ;
put s’écrier dans l'ivresse du triomphe : «Ma douleur est passée, je sais ce qu'est la vie ! »
Ya passo mi dolor, ya sè, qu’ es vida”.
Mais ce ne fut qu'un entrainement passager de É part de D* Leonor ; en vain Herrera continua-t-il à prier, àimplorer, à gémir. Doña Leonor, suivant sans doute son mari, s'absentait quelquelois de Séville pour aller à la cour à Madrid, quelquefois même plus loin vers le nord, et le poète gémissait de ne plus avoir la faible consolation d’apercevoir au moins le bel & Astre » qui honorait de sa
présence des peuples que le soleil réchauffe à peine de ses rayons,
onrar gente, indina de memoria ; qu’ el Sol con tibio rayo apena enciende*.
. Édition de 1619. Livre IT. Sonnet 43, v. 4.