Édition de 1619. Livre III. Élégie
Este espiritu opresso ; que suspira en vano, por huir d’esta estrecheza ; qu'impide estar contigo descansado !
Le roman qui avait troublé la jeunesse et la maturité de Herrera avait pris fin. Le poète pouvait désormais relire avec plus de calme ces vers dans lesquels 1l avait jeté le cri douloureux de sa passion ; il offrait un dernier et silencieux hommage à son Æliodora en publiant celles de ses œuvres qui lui paraissaient les meilleures et dont elle avait été l'inspiratrice ; et cet hommage ne pouvait plus choquer la susceptibilité de personne, ni éveiller de soupcons malveillants ; l'occasion même qu'il choisissait, le mariage du marquis de Tarifa, devait égarer toutes les curiosités. Libérant ainsi son esprit du passé, il allait pouvoir désormais consacrer toute son énergie à la grande œuvre historique qu'il avait conçue.
1. Édition de 1619. Livre III. Sonnet 26. — C'est aussi, je le suppose, à la mort de Da Leonor que se rapporte le sonnet suivant : « Alma, que ya en la luz d’el puro cielo — ardes de santo fuego; a quien suspira — tu ausencia, con süuaves 0jôs mira, — i alienta a levantar el flaco buelo. — Ceñida en torno tu de roxo velo, — la Ilama en mi Iloroso pecho inspira ; — porque sin odio, sin temor, sin ira — desprécie’l vano amor i error d’el suelo. — Llorè yo tu partida, amè tu gloria, — i en tu ultimo dolor crecio mi pena ; — para seguir contigo el mesmo bd — Si la fê te renueva la memoria ; —— en esta sombra, ven con faz serena — a consolar el coraçon cuitado. (Édition de 1619. Livre L. Sonnet 91.)