POINT. DE TRANSFORMATION
a. Passage de l'ordre au désordre. — Les diagrammes X exécutés au-dessous et au-dessus de 45°C n’ont pas fait apparaître de raies de surstructure; de plus, les anomalies relevées sur les différentes courbes ne s’étagent que sur deux degrés environ. Pour ces raisons, nous ne retiendrons pas l'hypothèse du passage de l’ordre au désordre.
b. Transformation polymorphique. — L'hypothèse la plus simple consisterait à expliquer la fin du ferromagnétisme par la contraction anisotrope du réseau, toutes choses égales par ailleurs; mais Mn?Sb est ferromagnétique avec des distances inférieures à la valeur du paramètre 4, même contracté, et, comme le paramètre c ne se contracte pas, cette hypothèse ne peut être retenue. On aboutit à la même conclusion en interprétant la disparition du ferromagnétisme de MnBi.
Si la contraction de la maille n’est pas la cause de la disparition de l’aimantation spontanée, nous sommes amenés à rechercher la fin du ferromagnétisme, non plus dans l'établissement d'interactions négatives, mais dans un nouvel arrangement dans les bandes.
Toutes les discontinuités observées peuvent s'expliquer ainsi, mais c’est, en particulier, la courbe de résistance (fig. 50) qui fournit les arguments les plus probants à cette manière de voir. Au point de transformation, la résistance passe de R à la valeur 4R environ. Une augmentation aussi brusque trouve une explication plausible dans une diminution de la densité des électrons s.
Pour expliquer la perte de l’aimantation spontanée, et en accord avec les anomalies relevées, on peut, par exemple, concevoir que la couche 3 d passe de l’état 3 d7 à l’état 3 di. Mais cette hypothèse n’est pas sans soulever de grandes difficultés, car l’ion manganèse deviendrait Mn ; de plus, la constante de Curie nous a conduit à l'état probable 3 d7 au-dessus de 1309 C.
Il est vrai que, entre 450 C et 1260 C, Mie Serres a constaté que 7 est irrégulier et varie avec le champ. Si l’on ajoute à cette observation le fait que Ja résistance diminue après la discontinuité (fig. 5o), on peut envisager une libération progressive des électrons 3 d de façon à retrouver l’état 3 d7 à 1260.