Madame Sullivan
« Louis, la moitié de la voiture, 2.600 livre» », « cocher d'Éléonore, 60 livre» », (t concierge d'Éléonore 60 livres », « Frantz 600 ».
Craignant les indiscrétions, Fersen n'avait parlé à personne des préparatifs de la fuite et n'en avait même pas informé son père. Dans une lettre à Taube, il écrit le 13 mai 1791 :
« Je n'ai rien dit a notre vieux sur nos affaires et lui ai seulement annoncé que je ne rentrerai pas cet été, croyant que je leur serai de quelque utilité » ^.
Mais le bruit de ^a fuite circulait partout. M. Bimbenet a très soigneusement expliqué comment il était sorti par l'escalier de service, colporté partons les serviteurs de la famille royale qui étaient au courant ^ Mais le bruit avait également été répandu par les amis de Mirabeau* D'après une lettre de Fersen à Taube du 23 mai 1791 Mirabeau avait eu avec ses amis Talon et Sémonville ainsi qu'avec Staël des « conversations » préliminaires sur la fuite de la famille royale.
Les lettres, saisies au domicile de Fersen, au lendemain de la fuite de Varennes, publiées par M. Bimbenet et qu'on a attribué à une « anonyme », mais dont nous avons réussi à identifier l'auteur qui n'est autre que M™® de Saint-Priest, prouvent que toute l'Europe était au cou- >,rant des projets de fuite de la famille royale et qu'on parlait beaucoup du rôle de Fersen. Dans les milieux de la Cour de Londres, on lui reprochait d'être resté près de Marie- Antoinette alors que tous les fidèles étaient partis, et on estimait qu'il nuisait ainsi à la réputation de la Reine. ^ M"*® de Saint-Priest, qui poursuivait Fersen de ses déclarations d'amour, était la femme de l'ancien ministre de Louis XVI. Au lendemain de la chute du deuxième ministère Necker, M. de Saint-Priest prit la décision de partit*