Inédit
représentants de la noblesse française se seront réfugiés à Coblence ou à Bruxelles. Fersen a le bonheur d'être présenté dans les milieux de la cour et de la noblesse, par le ministre de Suède à Paris, le comte Gustave Philippe Creutz, poète et lettré fort distingué.
La première visite de cette année-là fut pour Louis XVI l'ami personnel du Roi de Suède. Voici ce que Fersen en dit dans son Journal Intime :
« Le 1 :r Janvier 1774 qui etoit le jour de l'an, il falloit aller à Versailles fair sa cour au Roi, et voir la Cérémonie et de l'ordre du S : t Esprit. J'avois commandé ma voiture a 8 h : mais je fus obligé d'attendre, et pestant comme un malheureux, jusqu'à 8 3/4 que le tailleur m'aportat un habit de fourure que je lui avois cômande le matin de la veille, a 10 h : j'étois à Versailles. La Cérémonie n'est qu'une messe ou le Roi et tous les Chevaliers assistent en habic de cérémonie, après avoir diné j'allai avec le Comte Creuts fair une visite à Mad : du BarU elle me parla alors pour la première fois, au sortir de la nous revînmes à Paris, et j'allai ches moi me coucher assés fatigué^^. »
Les jours suivants sont consacrés à des visites de nouvel an. Nous citons ici quelques notes ayant trait à ces journées. Ses réflexions sont à la fois naïves et précoces :
« Dimanche 2 janv., je dinai chez l'Amb : de Portugal de là j'allai fair visite à la Princ : de Beauveau, qui nous reçut et me parla beaucoup, de la j'allois avec le C : Creuts ches l'abbé Breteuil il n'y étoit pas, non plus que Mad : Geofrin, mais la Com : Brionne nous reçut, je ne pus y monter, car je n'y avois jamais ete présenté, j'attendis donc dans la voiture que Creuts ait fait sa visite, après quoi il memena chés la Com : de la Marc qui est charmante et qui me reçut le mieux du monde, elle ne cessoit de parler du Roi, avec des éloges, qu'il mérite a tous égards, je passai le reste de la soirée chés Ramel qui avoit une fluction aux dents ^ ».
« Lundi 3 janv,, je fus fair une visite à L'amb : d'Espagne et de la a Creuts qui avoit mille attentions et bontés pour moi, me mena ches la Com : de Brionne, qui nous reçut dans son