Il s'agit certainement ici de Marie-Antoinette
me dire qu'il ne savoit pas qu'il y en eut, qu'il avoit bien reçu une boete mais qu'il en avoit remis la clef a l'archiduchesse a son arrivée, tandis que c'etoil moi qui lui avoit écrit la lettre dans le temps et envoyé la boete. Je tachoi de lui donner du courage en lui prouvant que rien n'etoit perdu, qu'il falloit rassembler toutes les forces eparses dans le païs, prendre une bonne position entre Mons et Bruxelles y attendrè'^s Francois et les attaquer, par ce moyen, on les eloignoit de ches eux et de leurs moyens et on les battroit facilement, il me dit qu'il en avoit déjà souvent écrit qu'il alloit le faire encore mais qu'avec un homme comme le Duc Albert il n'y avoit rien a espérer et qu'il falloit songer qu'a sen aller car probablement les trançois seroient à Brux. dans 18 jours ou peut être demain. On avoit déjà fait partir les archives et dans la matinée on vuida toutes les caisses. L'effroi, l'etonnement et la crainte etoient peints sur tous les visages...,
« J[eudi] 8. La Marck vint nous dire que l'archiduchesse etoit déjà partie, que Metternich partoit dans la nuit et Mercy avec lui, que le gouvernement etoit presque tout parti... »
« Vlendredi] 9. Il fut décidé qu'on monteroit en voiture on voulut m'engager a brûler le portefeuille qui contenoit les papiers de la Reine, mais je n'en fis rien je le plaçai avec les miens dans la voiture de Simolin, j'avois résolu la veille de les remettre à Lord Elgin pr être envoyés en Ang : mais l'insurrection d'Anvers me fit changer d'avis, ou plutôt M:e Sulivan ne les lui fit pas donner dans la nuit lorsquil les envoya chercher pr son courier. Enfin a midi nous partîmes... A 9 h : nous arrivâmes nous eûmes mille peine à nous loger... je couchai dans ma voiture ».
Chassés de Bruxelles, Fersen et ses amis erraient maintenant de ville en ville, rencontrant à chaque arrêt des amis ou des partisans qui se trouvaient dans la même terrible situation. Fersen n'avait de nouvelles ni de Paris ni de Suède.
Il arriva à Dusseldorf le 20 décembre et c'est ici qu'il trouva les premiers journaux. Ils lui apprirent la comparution de Louis XVI à la barre de la Convention pour répondre de ses actes. « La Gazette du 12 parle de l'interrogatoire du Roi a la barre. Quelle indignité. Il a rep[ondu] a merveille », voilà comment Fersen commenta la lecture des journaux. Dans ses notes il suit pas à pas, l'évolution du procès de Louis XVI :
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« V[endredi] 18. [janvier]. Beau, froid gelée... Nouvelles de Paris, bonnes pour le Roi.
L{undi\ 21. Tems gris. Le 14 le jugement du Roi ajourné au 15 l'esprit du peuple pas si bon pr lui. On a posé 3 questions : est-il coupable, quelle peine merite-t-il, la nation doit-elle confirmer la sentence ? Les débats ont ete longs.
« M[ardi 22. Tems gris. J'etois fort triste, sur eux, sur la Suéde et sur mon avenir et sur les affaires en gênerai. S'ils périssent tout est perdu pour moi. »
Le 22 janvier^il écrit à Taube :
« On m'apporte dans le moment la Gazette d'Aix la Chapelle ce n'est qu'en frémissant que je l'ai lue. Le jugement n'est pas faite encore il avoit ete ajourné au lendemain et conune on me Tavoit mandé on a agitée plusieurs questions, Dieu les protège et les conserve c'est l'unique ressource qui leur reste. »
Le lendemain il note :
« M[ercredi] 23. Tems gris, pluye. A 11 h. reçu le supplément de la Gazette de Cologne, mauvais pour le Roi. J'en fus accablé quoique j'y fus préparé ; cependant j'esperois encore, car le 17 a midi il restoit encore 200 membres a voter. Le soir je reçus de l'arch[evêque] de Tours le détail ci-joint, j'en fus atteré, tout espoir me sembloit oté. C'etoit ches Craufurd. Le père Elisée vint et nous rassura en nous faisant remarquer, qu'il n'y avoit qu'une majorité de 12, que des 200 qui restoient a midi le 17 il n'y avoit eu que 36 pour la mort, que cela de voit indiquer quelque mouvement dans Paris, que d'avoir proposé et ajourné le surcis, tandis qu'il avoit antérieurement ete décrète que le jugement quelconque seroit exécuté, etoit encore bon signe et qu'il y avoit tout a parier que le surcis passeroit, mais quelle affreuse position pour le Roi et la famille I cela déchire le cœur. Elle ^ seule me consoloit, mais sans elle je serois mort de douleur. »
Dans les lettres à Sophie et à Taube, il ne dissimulait plus son angoisse. Le 24 janvier, avant de savoir les derniers résultats du vote, il écrit à Taube :