‹ Fersen et Marie-Antoinette [microform]Chapitre 167 sur 182 · Les émigrés · texte numérisé non relu

Les émigrés

3. Voici cette lettre que nous avons trouvée parmi les autographes de Stafsund : « Je vous suis infiniment obligé, mon cher Comte, de l'imprimé des détails horribles et révoltants que vous m'avez envoyés sur le compte de cette trop infortunée Reine. Je n'ai pu la lire sans admirer la grandeur et la fermeté de son

LE SOUVENIR

i Merlcredi] 19. Ce dernier i se donne a présent un air d'importance choquant pour tout le monde. Il n'est poli pour personne, il est fou, bizarre et fantasque dans sa maison et avec Me Sulhvan qu'il traite très mal et depuis la mort de l'Infortunée Reme je n'ai pas a m'en louer. Il semble ne m'avoir ménage que tant que cela pouvoit lui être utile. Depuis cette fatale époque i ne m'a jamais parlé des affaires, tandis que c'est a moi qu 11 doit d'avoir ete assés connu pour pouvoir en être intormé et y être employé ; encore est-ce a présent d'une mamère très subalterne. Mon orgueil en est blesse, mais je regarde au dessous de moi de la faire paroitre.

« J[eudi] 20. La Marck me dit la veille qu'il avoit deia souvent parle a Mr de Mercy de l'état de pauvretee ou etoit Me de Fitzjames et qu'il faudroit bien tacher de venir a son secour. Mr de Mercy lui avoit dit que quand l'Emp : v seroit ^ il tacheroit d obtemr quelque chose pour elle, mais [l ne lui avoit jamais dit le dépôt quil avoit et La Marck ne lui en avoit pas parle, 1 autre jour en le pressant encore sur les secours a donner a Me de Fitzjames il lui demanda si en attendant l'arrivé de 1 l^mp : Il ne pourroit pas trouver quelque moyen de lui donner quelque chose, le Cte de Mercy lui dit qu'il y songeroit et quil -^royoït avoir trouve des moyens pr cela, cela me décida a aller lui parler de mon affaire 3, je ne sais pourquoi j'y repugnois autant, c etoit bien aussi par la crainte d'un refus, qui m'auroit otee 1 espérance.

«Vlendredi] 21. Je fus ches Mr de Mercy 11 /2 h : cetoit celle quil m avœt indiqué, il me dit après avoir lu le billet que c'etoit très juste, mais que de tous les effets envoyés il ignoroit le contenu, que n'ajant pu en donner le reçu il n'avoit jamais voulu

caractère et gémir sur l'injustice du sort qui ne paroit choisir que des victimes pareils. Mais ce siècle affreux s'est réservé des scènes de cruauté, d'infamie et d'atrocité, que l'histoire ne nous a jamais offert. Si de tems en tems un grand caractère ne rapelloit à notre sensibilité, la vertu et l'honneur, nous risquerions de succomber sous le poids de nos malheurs et de notre juste douleur. La Reine avoit déjà l'imprimé du procès de sa sœur, mais les détails de sa prison ne lui étoient pas connus. Elle m'a chargé de mille choses pour vous, mon cher Comte, reconnoissant avec sensibilité les expressions de l'attachement que vous avez voué a son infortunée sœur. Ce sont ses propres mots. »

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