A la visite de François II à Bruxelles
LE SOUVENIR
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Mai.
« Vfendrfidi] 9. Je reçus le matin la réponse du Cte de CoUoredo. Elle est en mauvais françois et assez bête. Le prétexte que l'Emp : n'est en ce moment que dépositaire et croit ne pouvoir en faire des payments est mauvais car ce ne sont pas des payments arbitraires. C'est de remettre un dépôt selon la volonté du déposant. Je n'etois pas encore décidé sur le parti que ie prendrois. Je voulois auparavant tacher de savoir quand arrive l'Impératrice pour traiter mon affaire verbalement. D'un autre côté j'avois a plaider la cause de Mme de Korff qui me tenoit fort à cœur et peut-être même plus que la mienne, car c'est tout pour elle. »
Lelire h Sophie'^.
Ce 14 Mai 1794.
« Jugés ma chère Sophie de ma douleur, c'est tout ce que je peux vous dire et vous en aurés une juste idée toutes les pertes que j'ai faittes se sont présentées a moi avec une nouvelle vivacitée et j'ai pleuré a la fois 4 personnes non jamais mortel n'a éprouvé de pertes successives aussi fortes et douloureuses pour son cœur, je ne sais comment j'ai la force de les supporter sans l'idée de mes amis qui me restent j'y succomberai je crois, mais ils me soutiennent et me consolent et se font un devoir de me conserver pour eux... Ayés la même attention pour eux et prenés soin de vous pour l'amour d'un frère qui sans vous ne peut-être heureux. »
Le Journal intime.
Juin.
« V[endredi] 20. Je ne cessai le soir de penser qu'a pareille époque 1791 j'etois occupe a la luite du Roi et de la Reine. Ce souvenir me causa de vifs regrets, quelle différence pour moi et pour toutte l'Europe si j'avois réussi et si Mr de Bouille n'avoit pas manqué son affaire par sa bêtise et sa négligence et ensuite le manque de présence d'esprit de son fils à Varennes. f