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CHAPITRE II

LE FAVORI BE VERSAILLES

De ce séjour en Suède, qui va de décembre 1774 à avril 1778, il ne nous reste rien de la main de Fersen, pas même quelques lettres intéressantes; celles qu'il écrivit à sa sœur Sophie n'ont trait qu'à des détails secondaires. Axel et sa sœur sont d'ailleurs rarement séparés puisqu'ils sont tous deux attachéis à la coUr.

Fersen mène l'existence d'un officier et d'homme dé cour suédois avec tous les soucis et les fols plaisirs qu'elle comporte. La duchesse de Suderrtianie parie souvent de lui dans son Journal Intime et son nom figure toujours dàiis les listes de ceux qui prenaient une part active aux fêtes de la Cour, aux quadrilles ou aux divertissements. Un jour, il figurait dans un divertissement français « Le Marché de Saint-Germain » comme « montreur d'animaux rares », un autre jour il jouait le géant dans « Le Château Enchanté ». On le voyait encore dans le rôle du comte Gyllenstierna dans « Le tournoi de la Reine Christine u, dans celui du berger dans « Le temple de Cythère » ou encore dans celui de Cornus dans « Le temple d'Esculape ». E figurait dans les pièces les pltis variées et interprêtait les rôles les plus dissemblables. De temps en temps il fait un séjour aux châteaux de famille. Cette vie ne lui semble pas trop gaie.

« Vous me dites, ma chère amie, que vous me regrettes en ville, [écrit-il de Lofstad le 6 juillet 1778, à sa sœur Sophie], « niais il est impossible que ce soit autant que je vous regrfette ici, ce

séjour auroit été charmant pour moi si j'avois pu i voir ma chère Sophie et passer les journées avec elle, maintenant cela est tout différend, je passe ma journée tête a tête avec mon Père et ma Mère, qui jouent tous les soirs une partie de Piquet et pendant ce tems je monte dans ma chambre ou je joue de la ilute ou fais une lecture... En arrivant je fus reçu des mieux, et ils sont encor de fort bonne humeur, surtout ma mère qui est charmante, pour nos plaisirs vous les connoissés, et savés qu'ils ne sont pas fort vifs, ajoutés a cela qu'une pluie presque continuelle nous interdit même la promenade... Il n*y a plus de déjeunes, chacun déjeune dans sa chambre, nous ne nous voyons qu'au diné.

Il passait une partie de ces années à la cour d*Ekolsund, où Gustave III organisait de grandes fêtes et de magnifiques tournois.

Mais cette vie de courtisan, avec ses intrigues et ses plaisirs factices, n'intéressait guère Fersen. Le 24 août 1776, il écrit d'Ekolsund à sa sœur Sophie :

« Pardonnes chère Sophie si je n*ai pu vous remercier plutôt de votre petit billet de Stiernsund, mais nous avons tant à fair ici que je n*ai pu vous écrire. Nous montons a cheval le matin et le soir pendant 4 à 5 heures nous courons les têtes et les bagues tant que nous pouvons, mais maigre cela je m'ennuye très fort je voudrois être loin d'ici, toutes ces figures de cour me paroissent si vielles, elles me déplaisent toutes, mais il faut pourtant me résoudre à les voir jusqu'au mois de novembre patience... Notre tournois est fixe au 27 nous serons tout habillés de fer, j*ai une armure qui pesé 40 Skâlpund ^ que je dois porter pendant trois jours depuis 2 h après midi jusqua ce que je me couche ; nous devons souper avec nos armures, plaignes un peu mon dos et mes épaules »... ^

Il ne quitta la Suède que le 16 avril 1778 pour faire son deuxième voyage à l'étranger. Il partait cette fois sans mentor, accompagné seulement de Joseph, son vieux valet, et de son chien. Son voyage avait un but précis. U allait à Londres pour revoir M"© Leyel qu'il avait rencontrée à Paris, à Dresde et à Potsdam et dont il avait

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