Gustave III
« L'époque de notre départ n'est point fixée. Le Roi a dit que ce seroit le 10 ou le 12 juillet ; peut-être cela sera-t-il plus tôt ou peut-être plus tard.
a II faut que je finisse, mon cher Père ; j*ai été obligé de me constituer malade dans ma chambre, afin d'avoir la liberté de vous écrire et de faire mes affaires. Je ne sortirai que ce soir, pour aller souper à Versailles / ^.
Sur la fête à Trianon, mentionnée ci-dessus par Fersen, Gustave III a donné un récit dans une lettre à son frère, le duc de Sudermanie, reproduite par M. de Nolhac :
« On a joué sur le petit théâtre le Dormeur réveillé, par M. de Marmontel, musique de Grétry (c'est le Dormeur éveillé de Piccini) avec tout l'appareil des ballets de l'Opéra réunis à la Comédie Italienne. La décoration de diamants termina le spectacle. On soupa dans les pavillons des jardins et, après souper, le jardin anglais fut illuminé. C'était un enchantement parfait. La Reine avait permis de se promener aux personnes honnêtes qui n'étaient pas du souper et on avait prévenu qu'il fallait être habillé en blanc ce qui formait vraiment le spectacle des Champs- Elysées. La Reine ne voulut pas se mettre à table, mais fit les honneurs comme aurait pu faire la maîtresse de la Maison la plus honnête. Elle parla à tous les suédois, et s'occupa d'eux avec un soin et une attention extrêmes. Toute la famille royale y était, les charges de la cour, leurs femmes, les capitaines des gardes du corps, les chefs des * autres troupes de la Maison du Roi les ministres et l'ambassadeur de Suède (M. de Staël). La Princesse de Lamballe fut la seule des princesses de sang qui y était. La Reine avait exclu tous les princes, le Roi ayant été mécontent d'eux... ))^
Cette visite à Versailles fut certainement le moment le plus féerique, le plus grandiose dans la vie de Fersen. B avait été le personnage principal de ces fêtes magnifiques et de cette réception fastueuse — c'est à lui et à l'intérêt que la Reine de France lui portait et non au