Inédit
Malgré toutes les distractions que Fersen avait eues au cours du voyage, il n'en était pas moins heureux de tourner le dos à l'Italie et partir pour Paris.
A Vérone, la suite royale se scinda et le plus grand nombre repartirent pour la Suède, tandis que quelques rares élus accompagnèrent Gustave III à Paris. C'étaient les plus fidèles : Franc, Armfelt, Taube, Peyron, et Axel Fersen. L'arrivée eut lieu le 7 juin. Marie-Antoinette eût désiré voir Fersen quelques jours avant l'arrivée officielle, c'est du moins ce qui ressort d'une note dans son livre de correspondance :
« à Joséphine ^ 18 et 21 may : no 27. par Fontaine que je ne peux pas venir avant le Roi » ^,
Axel Fersen a donné, dans une lettre à son père, un excellent aperçu de ce que furent ces journées :
Paris ce 20 juin 1784.
« Nous sommes arrivés ici le 7 au soir, et depuis ce moment nous nageons dans les fêtes et les plaisirs et divertissements de tous genres. Nous sommes sans cesse occupés et toujours pressés ; nous n'avons jamais le tems de faire tout ce que nous nous proposons de faire. Ce genre d'étourdissement convient fort à* Monsieur le comte de Haga ; il s'en faut bien que cela m'arrange aussi bien et j'en suis excédé. Nous avons déjà eu un grand opéra à Versailles et un bal paré, sans compter nombre de diners et soupers. Demain, nous avons une fête au grand jardin de la Reine à Trianon ; c'est la dernière, mais il nous reste encore beaucoup de soupers et de spectacles à Paris. Nous ^ ne les manquons jamais, et nous aimerions plutôt nous passer de boire, de manger et de dormir que de manquer d'être au spectacle depuis le commencement jusqu'à la fm ; c'est une rage. »|
1. Sous ce nom Fersen entretenait une correspondance secrète avec Marie-Antoinette. (V. chap. VIII).