Inédit
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me combler. Toutte la famille s'est informée avec empressement et intérêt de la santé de V. M. et tous ceux qui ont eu rhonneur de vous connoître ici partagent ce sentiment » ^
Après son rétablissement, Marie-Art oinette fit, le 24 mai, son entrée dans Paris. Voici la description qu'en a donnée Fersen :
« L'entrée de la Reine s'est faitte avant-hier. Votre Majesté verra par le journal de Paris l'ordre de la marche, les équipages n'étoient pas très beaux, et la Reine a été reçue très froidement il n'y a pas eu une seule acclamation mais un silence parfait, il y avoit une foule de monde énorme, le soir la Reine a ete fort applaudie a i'opcra, les applaudissements ont duré près d'un quart d'heure. Le soir il y a eu quelques illuminations très belles — celle do la place Louis XV étoit superbe, l'ambassadeur d'Espagne qui loge dans un des pavillons donna un feu d'artifice très joli, mais trop petit, la Reine fut dans la place pour la voir. L'illumination du baron de Staël était très jolie ; la Reine et M : me Elizabeth ont couché aux Tuileries, hier elles ont été aux Italiens, la Reine y a été fort applaudie.
« J'ai annoncé ici l'arrivée du comte de Hessenstein ^ pour l'automne, il m'en avoit prie, il m'a paru que cela n'a pas fait un extrême plaisir chez la Duchesse de Polignac, c'étoit cependant la ou il m'avoit prie d'en parler, ii y a même des gens qui ont fait une petite grimace a cette nouvelle » ^.
Fersen parle ici ouvertement de l'impopularité de Marie- Antoinette. Pendant cette année que Fersen avait été absent de France, la popularité de la Reine avait en effet beaucoup baissé. Aux reproches d'autrefois — son goût pour les plaisirs et sa passion du jeu — s'ajoutaient d'autres et de plus graves : son intimité avec le cercle Polignac et TAlTaire du Collier. Pendant l'été de 1785 cette affaire fit l'objet des conversations de tout le monde. Au début du mois d'août, le cardinal de Rohan avait été arrêté et emprisonné à la Bastille. Puis suivit ce scandaleux procès