Inédit
Le séjour à Gothembourg ne procura à Fersen aucune satisfaction. « Je n'ai pas trouvé le Roi plus raisonnable qu'à l'ordinaire », écrit-il à son père le 20 octobre. « Quoiqu'il en dise, je ne crois pas qu'il ait encore abandonné toute l'idée de faire la guerre ». ,
Axel Fersen vit juste, car la guerre fut reprise l'année suivante, mais Fersen n'y prit aucune part.
Le 21 octobre il se mit en route pour la France. Arrivé à Ystad, le vent qui pendant 25 jours avait été favorable, s'était retourné et, dans son impatience de partir, il en rejeta la responsabilité sur Gustave III. « Le détour que le Roi m'a fait faire », écrit-il d'Ystad à son père le 23 octobre en faisant allusion à son voyage de Gothembourg, « étoit absolument inutile » ^.
Le 1^^ décembre le sénateur Fersen écrit à Fabian, toujours en Finlande : « Votre frère est arrivé le 6 novembre à Paris en bonne santé ; il a fait sa course fort vite, netant arrivé à Stralsund que le 25 octobre » ^.
On comprend qu'Axel Fersen était heureux de rentrer à Paris après ce séjour aussi dangereux que peu agréable dans sa patrie ; voici la lettre enthousiaste qu'il adressa à sa sœur Sophie le jour même de son arrivée :
Paris ce 6.
« Ma chère Sophie mon voyage a ete fort heureux le tems et les chemins assés bons et jaurois pu arriver plutôt sans un rhume très fort, que j'ai gagné à Gothembourg et que j'ai voulu ménager, cela a fait que je ne suis arrivé ici que ce matin a 2 h :. Je suis enchanté d'y être et que mon voyage soit fini Dieu si je pouvais vous voir — il ne manqueroit en ce moment rien à mon bonheur» .