‹ Fersen et Marie-Antoinette [microform]Chapitre 98 sur 182 · Inédit · texte numérisé non relu

Inédit

3. M. de Heidenstam a publié un fragment de cette lettre, mais en a changé complètement le texte.

L'AMI DE LA REINE

Le 28 octobre prit fin son paisible séjour à Auteuil :

30 octobre [1790].

«... J'ai quitte Auteuil depuis deux jours il conmience a faire trop mauvais pour y rester, mais je regrette ce séjour j'y étais tranquille du moins et loin de Paris, c'est beaucoup au lieu que me voila confiné dans ce vilain cloaque. La cour est encore à St Cloud et y restera, dit on jusqu'au 15 Nov » \

Ces lettres ne nous permettent pas d'établir avec certitude la fréquence des visites de Fersen à Marie-Antoinette pendant cet été. Dans une lettre à Taube, où il lui racontait qu'il avait rencontré Staël, Fersen écrit :

« Notre stupide Azor ^ m'a prié de demander à la Reine pourquoi elle le traitait si mal et qu'il n'en savait pas la raison ; je lui répondis que je ne pouvais lui faire cette commission, car je ne la voyais jamais ou fort rarement, et qu'elle ne m'avait jamais parlé de lui... Je lui dis aijssi que depuis le retour de la cour à la ville, moi et tous ceux qui étaient attachés à la Cour, avions décidé de ne pas nous y montrer souvent, et surtout pas chez la Reine »^,

Nous avons cependant des raisons de croire que ses visites n'étaient pas si rares. Nous citons le témoignage de Saint- Priest :

« La cour obtint de passer l'été à Saint-Cloud, mais Leurs Majestés n'étaient jamais sans surveillants de leurs démarches. Des aides de camp de Lafayette les suivaient partout et l'un d'eux couchait dans l'anti-chambre de la reine, sous prétexte d'être en mesure de recevoir des ordres à porter à Lafayette. « Quand je regarde dans le parterre, disait la reine à Saint-Cloud, j'aperçois cet homme dans les hauteurs qui dominent ; si je vais où je l'ai vu, je l'aperçois à la hauteur voisine ». A la promenade, soit à pied, soit à cheval, il la suivait constamment. Cela

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