‹ Fervaal: action musicale en trois actes et un prologueChapitre 13 sur 33 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Nuits sans sommeil... Jours sans joie...

— Gloire, patrie, forces des dieux,

tout s'efface, tout fuit comme un brouillard d'automne.

Amour a changé tout mon être,

Amour est mon seul but.

Amour ou Mort !

— Ah!... te revoir...

Entendre encore ta chère voix,

m'enivrer de ta chaude haleine,

ô Guilhen ! ma Guilhen !

Boire Tamour à ta lèvre embaumée,

à jamais ! à jamais 1

{Une mélodie d'appel, exposée avant le commencement de la scène, se

produit de nouveau^ plus claire^ plus rapprochée, Fervaal écoute, immobile et halluciné.)

Ah ! Tappel de la douleur ! Il faut partir... Mais, mou esprit s'égare...

ARFAGARD entre par la gauche. Il se dirige vers le fond d*où part la mélodie, '

Holà ! qui vient ici dans la nuit ?

ARFAGARD S arrête à Vapostrophe de FeruaaL

C'est le berger envoyé vers les chefs pour annoncer en tous lieux le Conseil. Mais, toi-même, que viens-tu faire ici à cette heure ?

Le berger ?... le Conseil ?

LE BERGER, de loin.

Ho gué !

ARFAGARD.

Ho gué !

Réponds, berger, je suis le chef des prêtres.

{Les brouillards, un instant moins épais, laissent distinguer le berger qui s'arrête au troisième plan. Il est couvert de rudes peaux de bêtes : son long bâton e^t attaché derrière son dos ; en sa main, son chalumeau-)

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