SCENE PREMIERE
Nuits sans sommeil... Jours sans joie...
— Gloire, patrie, forces des dieux,
tout s'efface, tout fuit comme un brouillard d'automne.
Amour a changé tout mon être,
Amour est mon seul but.
Amour ou Mort !
— Ah!... te revoir...
Entendre encore ta chère voix,
m'enivrer de ta chaude haleine,
ô Guilhen ! ma Guilhen !
Boire Tamour à ta lèvre embaumée,
à jamais ! à jamais 1
{Une mélodie d'appel, exposée avant le commencement de la scène, se
produit de nouveau^ plus claire^ plus rapprochée, Fervaal écoute, immobile et halluciné.)
Ah ! Tappel de la douleur ! Il faut partir... Mais, mou esprit s'égare...
ARFAGARD entre par la gauche. Il se dirige vers le fond d*où part la mélodie, '
Holà ! qui vient ici dans la nuit ?
ARFAGARD S arrête à Vapostrophe de FeruaaL
C'est le berger envoyé vers les chefs pour annoncer en tous lieux le Conseil. Mais, toi-même, que viens-tu faire ici à cette heure ?
Le berger ?... le Conseil ?
LE BERGER, de loin.
Ho gué !
ARFAGARD.
Ho gué !
Réponds, berger, je suis le chef des prêtres.
{Les brouillards, un instant moins épais, laissent distinguer le berger qui s'arrête au troisième plan. Il est couvert de rudes peaux de bêtes : son long bâton e^t attaché derrière son dos ; en sa main, son chalumeau-)