ACTE TROISIEME
L^ montagne dlserlech.
Pleine neige. — Il fait nuit.
La bise siffle lugubrement et chasse les rapides nuages qui passent, incessants, cachant le sommet de la montagne et voilant de temps à autre la clarté de la lune.
Alternatives d'ombre et de lumière.
Au premier plan, déjà rigides, des cadavres de guerriers recouverts en partie par la <neige.
On entend au loin des cris de détresse et de longs gémissements.
Fervaal, seul vivant en ce lieu, se tient debout sur la pente de la montagne, au second plan ; il est sans casque, les deuz mains appuyées sur la garde de son épée, et reste ainsi, immobile.
Les cris de détresse s'éloignent et se perdent au loin.
En un très lent geste d'invocation et de prière, Fervaal élève les bras vers le ciel, sa main droite tenant le glaive par le milieu delà lame ; — puis ses bras retombent graduellement, et de nouveau il reste immobile.
Arfagard parait à droite, portant un faisceau de branchages allumés. Il cherche à reconnaître les cadavres, et va, inquiet, de Tun à Tautre.
Un moment, la lune se dévoile, et Arfagard, qui s'apprêtait à gravir la pente, aperçoit soudainement Fervaal.