LE CINQUIÈME
Devant eux chevauche une femme...
[Tous regardent vers le dernier plan, à gauche.)
TOUS
Une femme...
C'est elle, c'est Guilhen I Guîlhen Fenchanteresse,
Guilhen la. charmeresse.
C'est elle, la voilà, la voilà !
(GuiLHBN est entrée à cheval, tenant un faucon au poing ; elle est vêtue de riches étoffes d'Orient.
Une nombreuse suite de cavaliers et coureurs maures Vaccompagne, les uns portant arcs et flèches, d^ autres, espadons et couteaux de chasse ; des oiseaux tués pendent en grand nombre à l'arçon des selles des cavaliers,
La cavale tigrée que monte Guilhen s'arrête devant le corps de Fervaal. Guilhen considère le jeune homme avec surprise, puis s'adresse aux paysans.)
GUILHEN.
Frères ! laissez ces gens ; je les prends sous ma garde.
(Les paysans se retirent, comme saisis d'un superstitieux respect. Guilhen regarde encore Fervaal, puis Arfagard, agenouillé à droite du corps.)
Vieillard, dis-moi, vieillard, quel est donc celui-ci ?
Les ombres de la nuit se sont appesanties sur son visage ;
est- il blessé ? — il paraît endormi, et pourtant
son sang vermeil rougit la terre...
Parle, vieillard, est-ce ton fils ?
{Elle saute à bas de son cheval, quon emmène. Les autres cavaliers sortent par la droite.
Guilhen s avance lentement et prend la main de Fervaal du côté opposé à celui où Arfagard est agenouillé-)
Blanche et douce est sa main — son bras, son jeune bras semble fait pour enlacer
la taille des vierges
et non pas pour brandir la lance et le lourd javelot.
{L*un des esclaves sortis à droite rentre viuement et désigne à ses compagnons restés en scène le côté d*oà il vient, — Tous regardent,)