LES ESCLAVES
Voyez, voye:fc...
ô prodige ! ô prodige étonnant !
Regardez là-bas dans la clairière...
il les a tous tués ! ô merveille I ô prodige !
GUILHEN.
Pourquoi ce bruit? — Moussah I qu'est-ce donc?
MOUSSÂH.
Maîtresse, ô prodige étonnant ! ici, tout près, dans la clairière,
auprès de deux chevaux blessés, '
on a trouvé, gisants dans la poussière, près de quarante paysans, tous morts et tous frappés du même glaive !
(Arfagard regarde pour la première fois Guilhen, restée pensive. Elle a laissé retomber la main de Fervaal.)
GUILHEN.
Du même glaive ?
ARFAGARD.
Blanche et douce est sa main... terrible est son épée !
GUILHEN, debout.
Mais alors... s'il est de noble race, (ainsi l'indique son collier d*or) pourquoi traverser sans escorte ce pays infesté de bandits ? Réponds-moi donc enfin !... Dis- moi son nom, sa patrie...
ARFAGARD rclève la tête presque sauvagement.
Que t'importe ?
FERVAAL a fait un mouDement; il ouvre lentement les yeux et se dresse à denii du côté d*Arfagard en s* appuyant sur ses mains. Son œil est fixe et animé par la fièvre.
Il fait grand jour... il est temps de partir...
Père, où sont nos chevaux ?
Où sommes -nous ? je ne me souviens plus...
{Il se dresse encore davantage.)
— Ah ! devoir sacré, destinée inconnue,...
signe fatal gravé en ma poitrine nue...