‹ Festival des fêtes cardinalices [microforme]Chapitre 2 sur 2 · EE · texte numérisé non relu

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leurs secours, leurs serviteurs. Gouvernez pour servir, Ce n'est

pas moi qui parle, c'est Saint Bernard,

Faites de nous une nation d'élite à la hauteur de la mission qui l'attend ; car la noble mission du Canada n'est pas une

chimére,

Le rgième siècle est un siècle de transition où la lutte du bien et du mal est indécise ; mais le 2oième siècle verra le triomphe du bien. Quand les peuples auront fait l'expérience

sd Ï ] de toutes les théories scientifiques et de toutes les utopies poli. tiques du jour, quand ils auront côtoyé tous les abimes et subi tous les désastres, ils se retourneront vers la vérité chrétienne

et l'acclameront,

Or, dans cet avenir glorieux qui s° prépare, l'Amérique et, plus particulitrement sotre patrice, devront jouer un grand rôle, l’iCparez-nous pour cette grande mission de la France d'Amé-

rique dans l'avenir du monce.

N'oubliez pas d'ailleurs que le principal caractère de l'Eglise dont vous êtes les chefs est l'universalité. Non-seulement elle prétend remplir toute la durée des temps, mais elle veut

envahir tout l'espace et conquérir toutes les nations.

Votre apostolat universel s'est manifesté dès le Cénacle qui fut ébranlé par un grand vent, et dans lequel des langues de feu descendirent sur la tête des hommes choisis dont vous êtes

les continuateurs.

Or. le grand vent, c'est le messager qui porte au loin sur ses ailes la parole évangélique ; c'est la force qui conduit les

navires à travers les océans, et qui va répandre sur les terres

lointaines les germes des plantes et les semences de la vérité.

Les langues symbolisent la parole de Dieu, et elles sont de

fen parce qu'elles portent avec elles la lumière et l'amour !

Eh bien ! Messeicneurs, il est à l'Oucst et au Nord du continent américain des tribus encore infidèles et des terres encore sauvages. De vastes champs sont encore ouverts à votre zèle apostolique, et dans un avenir plus ou moins rapproché l'Eglise du Canada étendra vers le Septentrion et vers l'Occident des

ramifications nouvelles.

De nouveaux diocèses seront créés, de nouveaux évêques seront choisis, et bientôt de l'Atlantique au Pacifique leurs voix généreuses et fidèles s'appelleront et se répondront, Comme des sentinelles rangées de distance en distance elle repèteront aux heures des ténèbres la parole lumineuse, le mot d'ordre,

qui leur viendra du général en chef, l'Evêque de Rome.

Car Rome est la patrie universelle. C'est le Zoe de l'Américain comme de l'Européen, du Canadien comme de l'Italien, des enfants d’Albion comme des fils de Saint Patrice. C'est de là que vient le vrai Xowe rule sous l'empire duquel les nations

vivent, et survivent quand on croit les avoir tuées !

Rome n'appartient pas à un parti, ni même à une nation, Elle appartient à toutes les races, elle est la mère de toutes les nations, Elle ne refuse À aucune ses lumières, et elle ne proscrit aucun progrès véritable, ni aucune liberté légitime, Ceux qui croient voir un antagonisme entre son autorité et la libsrté la méconnaissent, ou n'ont pas la vraie notion du progrès social, Car les deux principaux éléments de ce progrès sont l'autorité et la liberté—l'autorité qui assure l'ordre, et la liberté qui produit le mouvement. ‘Certes, l'amour de ja liberté est un

sentiment naturel de l'homme, et il est profondément gravé

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dans son cœur. On aime la liberté comme on aime la nature,

comme on aime sa patrie,

Mais il ne faut pas s’imaginer qu’il faille n'avoir aucun supérieur pour être libre. Comme dit Bossuet, où il n’y a pas de maître tout le monde est maître, et où tout le monde est maître tout le monde est esclave,

Le mot latin 4er ne veut pas dire seulement /bre, mais enfant. La liberté, c'est donc la condition de fils opposée à celle d’esclave. Etre libre, c'est avoir un père pour maître. Ce n'est pas être affranchi d’obéissance et de subordination, c’est être soumis à l’autorité d’un père, au lieu d’être courbé sous le

joug d’un tyran.

Sous l'empire du droit antique, les esclaves étaient des choses, et on en disposait de la même manière. Etre libre, c'est être une personne, ayant un nom dans la famille, ayant une place au foyer. C'est pouvoir appeler son chef son père, et les autres sujets ses frères. C’est avoir droit d'être traité comme

un fils !

Eh bien, Messieurs, cet idéal de la liberté dars ses rapports avec l'autorité, il est réalisé dans la constitution de l'Eglise chrétienne.

Quand son chef véritable, le Christ, nous a enseigné à prier

en disant : “ Notre père qui êtes aux cieux....” il nous a

affranchis de l'esclavage ; il a proclamé la vraie fraternité, la

vraie égalité, et la vraie liberté !

Aussi l’Ecriture, en racontant son ascension au ciel prononce-t-elle cette parole remarquable : e4 ascendens 1 altui

captiram duxit captivitatem, et remontant au ciel il a entrainé

la captivité captive. Quelle image pittoresque et saisissante dans cet éloge du grand Libérateur du genre humain !

Lorsque les conquérants dont l'histoire exalte les hauts faits 1cvenaient de leurs lointaines expéditions, ils trainaient derrière: leur char de triomphe des rois enchaïnés et des populations captives. Mais ce n'est pas ainsi que le Christ a celébré son triomphe.

Plus fort qu'eux tous, et, sans armées, il a su conquérir l'univers ; mais ce ne fut pas pour réduire l'humanité en esclavage, ce fut pour l’affranchir ; et afin qu'elle fût libre à jamaïs, il a traîné derrière son char en remontant au ciel la captivité captive.

Ah ! chantez sa gloire, millions d'esclaves qu'il a faits libres ! Tombez à ses genoux, femmes chrétiennes que ses enséignements ont réhabilitées ! Dressez lui des autels, peuples qu'il a délivrés du joug des tyrans!

Voilà comment le Chef invisible de l'Eglise a compris la liberté, et comment il l'a ressuscitée quand elle était morte ! Voilà comment il a su être Père, tout en proclamant qu'il était le Maître ! Or celui qui le représente visiblement sur cette terre est également un père, et le plus ardent défenseur dela

liberté ! Que dis-je ? il en est aujourd'hui le martyr !

Montrons-nous donc toujours ses enfants, et nous continuerons d'être libres et de grandir sous l'autorité de ceux qu'il a chargés de nous gouverner, et qui nous transmettent ses enseignements. L'Eglise a été notre salut dans le passé. Elle sera

notre gloire, notre grandeur, et notre prospérité dans l'avenir.

IIT. Et maintenant, au nom de mon pays, permettez-moi de vous confier un message, à vous que l'immortel Léon XIII

a envoyés vers nous. Lorsque vous retournerez vers lui pour lui rendre compte de votre honorable mission, assurez-le de notre amour filial pour sa personne, de notre admiration pour ses œuvres, et de notre soumission entière à son autorité.

Exprimez-lui notre reconnaissance. Car nous comprenons qu'il a voulu non-seulement récompenser le mérite personnel de notre nouveau dignitaire, mais aussi reconnaître la foi et la fidélité de toute une race, et la rapprocher davantage de son cœur paternel.

Dites-lui que vous avez trouvé ici un petit peuple qui grandit à l'ombre de l'Eglise de Rome, et qui sait unir la jouissance de toutes les libertés légitimes aux vieilles traditions d'honneur, d'ordre social et de foi.

Dites-lui enfin que vous avez vu refleurir sur la terre Américaine la France des anciens jours, une petite fille de la fille ainée de l’Église, toute brillante encore des promesses et des espérances du jeune âge, et s’acheminant sous l'égide d’Albion, par le libre développement de ses forces, sans secousse ni

violence, vers la maturité et l'émancipation.

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