S6 FÊTE NATIONALE
chargée d’un coq hardi, chantant, d'argent becqué, crêté et membré d’or. En exergue, la devise : ‘ Ari el Patrie.” Cette bannière a été exécutée par les Révérendes Sœurs du Bon Pasteur,
Elèves des Ecoles Chrétiennes, de Saint-Jear :t Saint-Roch.
Les frères des Ecoles chrétiennes s'étaient donné beaucoup de trouble, afin de rehausser l’apparence de leurs élèves, dans les rangs de la procession, et i:s y ont parfaitement réussi. Un groupe assez considérable de ceux-ci, habillés du costume légendaire porté avec beaucoup de grâce, représentait le l'équipage de l’Émérillon, précédé d’un drapeau blanc fleurdelisé ; 2° l'équipage de la Pelile Hermine, avec un drapeau blanc en tête. Venait ensuite un char plate-forme, avec gradins, au centre duquel était posté Jacques-Cartier, entouré des officiers et des marins de la Grande Hermine. Enfin, un deuxième char-plateforme, sur lequel on apercevait, assis sur un trône, Francois ler, roi de France, entouré de ses fils, le Dauphin François, le due d'Orléans, plus tard Henri II, et le duc d'Angoulême, ainsi que des principaux seigneurs de sa cour, savoir : Louis {er de Bourbon, premier prince de Condé, duc d’Enghien ; Charles de Bourbon Montpensier, duc de Vendôme ; Robert IV de la Marck, duc de Bouillon ; Jean ler, duc d’Alencon ; le connétable Anne de Montmorency ; le Maréchal Jacques II de Chabannes, seigneur de la Palisse ; le Maréchal Antoine de Chabannes ; le Maréchal Guillaume Gaufier de Bonivet ; le Maréehal Louis deuxième du nom, seigneur de la Trémouille ; le chancelier Antoine Duprat ; le chevalier Pierre du Terrail, seigneur de Bayard. Les eostumes de ce dernier char, étaient d’une grande richesse et d’une grande vérité historique.
Bannière de la Société Saint-Jean Baptiste de Saint-Sauveur.
Cette société, sous la présidence du Docteur Fiset, avait confié aux Révérendes Sœurs du Bon Pasteur, l'exécution d’une magnifique bannière, qui put rivaliser en richesse avec celles des sociétés sœurs de Québec. Cette bannière de six pieds sur quatre et demi, en moire antique blanche, à sa face principale, porte un médaillon peint à l'huile, représentant l’arrivée de Jacques-Cartier au Canada. A l'embouchure de la rivière Saint- Charles, on aperçoit la Grande et la Petile Hermine ainsi que l'Emérillon ; ur le rivage, des huttes de sauvages, et dans le lointain, le fort de Québec. Cette peinture est entourée de branches d’érable en velours vert, avec nervures en fli d’or et surmontée d’un castor brodé en or. Le tout relevé et enrichi par des galons, franges, cordes et glands en or mi-fin. En tête, brodée en or tin, l'inscription : Sociélé Saint-Jean Baptiste de Saint- Sauveur ” ; en exergue, ‘ fondée en 1862.” Le revers, en soie blanche glacée, porte les armes de la société, en peinture à l'huile. Parti un, de gueules, à une eroix latine alisée d’or ; deux, d’or à trois érables de Sinople, et d’un chef d'azur, chargé d’une gerbe de blé d’or. Devise en exergue : “ Religion, Patrie, Colonisation ” ; relevé et enrichi comme Ja face principale, de galons, franges, cordes et glands en or mi-fin.
Char et Bannière des Bouchers.
Ce char contenait quatre étaux, peints sur toile et dans lesquels étaient représentés : 1° Un bœuf à l’abattoir,; 2° Un étal avec viandes de bœuf; 3° Un étal avec lard découpé; 4° Un étal avec un mouton mort et orné. Au-dessus du char, sur le toit de la cabane, un trophée composé de tous
les outils dont se servent les bouchers. Aux angles et sur le faite, quatre oriflammes, avec les noms des personnages qui se sont le plus intéressés à la Corporation des Bouchers, savoir: Philippe le Hardi, Louis XVI, Henri III et Charles VI Le train du char était caché par une bande de toile peinte, imitant des draperies avec franges et glands. Quatre chevaux, caparaçonnés de housses ornementées de castors avec feuilles d'érable, le trainaient.
La bannière, en toile blanche, peinte à l'huile, porte au centre Saint- André, patron des bouchers; en tête, 1n6 banderole de gueules, avec l'inscription de sable ; ‘ Association des Bouchers”. Le tout entouré de festons d: feuilles d'érable, naturelles, et en exergue, un cast°r naturel — Au revers, avec bordure dorée, au centre Napoléon [11 peint ‘n pieds, entouré de l'inscription ‘ C’est par la chair, que nous nourissons la chair. “ Nous complons qualre rois el un empereur de France, qui ont accordé “des p: iviléges extraordinaires à la corporation des bouchers”. Monsieur P. Légaré de Sainte Foye à fourni le train de ce char, et les peintures ainsi que la bannière, ont été exécutés par MM. Ruel et Dorval, peintres décorateurs, rue Saint Valier, Saint Sauveur, qui en avaient fourni les plans.
Bannière de l’Union Suint-Joseph de Saint-Joseph de Lévis.
Cette bannière de sept pieds et demi de haut sur quatre et demi de large, est un drap d’argent, avec application de drap d’or et de velours violet, doublée en soie violette. Au centre, un saint Joseph en relief, vêtu d’une tunique en drap d’or, et d'un manteau ds velours violet, parsemé de paillettes d'or, et tenant un lys. Les chairs sont en peinture sur bois en relief, Une jarretière en drap d'or, enlacie de rameaux d'’églantiers fleuris, en velours violet, bordés de filets d’or, encadre le médaillon et porte l'inscription: ‘ Ave sancle Joseph patrone”. Un nœud en drap d'or, avec branches d'églantier et de muguet, en velours violet, flotte au dessus du médaïiilon et semble le tenir suspendu. En tête de la bannière, en lettres d’or et formant un gracieux contour, se lit: « Amour à Sainl- Joseph,rs Letout est relevé par ‘les galons, franges et glands d’or. Cette bannière a été exécutée par les Révérendes Dames Religieuses de Jésus- Murie de Saint Joseph de Lévis, ét a coûté quatre cents piastres.
Bannière de la Société Saint-Jean-Baptiste de Saint-Joseph de Lévis
Cette bannière a six pieds de haut sur quatre et demi de large. Elle est en moire antique blanche, bordée de galons d’or, avec franges de mème, et relevée de glands en or. La face principale porte, au centre, un médaillon, formé de tiges de lys et de roses brodées en or et en relief; au centre se trouve saint Jean-Baptiste. en haut relief, chairs en peinture à l’huile, Au revers, un médaillon semblable avec l'inscription en lettres d'or : «Paroisse de Saint-Joseph de Lévis.»
Char des Peintres.
Ce char aété construit par M. Gourdeau, meublier-ébéniste, rue de l'Eglise, à Saint-Roch, d'après les plans et devis (3 M. P. Cousin, architecte. La peinture des fonds, les marbres et les ornements à iresque, par MM. Gauthier et Frères, peintres-décorateurs, rue Saint-Joseph à Saint-Roch.
La base, formant un talus, est entourée d’une tenture en toile imitant des draperies, sur lesquelles se lit: Peintres-décoraleurs. Sur
cette base, s'élève un monument régulier de l’ordre ionique, avec bases, pilastres, chapiteaux, impostes, architraves, entablements et frontons, le tout exécuté en bois, avic les ornements et sculptures de l’ordre, peints à fresque et les fonds en imitation de marbres. Dans les panneaux de la base, des sujets d’ornementation. Dans les grands arceaux, une vue de Québec et du fliuve Saint-Laurent, d’un côté, et de l’autre une vue de Lévis, exécutées par MM. Gauthier et Frères. En avant un saint Jean-Baptiste, par M. Louis Genest ; en arrière, un Champlain par MM. Ruel et Dorval. De chaque côté des grands arceaux : à droite et à gauche du char, quatre niches, contenant les statues allégoriques des saisons, sur papier peint, et donnant un des plus beaux échantillons de tapisserie ornementale française. Elles ont été fournies par M. J. M. Tardivel, Dans les frises, l'inscription : Nos inslilulions, nolre langue el nos lois. Sur le sommet des frontons, des trophées de pavillons de toutes couleurs, avec écussons peints, chargés de sujets allégoriques à la peinture.
Bannière et drapeau de la Société Saint-Jean-Baptiste de Notre-Dame de Lévis.
La bannière a quatre pieds et demi sur neuf, en moire antique blanche, surmontée dun couronnement, orné (l’arabesques et surmonté d’une croix, le tout en bois sculpté et doré. Au centre, en peinture à l'huile, un saint Jean-Baptiste prêchant dans le désert et tenant une croix avec oriflimme, sur lequel on lit: Æcce Agnus Dei, entouré de riches rameaux d'érable avec castor, à la jonction des tiges; le tout brodé en or et soie. Aux angles supérieurs et dans les festons du bas, qui sont terminés par des galons, franges et glands d’or, se trouvent des feuilles d’érable en velours vert, brodées d’or. En tête et tracée en lettres d’or, sur une banderolle, l'inscription : Sociélé Saint-Jean: Baptiste ; en exergue et de même, le mot: Lévis. Au dessous un magnifique castor brodé, laine et soie. Le revers qui est aussi en soie moire antique blanche, porte au centre les armes de la Société, parti un d’or, à un saint Jean-Baptiste de carnation ; deux, d'argent au lion rampant de sable, et chargé d'un chef de gueules à trois fleurs de lys d’or. En exergue, sur banderolle : /Jonneur et Palrie. Dans le feston du bas, les armes du Chevalier de Lévis. Ecartelé : au un, bandé d'or et de gueules de six pièces, qui est Thoire-Villars. Au deux, d’or'à irois chevrons de sable, qui est Lévis. Au trois, de gueules à trois étoiles d'or, qui est Anduze, Au quatre, d'argent au iion de gueules, qui est Layre ; sur le tout échiqueté d’or et gueules, qui est Ventadour. Le drapeau en soie rouge croisée avec franges et glands d’or. Au centre, les armes de la Societé, telles que sur la bannière. Ce drapeau et la bannière sortent des ateliers de la maison française R. Beullac, 220 rue Notre-Dame, Montréal.
Bannière de l’Union Saint-Joseph de Lévis.
Cette magnifique bannière est en soie moirée antique blanche, bordée d'un riche galon d’or, ornementé de jierreries et de fleurs en relief. Elle est couronnée d'un maguilique lambrequin en drap d’or à crépines de même, avec franges et glands, Au centre de la face principale se trouve un saint Joseph haut relief, grandeur naturelle, couronné d'une couronne en fils d’or. Il est drapé dans un manteau de drap d’or moiré, brodé en dentelles découpées, enrichies de perles, doublé de soie jaune râle, relevé par sa main gauche et laissant voir sa robe en drap d'argent. Il est chaussé de sandales ; les chairs sont en peinture à l'huile. 1ltient dans sa main
Ou el ns es m5 =. 1:
le
un lys d’or. Il est posé sur un gazon brodé en soie de couleurs, imitant les fleurs des champs, et sur lequel est déposé une hache en fil d'argent. Au bas, se lit en exergue, brodée en fil d’or, l'inscription : Fondée en 1864. Ville de Lévis. Sur le revers, au centre, des rameaux de feuilles d'érable en velours vert, brodés d’or et de soie, reliés entre eux par un castor en relief brodé d'or et formant écusson, et dans le centre duquel est une foi, surmontée de la devise : L'Union fait la force, brodée en lettres d’or.
Char de l’Agriculture.
La Société Saint-Jean-Baptiste de l'Ancienne-Lorette, sous la présidence de M. le Docteur Laurin, avait confié la construction de ce char à M. Pierre Gauvin, charron de cette paroisse, qui l’a exécuté d'après les plans et sous la surveillance de M. P. Cousin, architecte à Québec.
1l avait la forme d’un vaisseau, dont les flancs étaient évidés, et il était monté sur des roues massives et ornementées à l'instar des chars romains, La proue ornée de feuilles d’acanthe, entrelacées de feuilles d'érable, tombant en festons sur la quille; un castor placé comme une vigie sur le point culminant de l’avant. Au centre, une plateforme en tertre, élevée de cinq à six pieds et garnie de verdure, sur laquelle était placée une charrue. En avant du tertre, au centre de deux gerbes de blé naturel. une urne garnie de tous les fruits du verger canadien. Du c:ntre des gerbes, sortaient des faisceaux d'instruments d'agriculture, tels que haches, pelles, faulx, faucilles, rateaux, fléaux, etc., etc. Au pied du tertre et de chaque côté, une collection des plus beaux légumes récoltés dans la paroisse. Sur la poupe, en ârrière de la charrue, un piédestal mouluré et sculpté, supportant la statue de (érès, œuvre de M. P. Jobin, statuaire, rue Claire-Fcntaine, exécutée d'apres une photographie de la Cérès du Vatican. Sur les panneaux se lisaient les inscriptions : Les cullivateurs de l'Ancienne-Lorelle—Honneur à l'Agricullure.—Emparons-nous du sol.— Fêle du ?4 Juin 1880. En avant du piédestal et de chaque côié du tertre, une ruche d'abeilles. Tout le contour de la pouyge, en arrière, était garni de plantes naturelles en fleurs. les guirlandes de verdure, entrelacées de fleurs des champs, partaient de tous les angles supérieurs du piédestal et allaient s'attacher élégamment aux différentes parties saillantes du char.
Bannière de la Société Saint-Jean-Baptiste de Charlesbourg.
Cette bannière a six pieds de long, sur quatre et demi de large; sa face principale en soie moire antique blunche, porte an centre, un saint Charles en relief, entouré de guirlandes d'érable, brodées en or mi-fin ; au-dessus les mots : « Saint Charies-Borromée» brodés en or. Le revers de soie glacée blanche, porte un médaillon, printure à l'huile, représentant saint Jean-Baptiste ; et en tête l'inscription Sociélé Saint-Jean- Raplisle de Uhurlesbourg, entrelacée d’arabesugiies, composés de feuilles d'érable. Cette bannière a élé exécutée par les Révérendes Sœurs du Bon Pasteur.
Char des Menuisiers et Couvreurs,
Exécuté par M. Bélanger, maitre entrepreneur, rue Sainte Hélène, d’après les plans de M. F. Peachy, architecte.
Ün énorme rabot ornen.enté de feuilles d'érable et de cas‘ors, formait la base, Au-dessus, s’elevait une construction de fantaisie, en forme de kiosque, dans laquelle se reproduisaient toutes les diflicultés du métier. Sous le kiosque et au centre, un établi, sur lequel étaient groupès avec art, en
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forme de trophée, des ontils et des pièces de menuiserie, Aux angles, au sommet des pilastres, des flèches ornementées de fleurons sculptés. En avant du kiosque, la statue de saint Joseph, patron des menuisiers, placée
sur un piédestal, et aux angles extrêmes du rabot, des trophées de pavillons français et anglais.
Char de Beauport.
La paroisse de Beauport avait confié l'entière exécution de ce char, à M. P. Jobin, statuaire, rue Claire-Fontaine, Québec, qui l'a construit d’après les plans et sous la surveillance de M. Elzéar Charest, architecte, rue Saint-Georges, à Québec, et fils de feu le Dr. Charest de Beauport.
De chaque coté du train, composé de roues massives et ornementées, étaient placés deux énormes canons, reliés entre eux par une plateforme, simulant un terrassement, et au centre une souche d'érable, sur laquelle est campée la statue du colonel de Salaberry, le héros de Chatrauguay, né en la paroisse de Beauport, et dans l'attitude du commandement ; aux angles, des faisceaux de carabines avec bayonnettes, et surmontés d’oriflammes. En avant une magnifique oriflamme blanc, sur lequel on lit : Gloire à Beauport, qui a vu naître de Salaberry, le héros de Chaleauguay.
Au dessus de la statue, soutenue par des pièces en fer, couvertes de verdure, et partant des angles du char, un médaillon sculpté,entouré de festons de feuilles d'érable, reliés entre eux par un castor, et placé au centre d'un trophée de drapeaux anglais. Sur le médaillon, était inscrit : « À Charles de Salaberry el aux braves de 1812,» En arrière, entre la bouche des canons, les armes de la famille de Salaberry, avec sa fière devise : « Force à superbe, merci à faible »
Bannière de l’Union Saint-Joseph de Beauport.
Cette bannière, en soie moire antique blanche, garnie de galons et franges d'or sur les deux faces, porte sur la principale, un saint Joseph en relief, tenant dans la main un lys d'or. Chairs et couleurs à l’huile; en tête, l'inscription : Union Saint-Joseph, en exergue” Notre-Dame de B-auport. Au revers qui est de même, une /o1 brodée en or et surmontée de l'inscription : L'Union fail la force.
Drapeaux des Zouaves Pontificaux.
Le détachement des zouaves pontificaux, formant garde d'honneur au drapeau de Carillon, que je n'ai pas besoin de décrire ici, parce qu'il est trop bien connu de tous les Canadiens, était précédé de deux magnifiques drapeaux, l’un appartenant à l’Union Allet de Montréal, l’autre à la seclion te Québec, de la même société. Ces deux drapeaux sont semblables, sauf une petite variante,
Jd'emprunte l'historique de ce drapeau, à l'ouvrage intitulé : Le Canada el les Zouaves Pontificaux, par M. E. L. de Bellefeuille,
«M. l’abhé Rousselot, curé de Notre-Dame de Montréal, avait généreu- «sement offert de donner, lui-même, un drapeau au premier détachement «des zouaves pontificaux du Canada, et le comité chargea M. Napoléon « Bourassa, artiste bien connu, d'en préparer un dessin. (C’est celui qui « fut adopté et le drapeau fut béni par Mgr de Montréal, le 18 février 1868. « L'idée du dessin est empruntée à un jeune zouave qui, blessé à mort «dans un combat contre les garibaldiens, trempa son doigt dans le sang ‘qui coulait à flots de sa blessure, et écrivit, sur un mur, ces paroles si
«catholiques, et dont sa mort était une frappante réalisation : « Aime Dieu sel vas lon chemin.»
Ce drapeau est en soie gros grains, blanche et jaune, les couleurs pontificales ; sur une face, un écu au champ d'azur, à force d'argent chargée. de deux feuilles d'érable de Sinople et d’un castor naturel, accompagné en chef de l'inscription de gueules : Aime Dieu, et en pointe, de même, el vas ton chemin, timbré d'une croix d'argent aux lauriers de sinople, et posé sur un faisceau de hachées d'armes. Au-dessus on lit : Union Allel et sur celui de Quéhec, en exergue, seclion de Québec. Au revers se trouvent les armes pontificales de Pie {X. Écartelé au un et quatre, d’azur au lion d’or ; au deux et trois, d'argent à trois bandes de gueules. L’écu posé sur deux clefs d'or et timbré de la tiare.
Ces deux drapeaux sont d’une très-grande richesse et les broderies en or, argent et soie de couleurs, sont des œuvres d'art. Celui de Montréal a été exécuté par les Dames de l’Hopital-Général de Montréal, celui de Québec, par les Révérendes Sœurs de la Charité, et présenté aux zouaves par les Dames de Québec, le dimanche ? Juin 1880, dans l’église du couvent des Sœurs de la Charité, où Mgr l’Archevêque de Québec, accompagné de son clergé, en fit la bénédiction solennelle,
Bannière de la Société Suint-Jean-Baptiste de Saint-Colomb de Sillery.
Parmi les nombreuses bannières qui ont figuré dans la procession du 24 juin 1880, celle-ci a été une des plus admirées, par sa richesse, le bon goût et la perfection de son travail. M.J. B. Gilbert, professeur à l’académie de Sillery, organisa une Société Saint-Jean-Baptiste, aussitôt qu'il entendit parler de l’organisation de la Fête du 24 Juin, et en fut élu président. C'est ce monsieur qui a suggéré les sujets représentés sur Ja bannière et qui en a fait faire les dessins. La société en confia l'exécution aux Révérendes Dames Religieuses de Jésus-Marie, à Sillery. Ces bonnes Sœurs se sont surpassées dans cet ouvrage, et en ont fait, je dirai, presque une œuvre d'art, agrandissant une fois de plus, la haute renommée qu'elles possédaient déja, pour le bon goût et ie fini de tout ce qui s'exécute chez elles.
Cette bannière a sept pieds de large sur neuf et demi de haut. La face principale est en velours de soie pourpre ; au centre, un tableau peint à l'huile, de cinq pieds sur trois, représentant le martyre des pères Jésuites, Lallemand, de Brébeuf et Jogues, tel qu’on le voit sur la gravure, qui se trouve dass l'ouvrage : ‘Les Jésuites martyrs du Canada, par le Révérend père Martin ; à gauche, sont les pères Brebeuf et Lallemand, attachés au poteau de supplice et entourés de sauvages les martyrisant; à droite le père Jogues, recevant la mort d’un sauvage armé d’une hache; comme arrière plan, un lac sur la lisière d’une forêt, et sur ses rives on aperçoit la petite chapelle de la mission Saint-Joseph, qui est en flammes, et des sauvages massacrant les missionnaires. Au-dessus, dans un ciel enflammé, trois anges ; au centre, celui de la récompense ou des martyrs; à droite, celui du Canada, dans l'attitude de la prière, avec feuilles d'érable sur sa tunique ; entin à gauche. celui de la France, en contemplation, avec tunique fleurdelisée. Au-dessus des anges, et séparés d'eux par des nuages, comme dans un ciel ouvert, un Jéhovah, entouré de rayons lumineux ; à droite saint Joseph et à gauche saint Jean-Baptiste, les deux patrons du Canada. A l’entour de ce tableau, aux angles supérieurs, deux colombes en broderies, portant dans leur bec, l'une une palme, l’autre une couronne. De chaque côté et au centre, deux palmes en relief, brodées en or, liées
par une couronne d’or. Au-dessus du tableau, en tête de la bannière, se lit: Sociélé Saint-Jean-Buplisle de Sillery, et au as, en exergue, Les Martyrs du Canada; au-dessous, entourée de branches de laurier, la date de sa fondation, 1880, et de chaque coté, aux angles inférieurs, une fleur de lys, en relief et d’or. Dans toutes les lettrés, qui sont en or fin, se trouvent artistiquement disséminées des imitations de pierres précieuses, d’un effet splendide aux rayons du soleil. De chaque coté de la bannière, un oriflamme formant lambrequin, de même velours, avec crépines d’or et retombant au tiers de la hauteur, orné d'une tige fleurie de lys’; des galons en or fin, avec glands, formant d’élégantes arabesques, pendent au-dessous de ces oriflammes. Le bas de la bannière est aussi garni des deux cotés, par une frange d’or fin, fabriquée à Lyon, et qui a coûté 522 la verge.
Le revers est en soie cordée pourpre ; au centre, en relief, et en perspective, le fac simile en soie, du monument érigé à Sillery, en l'honneur du père Massé ; sur un des pannaux du piédestal se lit : À la mémoire du R. P. Ennemond Massé, S. 4. premier missionnaire du Canada, et sur l’autre panneau : À la plus grande gloire de Dieu. Ce monument est placé sur une prairie, en broderie de soie de couleurs, émaillée de paquerettes et chargée en exergue de l'inscription: Hommage à l'ilustre N. Brulart de Sillery. Le tout est entouré de rameaux d'érable, entremêlés de fleurs brodées, naturel, avec nervures et tiges d’or, et surmonté du monogramme de la société de Jésus, J. H.S. en lettres d’or et soulevées ; enfin, plus bas, brodée en or fin, une pensée, au milieu de trois fl:urs de lys, posées en pointe. Au revers des oriflammes, aussi de soie cordée pourpre, des tig2s d'érable. Cette bannière suspendue sur une hampe horizontale, surmontée d’une croix et d’arabesques en bois doré, parsemées de fleurs en métal doré, et d’où s’échanpent de riches draperies en velours pourpre, a un lambrequin à cripines d’or, élégamment soutenues par des cordons avec glands, en or fin, qui retiennent des couronnes en métal doré.—En avant de cette bannière et comme son introduetion., était portée une oriflamme en soie pourpre, avec garnitures, franges, cordons et glands d’or; aux angles supérieurs, des feuilles d'érable brodées : au centre, en lettres d’or découpées, les noms de Brébeuf, Lallemand, Jogues, Garnier, Daniel ; aux extrémités, des fleurs de 1ys.—- En ajoutant au prix d’achat des matériaux, le temps employé par les Dames de Jésus-Marie à son exécution, (temps pour lequel elles n’ont pas voulu accepter de rétribution,) cette baunière est évaluée à quinze eents piastres.
Bannière de l’Union Saint-Joseph de la Pointe-aux-Trembles,
Le fond de cette bannière est en soie moire antique blanche, ornementé de feuilles d'érable aux angles, entouré d’un riche galon d'or et terminé par des franges et glands d'or, qui en rehaussent la richesse. Ce travail a été exécuté par les Révérendes Sœurs du Bon Pasteur. Au centre, est un tableau à l'huile, dû au pinceau d’un artiste canadien bien connu, M. Antoine Plamondon. Ce tableau représente saint Joseph, tenant assis sur son bras gauche, le Divin Enfant, qui s'appuie d’une main sur l'épaule de son père nourricier, tandis qu’il semble chercher à saisir de l’autre, la tige fleurdelysée, qui est dans la droite du saint. La richesse du coloris et l'expression animée des personnages, ont été beaucoup admirées des connaisseurs, qui prétendent que c’est une des meilleures toiles de cet artiste, Un cadre ciselé et doré, encadre le tableau et la draperie; les feuilles d'érable et les emblèmes nationaux se détachent admirablement bien sur ce cadre ; il est appuyé sur un piédestal qui repose lui-même sur un brancard. Toute cette menuiserie est en noyer noir, et d’un fini parfait