‹ Fête nationale des Canadiens-Français célébrée à Québec en 1880 [microforme]Chapitre 139 sur 212 · ZHAPITRE ONZIÈME.—DISSOLUTION DE LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

ZHAPITRE ONZIÈME.—DISSOLUTION DE LA SOCIÉTÉ

53e La Société ne pourra se dissoudre qu'à la demande des sept-huitièmes

des merrbres, Les fonds qui resteront à sa disposition, après les dettes

payées, seront divisés par parties égales entre les établissements charitales Canadiens-Français Catholiques-Romains,

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& 3.—ConvenTioN NATIONALE de MONTRÉAL EN 1874.

La réunion des Canadiens des Etats-Unis et du Canada n'avait pas seulement pour objet l'immense démonstration du 24 Juin 1874 elle en avait un autre au moins aussi important: celui de discuter les questions d’un intérêt général pour notre race, Après la fête oflicieile les membres des sociétés de Saint-Jean-Baptiste des Etats-Unis et du Canada, au nombre d'environ quatre cents se réunissaient dans la salle académique du Collège des Jésuites, M. Houde prit la parole pour expliquer qu'il y avait deux conventions présentes dans la salle et M. Gagnon proposa de les fusionner. Cette suggestion fut acceptée. L orateur lit alors l'historique des conventions américaines successivement tenues depuis dix ans. Il établit les résultats bienfaisants de ces réunions ; avant elles les Canadiens étaient isolés et partant sans force. Depuis ils sont devenus puissants +t capables de se defendre. Après le discours de M. Gagnon une résolution fut unanimement adoptée par laquelie l'assemblée s'intitula : « Convention Genérale des Canadiens-Françcais.»

L'Hon. M. Chauveau, à la séance du matin traita en maitre la question : « De l'Instruclion Publique en Canada. »

M. Landry, de l’Acadie, adressa la parole, après le discours de l'Hono- M. Chauveau. Il traita particulièrement du pénible malaise dans lequel vivait les Acadiens depuis que les préjugés protestants avaient été soulevés jusqu’au fanatisme dans la déplorable question des écoles mixtes au Nouveau Brunswick,

Le Rev. Pere Latumbe, missionnaire à Manitoba prononça après le délégué acadien une brillante allocution en faveur de l'immigration des Canadiens-Français des Etats-Unis dans les immenses territoires de l'Ouest,

Le saint missionnaire fut suivi par M. l’abbe Lamarche qui exprima le ferme espoir de voir le peuple canadien français demeurer la nation la plus catholique du monde, et la plus etroitement attachée par l'esprit et le cœur au Saint-Siège et à l'Eglise.

A la séance du soir, après le dépouillement des lettres de créance, le rapj:ort du comité de la convention, rédigé par M. Beausoleil, fut alors soumis et pris en considération, une motiou priant instamment les gouvernements local et fédéral d'établir des manufactures fut alors proposée par M. H. Beaugrand, secondé par L. O. David. Après une discussion intéressante cette motion fut adoptée. M, Stanisias Drapeau proposa alors, secondé par M. J. O. Dion, une motion en faveur du repauiement et les moyens à prendre pour l'opérer, cette motion fut adoptée.

M. Chs. Thisault prit ensuite la parole et prononça un discours sur l'origine du peuple canadien-français, sur ses luttes religieuses, miitaires et politiques. 11 esquissa à grands traits un tableau des soulirances et du deuil des Canadiens-Français de la Proviuce à la vue de l’emigration formidabie de leurs compatriotes aux Etais-Unis, et termina par le recit enthousiaste des suceès et des esperances de sa bien-aimee patrie. L'orateur lut subséquemment le Rapport des Délégués à Ja Convention sur les

réponses aux questions posées par le comité d'organisation de Montréal aux sociétés canadiennes des Etats-Unis.

La convention des Sociétés Nationales 8e réunit une dernière fois le 26 juin, la séance dura quatre heures. Elle débuta par une discussion assez oiseuse sur le nom que l’on devait donner à la Convention. Finalement, après certains pourparlers, aussi longs qu'ac: imonieux, les résolutions suivantes furent adoptées :

Considérant qu'avec une organisation nationale puissante, les Canadiens- Français d'Amérique pourraient avoir une large part d'influence, il est

roposé :

: 1° Qu'une association composée des Sociétés Nationales canadiennesfrançais:s et de Secours Mutuels de l'Amérique soit créée sous le nom «d'Union N'ilionale Canadienne Francaise de l'Amérique.»

2° Que le siège de cette association soit fixé à Montréal.

3° Qu'un bureau de direction protisoire soit nommé et qu’il soit composé des délégués, ou, à d: faut des délégués, du président de chacune des Sociétés Nationales canadiennes-françaises en Amérique, de leurs sections, avec pou: oir d'adopter une constitution et de prendre des mesures nécessaires pour la faire fonctionner.

4 Que M. le Juge Coursol, F. Houde, H. Fabre, L, O. David, Loranger, Beaugrand, Gagnon, Drolet, Bélanger, Rév. Primeau, Lareau, Drapeau, Rév. Th'’rien. Rév. Père Lacombe, Landry, Marchand et le moteur forment un comité d'organisation chargé de se mettre immédiatement en rapport avec les différentes sociétés nationales, obtenir leur concours et appeler une convention de leurs délégués, chargés de l'adoption de la constitution.

M. Joseph Tassé proposs ensuite la résolution suivante, secondé par M. ÿ. C. Bé'anger:

Considérant qu’un grand nombre de nos compatriotes émigrés désirent retourner au Canada et qu'ils sont pour la plupart employés dans les manufactures de la Nouvelle Angleterre ;

Considérant qu'ils ne reviendront en grand nombre au pays que dans le cas où nous pourrions leur offrir le même travail qu'ils obtieunent dans ces manufactures ;

Considérant que nous ne saurions développer notre industrie manufacturière sans l'adoption du système protecteur qui a prévalu dans tous les pays où cette industrie a pris de l'importance et de l'extension ;

Il est résolu : ‘ Que pour atteindre cette double fin, l'établissement des “manufactures et le repatriement de nos compatriotes émigrés, il importe # qu'une protection suffisante soit accordée à nos manufactures dans les “ branches d'industries les plus propres au pays, pour leur permettre de ‘ Jutter avantageusement avec c-Îles de l'étranger ”

La NeuE de M. Tassè est alors mise aux voix et adoptée par une forte majorité.

La motion suivante est ensuite proposé par M. Ferd. Gagnon, secondé par M. Chs Thibault et adoptée à l'unanimité :

“ Que cette convention générale des délégués du peuple canadien-fran- ‘“ cais désire affirmer solennellement les principes catholiques qui sont la ‘“ base de la nationalité canadienne française, il est résolu qu’une adresse ““siguèe des noms des délégués de toutes les sociétés, par le président de “cette convention, soit envoyée au Saint-Père, le remerciant pour sa “ bénédiction papale et lui offrant les vœux du peuple canadien pour son ‘“ bonheur et le prolongement de son existence, jusqu’à ce qu'il puisse “ voir le jour de son triomphe ;”” que le grand aumônier de l’Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal soit prié de préparer et transmettre cette âdresse au Souverain Pontife,

Le Rev. M. Thèrien, curé de Notre-Dame du Désert, lut les résolutions suivantes :

“{o Que le gouvernement de Québec soit respectueusement requis ‘“ d'ouvrir de nouveaux chemins de colonisation et d'améliorer ceux qui ‘“ existent déjà, spécialement sur la Gatineau et la Rivière aux Lièvres ;

‘2 Qu'on crée en divers endroits des établissements pour recevoir et “ loger les nouveaux colons sans ressources comme on fuit pourles émi- “ grants européens ;

‘3° Que l'on donne avis dans les journaux du Canada et des Etats-Unis ‘“ de l'Etat des Terres Publiques, du prix, des conditions et des avantages ‘“ de la colonisation, de toutes les informations nécessaires contenant la ‘ valeur des produits de la ferme, le salaire des travailleurs, et les moyens ‘“ d'arriver aux terres publiques ;

“4e Que les agents des terres soient requis de visiter leurs sections et “de fournir des rapports sur la qualité du sol, les progrès de la colonisation “et les avantages que ces sections offrent.

Avec l'adoption du ces résolutions se terminèrent les Travaux de la Convertion officiellement connue sous le vocable d'Union Canadienne-Française d'Amérique"

Dans l'après-midi du même jour eut lieu à l'Ile Sainte-Hélène un grand concert pique-nique. Les journaux de Montréal prétendirent dans le temps que ce jubilé national l’emporta par le succès sur loul ce qui avail jamais ensore élé réalisé en Canada sous le rapport musical. Près de 20,000 personnes assistèrent à cette démonstration artistique, Une cantate de M. Labelle organiste de la cathédrale de Notre-Dame fut exécutée par les fan fares des Etats-Unis.

Le même soir au Carré Viger, les corps de musique américains donnèrent un concert-promenade auquel une multitude innombrable assista. (1)

() Nous offrons nos remerciments à notre ami M. Ernest Myrand qui, à notre

demande, a bien voulu faire ce résumé des travaux de la Convention de Montréal.C,

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