RÉPONSE DE MGR JEAN LANGEVIN, ÉVÊQUE DE SAINT-GERMAIN DE RIMOUSKI
« Evêché de Saint-Germain de Rimouski, « le 19 décembre 1879.
«Monsieur le président,
« Je vous remercie de l’exemplaire que vous avez bien voulu m'offrir du manifeste de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, à propos de la grande démonstration des Canadiens- Français projetée pour le 24 juin prochain.
- Vous me demandez quelques paroles d'encouragement en faveur de ce projet. Soyez sûr, monsieur le président, qu’il a ma pleine adhésion. Si, en effet, de son côté, «notre peuple «attache un grand prix à l'approbation de l'épiscopat, parce «qu'il est accoutumé à voir NN. SS. les évêques et le clergé à «la tête de toutes les entreprises qui intéressent à la fois la rati- «gion et notre nationalité,» de mon côté, comment pourrais-je ne pas être heureux de toutes les occasions favorables qui se présentent de cimenter cette union étroite entre le clergé et le
euple, si salutaire et si consolante tout ensemble. Car c’est Éien dans celte fidélité des Canadiens-Français à regarder leur religion comme la première et la plus chère de leurs institutions qu’a été, à toutes les époques de notre histoire, le salut de notre peuple : c'est l’'empressement qu’il a montré, dans
tous les moments de danger à se mettre sous l’égide, à recourir à la sage direction de ses premiers pasteurs, qui lui a fait jusqu'ici traverser en sûreté les plus rudes épreuves.
« La fête du 24 juin prochain sera une nouvelle occasion pour les Canadiens-Français, soit qu'ils aient le bonheur de vivre sous le ciel natal, soit que des circonstances difficiles les aient forcées à gagner une terre étrangère, d'affirmer solennellement leur foi religieuse, aussi bien que leur amour de là patrie terrestre. Tous sentiront délicieusement, ce jour-là, la joie pour des frères d'être réunis sous le toit paternel, d'y célébrer une grande, une magnifique fête de famille. A la pensée des gloires nationales, des jours de triomphe comme des jours de deuil, les cœurs seront doucement émus ; dans ces souvenirs précieux ils puiseront un nouveau courage pour les luttes de l'avenir, un attachement plus fort à tout ce qui forme notre patrimoine commun : la religion, la langue, les lois que nous ont léguées nos pères.
« Je me réjouis donc beaucoup, pour ma part, de voir se réaliser ce projet patriotique, et je souhaite à la Société Saint-
Jean-Baptiste de Québec un entier succès.
19 « Si, comme je le crains, les devoirs de ma charge pasto- * rale me privent du plaisir d'assister à cette fôte, j'y serai du moins présent d'esprit et de cœur.
oulu 1 . «Recevez, monsieur le président, l'expression de mes sente de : timents de sincère estime. QUE liens- 3 «€ Ÿ JEAN, évêque de Saint-Germain de Rimouski. » nten qu'il fu euple : RÉPONSE DE M. LE GRAND VICAIRE MOREAU, ADMINISTRATEUR parce Us , Ft brgé à MONTRÉAL, a rsti- Ki
ais-je nt.) « Evêché de Montréal, 15 décembre 1879.
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c'est « J'accuse avec plaisir réception du manifeste de la Société r leur Saint-Jean-Baptiste de Québec, que vous venez de m'adresser stitu- au nom de celte Société. La réalisation d'une manifestation salut dans la ville de Guébec, au jour de la fête nationale, telle dans qu'annoncée par ve manifeste, est assurément très-efficace
« Monsieur le président,
Ps
pour obtenir l’un des buts que s’est proposés notre belle Société Saint-Jean-Baptiste, celui d’unir plus parfaitement nos compatriotes afin de les rendre plus forts dans la poursuite des intérêts bien entendus de la patrie.
« Je fais donc des vœux, monsieur le président, pour que votre Société réalise le plan qu’elle a conçu et pour qu'un plein suecès couronne ses efforts patriotiques. J'ai la confiance que yotre appel sera entendu et recevra une réponse sympathique partout où il y a des Canadiens-Français.
« Je regrette, monsieur le président, que Mgr de Montréal soit absent, il aurait sans doute répondu lui-même à la permission que vous demandez d'adresser au clergé de ce diocèse le manifeste de votre Société.
«En vous donnant cette permission, monsieur le président, si vous la jugez utile à votre œuvre, je remplirai, je pense, les intentions de mon évêque.
« J'ai l'honneur d'être, «Monsieur le président, « Votre très-obéissant serviteur,
<H. Moreau, V. G., À. D. M.