‹ Fête nationale des Canadiens-Français célébrée à Québec en 1880 [microforme]Chapitre 31 sur 212 · DISCOURS DU RÉV. M. GEORGES CÔTÉ · texte numérisé non relu

DISCOURS DU RÉV. M. GEORGES CÔTÉ

« Mes Frères,

«C’est notre intention et notre devoir de vous dire aujourd’hui quelques mots d'encouragement au sujet de la fête nationale du 24 juin prochain, que l’on organise en ce moment dans notre ville. Nous le faisons d'autant plus volontiers que nous tenons d’une manière toute spéciale à ce que la paroisse de Notre-Dame de Québec s'associe, comme son titre le demande, à ce mouvement patriotique dont la Société Saint-Jean- Baptiste sera l'âme et la vie, mais dont le succès final dépend du concours et de la générosité de tous les citoyens et de toutes les classes de la société.

« Depuis plusieurs mois déjà, ce projet de fête a fait régner partout la plus grande activité : dans les villes, dans les campagnes et jusque dans les Etats voisins d'Amérique, où nous comptons maintenant un si grand nombre de compatriotes. Nos salles publiques ont entendu les chaleureux accents des orateurs les plus distingués ; les chaires de nos églises ont redit avec bonheur l'appel que l’on faisait à tous pour cetie circonstance; la presse l’a généralisé en lui donnant son appui et en portant celte heureuse nouvelle jusqu'aux endroits les plus éloignés.

Jagnimieux

seule, er, et qu'elle C, qui e dans a fête > dans i cette

aujourfête naoment ers que aroisse Je det-Jeandépend s et de

régner s camù nous s. Nos es orait redit tie cirà appui oits les

«Mais ce qui contribuera, pour une plus large part, à donner à cette fête le degré de solennité qui lui convient, ce sera, nous en sommes sûr, le beau et sublime manifeste de la Société Saint-Jean-Baptiste que vous avez lu et relu avec tant de satisfaction : manifeste élaboré par des âmes aussi intelligentes que généreuses, et qui traduit si bien les sentiments de tous ; manifeste admirable en lui-même, mais dont la force a été centuplée par la haute approbation de l’épiscopat canadien tout entier. Les journaux se sont empressés de reproduire toutes ces leltres si encourageantes et si élogieuses que Nos Seigneurs les évêques ont bien voulu adresser à monsieur le président de Ja Société Saint-Jean-Baptiste pour lui dire, à lui el à tous ses dignes collaborateurs, quelle appréciation ils font de leur magnifique projet, et formuler leurs souhaits pour cette entreprise si grandiose. Et, parmi toutes ces lettres, vous n'avez pas pu oublier celle du premier Pasteur de ce diocèse, qui favorise de tout cœur cette réunion de famille et qui a promis de la consacrer par sa présence, en venant lui-même présider l'imposante cérémonie religieuse qui marquera se jour solennel.

« Cette cordiale entente des citoyens et du clergé est à elle seule une démonstration évidente du double caractère qu'aura celte fêle, et du vrai point de vue auquel on doit se mettre pour y travailler et y concourir. Cette fête, en effet, ce sera la fête de la Patrie et de la Religion.

« Ce sera d’abord la fête de la Patrie, parce qu'on y déploiera toutes les forces vives de la nation. Enles voyant, nous nous rappellerons ce qu'était, il y a 200 ans, ce peuple aujourd’hui si nombreux et si florissant ; nous nous rappellerons surtout que cet étonnant résultat, nous le devons au courage et à l'énergie des ancêtres, à Ja noblesse de leur caractère et à leur attachement inviolable aux traditions du passé. Les étrangers euxmêmes seront frappés de ce spectacle dont ils nous renverront toute la gloire, et la conclusion que nous en tirerons tous ensemble, ce sera de redoubler nos eflorts, afin de marcher désormais avec fidélité dans les sentiers qui peuvent nous con-

duire comme nation à la véritable grandeur et à la véritable prospérité.

«M. F., la fête du 24 juin prochain ne sera pas seulement

la fêle de la Patrie, ce sera encore et surtout la fête de la Religion. Ë

« Ces deux noms : Religion et Patrie, devraient être inséparables chez tous les peuples ; car, comment la Patrie pourraitelle être véritablement grande, véritablement heureuse, sans la religion qui la divinise et la vivifie? Mais que cette union est rare dans les tristes jours que nous traversons! Pourtant M.F.,ilest un peuple qui peut se glorifier de ce privilège, c’est le peuple canadien, le seul au monde peut-être, avec le peuple irlandais, dont les enfants, dans leur totalité, sur quelque plage que le sort les ait jetés, professent encore leur foi, non pas par de vaines paroles. mais par des actes qui affirment leur croyance et qui en sont une éloquente démonstration. Et cela est si vrai, que le 24 juin prochain, quand vous verrez défiler dans les rues de notre vieille capitale ces milliers de Canadiens, ne formant tous qu'un cœur et qu’une âme et se livrant à la sainte allégresse de leur fête nationale, vous pourrez vous dire en toute certitude que, de ces nobles poitrines, il n'en est pas une seule qui ne fût prête à verser son sang pour le Christ, avant mème de le verser pour son pays. Enfin, lorsqu'en ce jour, sous le beau ciel qui a été témoin de tant de prodiges, le Pontife élèvera l’Hostie Sainte, qui sauve les peuples comme les individus, il n’y aura pas un genou qui ne fléchisse dans celte immense assemblée, pas une âme qui ne se répance dans une ardente prière pour le bonheur spiritue; et temporel du peuple canadien. Puis, quand, après cette bénédiction toute divine, ces milliers de braves se relèveront ; quand, après ces fêtes si louchantes, chacun reprendra le chemin de son foyer, tous emporteront dans leur âme le souvenir de ce grand jour avec la résolution sincère de se montrer plus que jamais attachés au Christ, qui a {ant fait pour notre heureuse contrée.

« Voilà, M. F., en quelques mots, le résumé des deux grands principes religieux et patriotique qui ont inspiré la pensée de celte fête et qui la rendront si chère à vos cœurs et si utile à tous.

« Tel.est le but vers lequei nous tendons. Quels sont maintenant les moyens d'y arriver ? Je les réduis à deux : l'union et la générosité, car je ne veux pas entrer dans les détails de l’organisation de la fête qui vous sont connus et qui d’ailleurs ont élé développés longuement par les journaux.

«L'union qui fait la force, la générosité qui fournit les moyens de la manifester : voilà donc ce qui assurera le succès de notre fête, le 24 juin prochain. Et c’est ici surtout que l’on

ara= raitsans nion rtant lège, ec le

, sur

, leur affirnstra-

| vous illiers eetse pournes, il g pour a, lorsant de peuples échisse épance emporel sdiction

grands asée de j utile à

t mainnion et de l’or- »urs Ont

rnit les à SUCCÈS que l’on

peut sans crainte réclamer l'union de tous ; car il ne s’agit pas de sacrifier des opinions personnelles, mais uniquement d'affirmer d’un commun accord des principes immuables, auxquels adhèrent tous les esprits et tous les cœurs sincèrement désireux de voir grandir la patrie. Union de pensées, union de sentiments, union de volontés, union d'efforts et de travail ; union surtout de toutes les classes de la société, et cela non seulement pour l’organisation de la fête, mais encore pour le jour où on la célèbrera. Ce dernier point est d'une importance capitale, car rien ne porterait un coup plus mortel à la démonstration que l'indifférence et l’abstention de la partie la plus notable et la plus élevée de notre société. Malheureusement, paraît-il, c’est ce que l'on a eu {rop souvent à regretter par le passé. Espérons que celle année au moins, personne ne fera défaut. La Société Saint-Jean-Baptiste verra s'inscrire dans celle paroisse, autant de membres qu'il y à de citoyens, en attendant que tous se réunissent avec orgueil dans la procession solennelle du 2# juin.

« À l'union, qui produit la force et qui crée l'enthousiasme, il faudrait joindre la générosité, qui assure le succès. On comprend facilement que pour faire face aux dépenses qu’exigera cette fête de plusieurs jours, il faut des ressources considérables, et ces ressources on les attend à bon droit de la libéralité de tous les citoyens sans exception. Si la classe ouvrière a déjà fait de si nobles sacrifices dans ce but ; si elle s’est {axée voluntairement pour prouver sonzèle et son patriotisme: avec quelle joie et quel empressement la classe aisée ne le fera-t-elle pas à son tour et suivant sa louable habitude. Dans l'impuissance de prendre personnellement part au travail, elle se réservera l'honneur d'y concourir d’une manière non moins efficace en secondant, par des ressources pécuniaires, les efforts du président de la Saint-Jean-Baptiste et de ses collaborateurs. Nous y sommes d'autant plus intéressés que cette fête aura lieu dans notre paroisse, et que l’affluence des visiteurs ne manquera pas d’être très avantageuse, même au point de vue matériel.

« Donnons-nous donc tous la main et notre entreprise sera couronnée desuccès ; puis, la relation que l'on fera de la fête du mois de juin 1880 à Québec, formera un jour une des plus

belles pages de l’histoire de notre ville et du peuple canadien tout entier.»

Re is Pre n d ä

mr nr os : —— arriere

Page 1