C. Marcoux
(2) C’est ainsi que nous avons eu pour collaborateurs assidus, MM. J.F. Guay, Théophile Lortie, Ernest Myrand, Elzébert Roy, A. Vaillancourt,
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& 9.—Le comité spécial de la Convention était composé de quatorze membres (1). C'est justice de dire que la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, a été unanime à donner dansses travaux d'organisation, la place d'honneur à la Convention qui devait couronner le vingt-quatre juin. La troisième partie de ce livre, consacrée tout entière à l'œuvre de la Convention, montre assez que nous n'avons jamais varié sur cetle question. Nous dirons alors ce qu'était ce comité et ce qu’il a accompli. La partie du programme qui lui était confiée était, sans contredit, la plus délicate et la plus-difficile à remplir. La formation même du comité fut lente et ses commencements furent pleins d’hésitations. C'cst ainsi que ce comité fut constitué à deux reprises différentes, et que, le premier n'ayant pas fonctionné, on dut en nommer un second, le 17 mars 1880. Ni la fête, ni la Convention elle-même, une fois passées, ne mellaient fin à son existence, car il était chargé de préparer et de publier un comple-rendu complet de la démonstration. L'ouvrage que nous publions aujourd’hui est le dernier mot de ce comité spécial de la Convention, dont on a dit bien du mal, mais qui allendra sans crainte le jugement du public et de la postérité.
$ 10.—Le souvenir du banquet de 1874, à Montréal, et du succès qui l'avait couronné, était encore vivace dans la mémoire de ceux qui y avaient assisté. Tout le monde s'accordail à regarder un braquet comme le complément obligé
(1) L’hon. A. B. Routhier, président; MM. H. J.J. B. Chouinard, secrétaire ; MM. J, P. Rhéaume, J. N. Duquet, S. LeSage, C. J. L. Lafrance, T. Ledroit, L. N. LeVasseur, L. P. LeMay, Jules Tessier, J. Frémont, Victor Livernois, H. À. Turcotte, J. O0, Fontaine.
du vingt-quatre juin. Le comité du banquet, nommé le 15 mars {880, se mit résolument à l'œuvre. (1)
Plusieurs projets lui furent soumis, entre autres un de M. Octave Lemieux, un de M. Chs. Baïllairgé. Ce dernier était surtout remarquable par ses proportions gigantesques. Il ne s'agissait de rien moins que d’un banquet en plein air, sur la terrasse Frontenac, auquel auraient pu prendre part 10,000 convives. Toul avait été calculé avec un soin, un détail infinis. Malheureusement il parut impossible à réaliser. Finalement le comité adopta le projet d’un banquet de huit cents couverts, au club des Patineurs, à ($2.50) deux piastres et demie par convive, lequel fut confié à M. Willis Russell. Le comité du banquet fit tout en son pouvoir pour en assurer le succès. L'ordonnance du diner, sans être parfaite, élai tout ce que l'on pouvait attendre d’un banquet populaire. L'enthousiasme indescriplible qui y règna, Fimportance et le nombre des discours prononcés, firent quelque peu oublier aux convives l'absence d’un trop grand nombre de nos concitoyens. Quant au résullat financier, il fut désastreux.
$ 11.—Le comité des chars allégoriques et des personnages historiques, nommé le 16 février 1880, était composé de dix
(1) MM. Chs. Baillairgé, MM. R. Lyonnais, Jos. Nadeau, Amédée Robitaille, J. P. Rhéaume, Alphonse Pouliot, S. LeSage, Octave Lemieux, T. Ledroit, H. J. J. B. Chouinard, Hon. A. Chauveau, Jules Tessier, C. J. L. Lafrance, J, E. Martineau, Archange Raoine, L. P. Vallée, J, N. Duquet. ©. Marcoux.
M. Baillairgé, élu président, ayant résigné, fut remplacé par M. Jos. Nadeau.
M. R. L. Lyonnais, élu secrétaire, fut remplacé, à son départ de Québec, par M. Amédée Robitaille,
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membres (1) et chargé spécialement d'examiner les plans des divers chars allégoriques, les projets de costume pour les différents personnages historiques qui devaient figurer dans la procession du 24 juin, avec pouvoir d'approuver, de rejeter, de modifier ou de corriger ces plans et ces projets, selon qu'il le jugerait convenable. Ce comité, formé d’homnies compétents et d'artistes distingués, avait pour mission spéciale de veiller à ce que rien, dans la procession, ne pût choquer l'œil des connaisseurs et des juges en matière d'art et de ben goût. C'était. un travail épineux, hérissé de difficultés. Mais le comité per— manent, soutenu par le comité central d'organisation, se mit à l'œuvre et après s'être réuni très souvent, fit plusieurs rapporis étudiés avec soin. Presque tous les plans et dessins qui lui furent soumis méritèrent son approbation : quelques-uns furent acceptés par le comité de régie et le comité eentral d'organisation, qui en prirent la responsabilité. Nous devons rendre au comité des chars le témoignage que ses travaux ont contribué à donner à notre procession, et aux différents chars, allégories et personnages historiques qui ont figuré dans ses rangs, ce caractère de vérité historique et de bon goût achevé, qui ont attiré la louange et l'admiration des milliers de spectateurs qui les ont salués de leurs acclamations, Nous croyons être dans le vrai, en disant que jamais la fête de Saint- Jean-Baptiste n'avait provoqué nulle part un pareil déploiement d'œuvres d’art, marquées au coin du cachet de l'élégance et de la distinction. Honneur donc au comité des chars qui nous a
(1) MM. Chs. Baillairgé, président; MM. Paul Cousin, secrétaire ;, Eugène Taché, J. B. Bertrand, Eugène Hamel, E. Charest, F. X. Berlinguet, J. N. Duquet, J. F. Peachy. Amédée Robitaille:.
assuré ce succès! Honneur aux artistes patriotes qui y ont contribué ! Honneur aussi à nos sociétés nationales, ouvrières et artistiques qui ont accepté de si bonne grâce cette inlervention bienfaisante et éclairée ! Tous ensemble nous nous devions à nous-mêmes, nous devions à la France, notre mère, dont nous représentons en Amerique les traditions et le génie, de ne rien faire, dans ces fêtes solennelles, dont elleaurait eu à rougir ou qu’elle eût été obligée de désavouer.
8 42.—Le comité de musique, nommé le 15 mars 1880, comptait vingt-trois membres (1).
Le 23 juin au soir, devaient avoir lieu des concerts en plein air sur les places publiques. Par les soins du comité de musique, des estrades furent construites en trois endroits différents. Les corps de musique étaient distribués comme suit :
Terrasse Frontenac : Bande de Beauport ; « « Bande du 8° bataillon ; Esplanade : Bande de la garnison ; « Bande du 9° bataillon ; Place Jacques-Cartier : Bande de Fall River ; « Bande de l’Union Musicale ; Saint-Sauveur : Bande de Biddeford.
(1) MM. Ernest Gagnon, président; MM. Clodomir Delisle, secrétaire;
Rév. M. Geo. Fraser, N. Levasseur, Calixa Lavallée, Dr. Morin, Arthur Lavigne, P. Laurent, Gustave Gagnon, J. Vézina, Alfred Paré, A. Vézina, Cyrille Duquet, H. A. Bédard, P. Plamondon, Octave Delisle, C. Lavigueur, Joseph Nadeau, Ephrem Dugal, George Hébert, J. A. Defoy, Félix Gabourg.
Etienne Légaré,
La soirée du 23 juin était magnifique. Une foule immense assista à ces concerts qui mirent à son comble l’enthousiasme qui régnait déjà partout.
Les musiciens et amateurs, étrangers à Québec, furentinvités à prendre part à la partie musicale de la messe. Les sociétés suivantes de Québec et d'ailleurs répondirent à l'appel, le 24 juin :
1. Les amateurs de Fall River, Mass., dirigés par leur curé, le Rév. M. Bédard ;
2. Le chœur du collège de Joliette ; 3. L'Union Musicale de Deschambault ; 4. Le chœur de Lotbinière ; 5. Le chœur de la Pointe-aux-Trembles ; 6. Le chœur de Saint-Michel de Bellechasse ; 7. L'Association Musicale de Notre-Dame de Lévis ; 8. La Société Sainte-Cécile de Québec ; 9. L'Union Musicale de Québec ; 10. Le chœur de Saint-Patrice ; 41. Le chœur de la Congrégation de Saint-Roch, de Québec ; 12. Le chœur de Saint-Sauveur de Québec ; 13. Le chœur de l’église Saint-Jean, de Québec.
Les parties de sopranos et d’altos étaient remplies par les dames appartenant à ces Sociétés Musicaï…, et par les élèves des Frères, des écoles de Saint-Jean et Saint-Roch. Ces différentes associations formaient un chœur de plus de cinq cents voix exécutant la partie harmonisée de la messe Royale de Dumont, arrangée spécialement pour cette fêle, par M. Gustave Gagnon, organiste de la Basilique. Un chœur de plus de cent voix, choisies dans les paroisses de Québec et des environs, et dirigées par M. Etienne Légaré, maître-chantre de la Basilique, exécutait la partie allernante, en plain-chant, à l'unisson. Les corps de musique du 9° bataillon et de l'Union Musicale,
accompagnaient la partie harmonisée. Celui de Beauport et la Bande Hardy, de Montréal, accompagnaient le chœur chan- {ant à l'unisson.
M. Gustave Gagnon était directeur général des chœurs, chaque partie ayant un sous-directeur.
Les parties de la messe chantées furent: le Kyrie, le Gloria, le Sanctus, l'Agnus Dei; les chœurs donnèrent à l'élévation un Tantum Ergo, sur un air russe; après la messe, le God Save the Queen ; et, après le discours de Mgr Racine, l’hymne national de Calixa Lavallée.
Pour le 25 juin, dans l'après-midi, à la prière de Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur, qui recevait à Spencer Wood un immense concours de visiteurs, le comité de musique avait organisé une malinée musicale dans laquelle figurèrent les fanfares réunies de Québec et d’ailleurs.
Le comité de musique, non content d’avoir assuré le suceès
de la partie musicale de la fête, voulut en perpétuer le souvenir par des œuvres plus durables que l'enthousiasme et les applaudissements d'un jour.
Jl est une question qui a été bien souvent agitée, dans la presse et dans nos assemblées publiques, et au milieu de nos sociétés populaires: c'est l'adoption d'un hymne ou chant national acceplé par tous les Canadiens-Frangais. Parmi les nombreux projets soumis de tous côtés à nos comités, celui-ci attira d’une manière spéciale l'attention des organisateurs du 24 juin. Il était dù à l'initiative du Rév. M. Napoléon Caron, prêtre du diocèse des Trois-Rivières, qui, dans une lettre datée du 24 janvier 4880, nous proposait de mettre au concours la composition d’un hymne ou chant national pour le 24 juin.
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qui restait avant le 24 juin, empêchèrent le comité de musique, à qui la chose avait été référée, d'exécuter ce projet dans son entier. Mais M. Calixa Lavallée, artiste distingué, dont les œuvres sont hautement appréciées des connaisseurs, fut invité à composer un hymne national pour le 24 juin. Il se mit à l'œuvre avec ardeur et, après plusieurs essais, il donna au comité un hymne national qui porte aujourd’hui son nom, et dont la popularité croit de jour en jour.
C’est encore à l'initiative de ce comité que nous devons la belle « Mosaïque d'airs canadiens, » et les partitions pour fanfares, de la messe de M. Gagnon, signées du nom du plus populaire de nos chefs de musique à Québec, M. Joseph Vézina. Ïl ne nous appartient pas de juger ces œuvres remarquables. Qu'il nous suffise de dire que la musique, comme toujours, a joué un grand rôle dans les fêtes de juin 1880, et que les œuvres nées d’elle, dans ces fêtes, feront toujours nos délices, dans nos démonstrations à venir.
& 13.—Comité de réception. Sous ce nom fut constitué un comité spécial, formé des officiers et directeurs des trois sections de notre Société. Dès le 26 février 1880, les sections Notre-Dame, Saint-Jean et Saint-Roch, étaient invitées à prendre les mesures nécessaires pour organiser la réception et le logement des voyageurs, attendus pour le 24 juin. Créé plus de quatre mois avant la fêle, ce comité se mit de suite à l’œuvre. Dans chaque section, plusieurs membres choisis parmi les plus effectifs, reçurent instruction de rechercher dansles limites de leur section, quels étaient les logements disponibles pour les
: étrangers, combien de personnes on pourrait y recevoir, et à
quelles conditions l’on pourrait y trouver la pension et le coucher. Ce travail dura plus de trois mois et fut accompli, dans :
les différentes sections, par les personnes dont les noms sont publiés dans la note ci-dessous. (1)
Cette opération a dû être faite rue par rue, et maison par maison. Conduite, autant que possible, d'après les règles ordinaires du cantonnement des troupes, elle a nécessité un travail colossal, extrêmement ingrat et difficile. Comme ona rarement fait dans ce pays d'entreprises de ce genre, nous croyons devoir entrer dans quelques détails sur ce sujet.
Les sections établirent, chacune dansun lieu central, un bureau de renseignements. Desannonces, publiées dans les journaux, invilaient ceux qui pouvaient loger des voyageurs à venir s'inscrire dansle bureau de leur circonscription. On enregistrait là les informations reçues. Puis, vint la visite à domicile, afin de constater l’état des lieux et l'exactitude des renseignements fournis. Toutes les maisons de pension et les hôtels reçurent aussi la visite de nos agents. Ensuite, on entreprit de persuader à nos communautés religieuses, el à un grand nombre de nos concitoyens, de faire des sacrifices pour assurer, aux amis attendus, une hospitalité convenable. Partout, notre appel fut entendu, et des dépenses considérables furent faites, qui, pour plusieurs, ont été des pertes lotales. Ici, encore, notre clergé, du haut de la chaire, dans nos églises, vint à notre secours, et engagea fortement el à plusieurs reprises, nos concitoyens à répondre à notre appel. Nous avons, en ce moment sous les yeux, les listes complètes, dressées par nosagents infatigables, de tous les logements, de toutes les chambres, de
(1) Dans la section Notre-Dame, par M. Philippe Gingras ; dans la section Saint-Jean, par MM. Sylla Côt6 et Octave Lemieux; et dans la section Saint- Roch, par MM. J. B. Drouyn, J. Picard, J. Nadeau, F. X. Trudel, C. Robitaille, D. Plante, C. Rochette, OC. Chamberland, A. Côté, E. Tremblay, Ls. Paradis, J. Bernier, D. Béreau. -
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tous les lits disponibles pour les visiteurs du 24 juin. Ce que nous écrivons est passé dans le domaine de l'histoire. Aussi, nous tenons à consigner, dans un tableau abrégé, les stalistiques suivantes, dont nous garantissons l'authenticité :
No. de pensionnaires.
Section Notre-Dame... ss sorossos ss e e 5,570 Section Saint-Jenn.ssssses sos batir 3,280 Section Saint-Roch... ARRETE TETTIL ° 4,000 Saint-Romuald et Saint-Nicolas... liés 400
A part ces 13,250 billets de logement, nous avions reçu de Saint-Sauveur, de Notre-Dame-de-Lévis, de Saint- Joseph-de-Lévis l'assurance que plus de mille (1,000) personnes y trouveraïent la pension et le logement. Voiià plus de quatorze mille personnes, complètement étrangères à Québec et n'ayant ici ni parents, ni amis, ni connaissances, à qui nous pouvions promettre une hospitalité certaine, et à des prix extrêmement modérés. Nous avions obtenu partout une réduelion considérable dans le {aux de pension, et la moyenne des prix variait d’une piastre à une piastre et demie par jour. Nous connaissons plus d'une ville d'Amérique où, dans une affluence de visiteurs comme celte que nous avons eue à Québec, en juin 1880, l'on trouverait difficilement la nourriture et le logement à ce prix.
Si, maintenant, aux chiffres que nous venons d'établir, on ajoute le nombre immense de voyageurs qui retrouvèrent à Québec, des parents, des amis, des connaissances qui leur offrirent l’hospitalité, on se convainera facilement que Québec peut héberger, pendant plusieurs jours et sans aucun embarras ni difficulté quelconques, plus de quarante mille (40,000)
14i FÊTE NATIONALE
voyageurs. Nous le disons en toute sûreté, parce que nous avons suivi de près celte partie de l’organisation, et nous affirmons que cette organisation était complète.
Une semaine avant le 24 juin, on forma, dans chaque section, d'autres bureaux de renseignements, qui furent placés, autant que possible, près des débarcadères des différentes compagnies de transport, bateaux à vapeur et chemins de fer. Pendant huit jours, ces bureaux fonctionnérent la nuit comme le jour, et les officiers qui en étaient chargés mirent. tout en œuvre pour donner aux voyageurs un accueil cordial et empressé.
$S 14.—Le comité des commissaires-ordonnateurs était composé de tous les officiers généraux et sectionnaires qui sont chargés de remplir ces fonctions dans notre Société.
A M. 3. N. Duquet revient tout le mérite de l'organisation de la procession, qui était la principale de ses attributions et l'une des plus importantes et des plus difficiles parties dans le plan général de la fête. La responsabilité qui a pesé sur les épaules de M. J. N. Duquet était énorme, Le succès merveilleux de la procession a démontré son talent d’organisateur. Son nom restera attaché au superbe dép'-iement de nos forces nalionales, dont le souvenir ne périra point,
Le commissaire-ordonnateur en chef commença de bonne heure à préparer la procession du 24 juin 1880. Pour lui et ses assistants, il y eut une véritable étude à faire des points de départ et d'arrivée, du chemin à parcourir, des obstacles à vaincre, des accidents à prévenir : c'était un travail de plusieurs mois. Des instructions très détaillées et très complètes furent rédigées après mûre délibération. Nous publions
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ailleurs (1) ee document qui témoigne de la prévoyance et de la sagesse de son auleur.
Pour mieux assurer l'exécution fidèle du programme, lecommissaire-ordonnateur en chef forma un véritable étal-major d’officiers-adjoints à cheval, choisis parmi l'élite des jeunes gens de Québec, dont chacun était spécialement chargé d’une des quarante et une divisions de la procession. Ces jeunes gens (2) se pourvurent à leurs frais d'un costume uniforme, else préparèrent de longue main, par de fréquents exercices à cheval, sous les ordres de M. Duquet, aux importantes fonctions dont ils élaient investis. Leur connaissance parfaite de l'organisation, leur activité et leur zèle, leur courtoisie empressée, ont été pour beaucoup dans le succès de la procession.
Pendant que tous ces sous-comilés étaient à l'œuvre, le comité général de régie et le comité d’erganisation adoptaient, à chacune de leurs séances, des mesures d'intérêt général, et activaient partout le travail. Un coup d'œil d'ensemble, jeté sur leur œuvre, suffit pour la faire apprécier et pour faire comprendre qu'ils y apportèrent une bonne volonté, une prévoyance et une énergie dignes des plus grands éloges.
On a bien pu les critiquer : ils n’ont pas, naturellement, échappé aux périls et aux écueils des grandes entreprises, et les détracteurs et les mécontents n'ont pas manqué : « La critique est aisée, l’art est difficile. » Les organisateurs de la démonstration de Québec ont eu à lutter contre des difficultés de tout genre. L'histoire en serait longue.
(1) Voir la quatrième partie de cet ouvrage.
(2) Nous publions leurs noms à la suite des instructions du commissaireordonnateur en chef, 1
Nous aimons mieux ne les effleurer qu’en passant, car il nous hâte d'arriver au terme, entraîné comme nous le sommes par le désir d'oublier ces nuages, égarés dans un ciel serein, ces ombres qui seraient disgracieuses, si elles ne faisaient ressortir davantage l’incomparable splendeur du tableau gravé dans nos souvenirs, et plus encore par l'impatience de raconter les grands et beaux spectacles dont nous avons été les
témoins.
Inutile de dire qu’au milieu même de nos labeurs, tout en
travaillant avec une énergie que rien n’a pu fatiguer ni rebuter, nous avons connu Îles discussions brülantes, les malentendus regrettables et les déceptions amères. Mais, hàtons-nous de le dire : en toutes circonstances, le mal était à peine fait, qu'il était déjà réparé. Ces orages d'un jour ont fait voir mieux la générosité, le désintéressement, l'oubli de soi, qui caractérisèrent toute notre entreprise. On ne saura jamais ce que ces fêtes auront coûté de temps et d'efforts à ceux qui les ont organisées.
Mais les plus grands obstacles et les plus formidables difficultés nous vinrent du dehors.
Nous avons déjà parlé de l’accucil enthousiaste que firent à nos projets nos compatrioles, dispersés dans les Etats-Unis. Ces dispositions favorables s’évanouirent peu à peu, à partir du mois de janvier, et cela pour des causes que nous n'avons jamais pu connaître suffisamment. Dans quelques localités, ce refroidissement se traduisit par des actes d'hostilité ouverte : dans de rares journaux et dans quelques lettres qui nous furent adressées. Mais, nous le disons avee empressement, la plupart de ceux qui renoncèrent au voyage de Québec le firent pour des motifs sé .:ux, dont nous avons parfaitement apprécié la convenance et la gravité. Le désenchantement
car s le ciel faieau e de lé les
at en uter, ndus us de qu'il eux la érisèje ces »s on!
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rent à -Unis.
partir AE alités, erte :
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complet éprouvé dans les Etats-Unis, comme chez nous, en voyant que l'ère de prospérité si longtemps attendue n'arrivait pas, chargée de promesses et d’abondance, au gré de tous les désirs ; les conseils de la prudence et d’une sage économie, qui refroidirent l’enthousiasme populaire d'un moment; les besoins pressants d'œuvres nombreuses: églises, couvents, écoles, journaux, caisses d'épargnes, etc., arrêtées, par la crise, dans leur essor, et dont les nécessités urgentes s’imposèrent à (ous les esprits, quand vint le moment de la réflexion ; le danger d'encourager l'humeur voyageuse de nos compatriotes, trop portés à dépenser, dans des migrations nouvelles, l'avoir péniblement acquis par des années de travail; et plus que tout le reste, l'accroissement, dans des proportions alarmantes, du courant d’émigration qui pousse vers les Etats-Unis les habitants de nos villes et de nos campagnes, et les jette au sein des groupes canadiens à peine formés, où ils arrivent presque toujours à bout de ressources et dans un dénument complet, et tombent souvent à la charge des premiers arrivés : toules ces causes expliquent l'abstention, ou plutôt, l'absence d’un très-grand nombre de nos frères des Etats-Unis. Nous le prévoyions d'avance puisque nous leur disions dans notre manifeste : VOUS VIENDREZ, . . . . . . ou si trop longue est la distance qui nous sépare, si les chemins sont TROP DIFFICILES, VOUS NOUS enverrez DES REPRÉSENTANTS.
Aussi, la seule chose qui nous chagrine, c'est que l'on ait pensé quelque part à nous attribuer des motifs qui n'ont jamais existé.
Du reste, les télégrammes sympathiques reçus à Québec, de divers points des Etats-Unis, pendant la semaine du 24 juin, nous firent oublier l’amertune de ces déceptions. Ils nous
dirent assez que des larmes de regret avaient mouillé les paupières de bien des exilés qui avaient compté revoir la patrie, mais que le devoir et lanécessité retenaient loin du foyer natal, N'était-il pas, d’ailleurs, suffisant pour nous de constater que notre vo'x avait retenti partout, et qu'elle avait fait tressaillir tous les cœurs en leur rappelant les traditions, les souvenirs aimés de la Nouvelle-France ?
D'autres obstacles se dressèrent devant nous. Les compagnies de transport, d'ordinaire si empressées à aceueilhr tous les projets qui peuvent rapporter une abondante moisson de voyageurs, gardèrent bien longtemps le secret de leurs tarifs, et malgré nos efforts répétés, il nous fut impossible d'obtenir les réductions accordées en 187%, lors de Ja fête de Montréal, Elles se rendirent pourtant à nos réclamations sur quelques points. Mais nous demeurons convaincus que l'affluence des voyageurs a élé moindre qu’elle n'aurait été, et nous avons la certitude ‘que les tarifs adoptés ont empêché un très-grand nombre de nos frères des Etats-Unis de venir à Québec. C'était là le principal argument des adversaires de nos projets.
Mais déjà retentit à nos oreilles le son des joyeuses fanfares qui annoncent l'approche de Ja fête. Voici venir la touchante démonstration de Sillery, et les concerts en plein air du 23 juin. Encore un mot, et nous fermons ce chapitre.
Il nous est impossible de décerner individuellement, à la multitude de ceux qui ont travaillé au succès des fêtes de juin, les éloges qu'ils ont mérités. Nous aimons mieux mettre chacun à son rang dans la nombreuse phalange des trovailleurs qui ont bien mérité de notre nationalité, et les confondre tous ensemble dans une raême reconpaissance, en disant de chacun d'eux : «Il était de la grande armée des patriotes du 24 juin 1880. »
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