CHAPITRE PREMIER
DES CONVENTIONS CANADIENNES-FRANÇAISES EN GÉNÉRAL, LA CONVENTION DE QUÉBEC.
Nous avons déjà dit que les organisateurs des fêtes de Québec avaient surtout à cœur l’œuvre de la Convention. Le manifeste de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec l’exprimait bien clairement, quand il énumérait les résultats que nous pouvions en attendre et constatait les fruits précieux produits par les conventions canadiennes aux Etats-Unis.
En effet, l’origine des conventions canadiennes-françaises remonte à 1865. C'est alors que nos compatriotes, dispersés aux Etats-Unis, songèrent à ne réunir en assemblée pour
. raviver leur patriotisme et délibérer sur ies moyens à prendre
pour conserver leur nationalité, leur langue, leurs mœurs et leur foi, dans la patrie nouvelle qu'ils avaient adoptée.
Cette manifestation nouvelle de force ct de vie devait naturellement éclore de l'idée féconde des fondateurs de la Société Saint-Jean-Baptiste. Dès 1859, M. Rameau l'avait prédite, dans son beau livre ; « La France aux Colonies. » Voici comment il s'exprimait sur ce sujet : (1) «L'idée mère «d’un lien général entre tous les groupes français de l'Amé- «rique, et de leur conservation par un appai mutuel, «est contenue dans !: “ociété Saint-Jean-Baptiste ; il suffirait «d'en développer l'application par la création de relations « plus fréquentes et plus étroites entre ces groupes isolés et le «foyer central. Ainsi seraient par exemple l'établissement «de quelque députation et visite périodique, semblable à «celle qui fut faite il y a quelques années aux Canadiens du « Détroit ; la publication d’un journal spéeial et qui serait le «signe visible du lien qui rattacherait tous les groupes cana- « diens entre eux et avec le Canada lui-même... »
La première Convention des Canadiens-français des Etats- Unis, tenue à New-York, en 1865, a été suivie de bien d’autres.
« En 1865, MM. Georges Batchelor, F. Boucher, F. Moreau, Ch. Mousselte et autres membres de la Société Saint-Jean- Baptiste de Now-York, appelèrent une réunion des Canadiens des Etats-Unis pour y discuter les meilleurs moyens de promouvoir leurs intérêts nationaux. Cette Convention, continnée d'année en année, s'est cristallisée dans l'institution de
l'Union générale des Sociétés Canadiennes de Secours Mutuels des Etats-Unis.
« Le tableau suivant donne une idée sommaire du mouvement de ces Conventions :
(1) Rameau, La France aux Colonies, pages 242-243.
ConvrenTIONS Canadiennes-Françaises tenues aux Etats-Unis depuis 1865,
Date. | Lieu de réunion. | Présidents.
1 11865... New-York dress teitenstee ses [A 80. Batchelor. 2 |1866.. ‘4
3 11807... TOY sossssee see sovee sosooocnoce eve seoes Foie Lebœuf. 4 1868... Springfield (Mass.) … | Ant. Moussette. 5 1869... Détroit (Mich.) vosssee .…|A. D. Lapierre. 6 11870... St-Albans (Vt.)… ses cvs | Ch, Moussette. 7 11871... Worcester Case.) . TENTE “
8 1872...|Chicago ([1l.) sussss soso | E. N, Lacroix. 9 1873... |Biddeford (Me.). ssessese Lei poste Alph. Paré. 10 1874... New-York ..... sus sens socssones Geo. Batchelor. 11 1875... Glen’s Falls (N. Le svisitece nds os Benj. Lanthier. 12 1876... Holyoke Las css. |, Meunier.
18: 1878. Drop (NS VS) sue Sossssonososonser 14 | RRQ ll de hd (Mass.) CPATTOTET ET ETES TE Benj. Lanthier.
«Si l'on jette uu coup d'œil rétrospeclif sur la carrière parcourue par les Conventions, on verra qu elle peut se diviser en trois périodes.
« La première période compr'nd les 4ère, 2e et 3e Conventions, tenues à New-York et à Troy. On y pose les bases d'un édifice patriotique ; c’est l'œuvre de préparation.
« La deuxième periode comprend les 4e et 5e Conventions tenues à Springfield et à Détroit. On y élabore une constitution fédérale pour la soumettre à la ratification des Sociétés ; c'est Ja phase de formation.
« La troisième comprend les 6e, 7e, 8e et 9e Conventions tenues à St. Albans, Worcester, Chicago et Biddeford. On y amende, on y consolide les travaux antérieurs ; ce sont les
époques des perfectionnements successifs que subit notre organisalion, »
Nous empruntons ces détails à une brochure publiée en 1874, à New-York. (1)
(1) En 1876, il fut décidé que les Conventions Nationales ne siègeraient que tous les deux ans, et indépendamment des Conventions des Sociétés de Secours mutuels, lesquelles continuent à se réunir chaque année. A part les Conventions, il y a toute une organisation canadienne dans les divers Etats de l’Union.
C'est ce qui a donné naissance aux Conventions de l'Etat de New-York, du Massachusetts, eto.—0.
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