Sur les groupes Acadiens de la Province de Québec
M. Paschal Poirier, M. L. U. Fontaine, rapporteurs.
MEMBRES
L'hon. J. A. Arsenault, I. P, K.
M. G. À. Girouard, M. P., Bouctouche.
M. U. Johnson, M. P. P., N. B.
M. J. O. Fontaine, Québec.
M. N. Bourassa, Montréal.
Rév. M. Pelletier, St. Frs., Madawaska.
M. L. Thériault, M. P. P., Saint-Basile, N.-B.
Rév. M. Michaud, Bouctouche.
Rév. M. S. Doucet, Pokemouche,
Rév. M. Babineau, Tracadie.
Rév. M. Girouard, Havre au Boucher, Cap Breton.
Rév. M. D'Hommée, Saint-Bernard, N. E.
Rév. M. Cormier, Richibouctou, N. B.
Rév. M. Ouellet, Sainte-Marie, N. B.
Rév. M. boudrot, Iles de la Madeleine.
Rév. M. E. R. Biron, Saint-Louis, N. B,
R. M. Ethier,
L'hon. P. Landry, Dorchester,
Rév. M. Richard, Saint-Louis, N.-B.
M. Paschal Poirier.
Rév. Père Bourgeois, collège Saint-Joseph de Memramcook.
M. F. Robidoux, Shédiac.
M. A. Robidoux, ‘‘
M. 0. Turgeon, Petit Rocher.
Tous les membres de la Convention sont convoqués pour vendredi matin, le 25 juin, à huit heures, à l’Université-Laval, pour assister à la première réunion des Commissions.
Par ordre,
H.-J.-J.-B, Cnouinann.
Secrétaire-général.
Tes étaient le plan général et le programme officiel de la Convention : certes, on ne pouvait les accuser de manquer ni d'élévation ni d'ampleur dans les idées. Mais on leur a trouvé bien d'autres défauts. Disons que, dans l'esprit de ses promoteurs, la Convention Nationale devait-être le point culminant de la démonstration de Québec. On lui avait donné pour mission de réunir dans une seule et même assemblée toutes les forces de notre nationalité. Tous étaient appelés à venir y affirmer notre Credo comme peuple, nos désirs pour le présent, nos espérances dans l'avenir; dans ce grand conseil, on devait délibérer sur les intérêts généraux de notre nationalité.
1. Nos intérêts religieux d’abord, les plus importants et les
plus sacrés aux yeux de tous ceux qui, comme nous, proclament bien haut l'axiôme souvent répété mais toujours vrai: «Qui dit Canadien-Français dit catholique sincère et profondément attaché à ses croyances religieuses qu'il considère comme l’élément le plus précieux de sa conservation ct de son développement » ;
2. Nos intérêts politiques et sociaux, considérés dans leur acception la plus haute, en dehors de toutes questions de parlis politiques ;
«, 3. Nos intérêts intellectuels, e'est-u-dire l'instruction publique, l'enseignement à tous les degrés, le développement de notre littérature, etc., etc.
| 4. Nos intérêts matériels, c'est-à-dire, tout ce qui peut con- ’ tribuer à accroître notre richesse nationale, notre prospérité.
Ce vaste programme n’a pu être complètement rempli ; mais nous croyons pouvoir affirmer qu'il est le programme de toutes nos Conventions nationales de l'avenir, car il faudrait des
années pour l'étude et la considération des idées qu'il énonce.
Il n’est jamais venu à la pensée de personne que ce programme pouvait-être exécuté dans son entier dans la Convention de Québec. Mais nous sommes fiers de pouvoir dire, et cet ouvrage prouvera notre avancé, que loutes les parties importantes en ont été pour le moins ébauchées.
Il ne nous appartient pas de juger le mérite de la Convention. Mais c'est pour nous un devoir de défendre Je comité spécial, qui F'organisa, contre certaines aceusalions graves qui ne sont pas méritées.
On a reproché au eomité d’avoir fait de la politique dans le choix des orateurs et des rapporteurs invités, D'abord le reproche était prématuré et intempestif, parce qu'il était fait dans un temps où le programme n'était pas terminé, mais n'élait encore qu'à l'état de projet, livré trop (ôt à la publicité par suite d’un malentendu. D'ailleurs, la lettre de M. Jules
Tessier, publiée à la fin de cet ouvrage (1), explique parfaitement la position prise par le comité.
On a reproché vivement à la Convention Nationale de n'avoir pas eu assez d'égards pour les Canadiens des Etats-Unis. Nous n’entrerons pas dans la discussion des faits et surtout des motifs qu'on nous a imputés. Nous en appelons au témoignage de tous ceux qui liront cet ouvrage et nous ne craignons pas d'affirmer que la part que nous avions faite à nos compatriotes des Etats-Unis était assez belle pour leur donner pleine et entière satisfaction, si des malentendus regrettables qu'il a été impossible de réparer complètement, n'avaient nui à l'entente, à la cordialité et à l'harmonie que nous aurions voulu voir régner toujours. D'ailleurs, notre
(1) Voir la IVme partie.
manifeste et nos programmes sont là pour le démontrer. Nous pouvons tirer de là des enseignements pour l'avenir.
Enfin il est un dernier reproche qu’on nous a fait, et celuilà, plus que les autres, nous {enons à nous en laver. On a dit que la Convention avait voulu exclure de ses délibérations le clergé. Jamais accusation ne fut moins fondée. Le premier soin de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec a été de mettre toute la démonstration sous le patronage de Mgr l'Archevèque de Québec d'abord, et ensuite de Nos Seigneurs les Evêques de la Province de Québec, comme le prouvent leurs lettres publiées plus haut (1). Notre manifeste a été envoyé à quinze cENTs prêtres du Canada et des Etats- Unis, et nous le disons avec orgueil, c’est le clergé surtout qui a propagé le mouvement parti de Québec. Dans Québec même, le clergé n’a cessé de donner le concours le plus énergique et le plus empressé toutes les fois que nous avons sollicité son infiuence et son appui. De plus, le projet soumis par M. Chouinard contenait l’article suivant :
«2. La Convention est placée sous le patronage de : Son Excellence le lieutenant-gouverneur de la province de Québec ; Son Excellence le lieutenant-gouverneur de Manitoba ; Mgr l'Archevêque de Québec; Mgr l’Archevêque de Saint-Boniface ; NN. SS. les Evêques de la province de Québec et de Manitoba.»
Voici es raisons pour lesquelles il a été retranché : des représentations nous furent faites sur les difficultés qui se présentaient relativement à la question redoutable des préséances. La majorité du comité spécial fut d'opinion que nous ne devions ni la toucher, ni la soulever.
(1) Pages 112 et suivantes.
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Des personnes haut placées nous firent l’observalion que, dans les Etats-Unis, le prêtre canadien joue généralement, parmi nos compatriotes, le rôle de patron et de modérateur dans toutes les œuvres auxquelles il est appelé à donner son concours, et ” qu'ilévite autant que possible de descendre dans l'arène où l'on agite des questions d'intérêts, où l’on peut anticiper des divergences d'opinions et même des conflits. « Pour cette raison, nous disait-on, il vaut mieux que le-prêtre soit, à vos yeux, plus qu’un simple membre de votre Convention.» La question longuement débaltue et souvent ramenée sur le tapis fut décidée dans le sens que l’on connait, et à notre grand regret, il fut résolu que les membres du clergé, qui seraient invités, le seraient pour des raisons exceptionnelles. Plus tard, trop tard à notre avis, on décida d'ajouter au troisième article du programme le paragraphe suivant :
‘« 4, Les membres du clergé sont de droit membres de la Convention et seront admis sans cartes à toutes les séances de Ja Convention et aux séances des Commissions, »
Il reste donc acquis à l’histoire que le gros mot «d'exclusion du clergé » n’a jamais été prononcé, et que cette idée n’est jamais entrée dans l'esprit d'aucun des membres du comité de la Convention.
Voilà ce que nous croyons devoir dire en justice pour le comité spécial de la Convention.