‹ Fête nationale des Canadiens-Français célébrée à Québec en 1880 [microforme]Chapitre 70 sur 212 · CHAPITRE NI · texte numérisé non relu

CHAPITRE NI

DEUXIÈME SÉANCE SOLENNELLE DE LA CONVENTION.=- PROCES-VERBAL, DISCOURS .— RAPPORTS.=—RÉSOLUTIONS.

Présidence de l'honorable P. J. O. Chauveau, Frésident-général.

Monsieur le Président annonce que plusieurs des commissions ont fait des rapports qui vont être immédiatement soumis à la Convention.

L’honorable H. G. Mailhot,rapporteur de la première commission, lit le rapport de cette commission dont les conclusions renferment une série de résolutions à être votées par la Convention. |

Voici les résolulions annexées au rapport de la première commission :

« Résolu : 1. Qu'il est nécessaire de la part des Canadiens d'origine française de revendiquer incessamment leur part d'influence et de patronage dans la distribution des travaux, des emplois et des deniers publics, et que cette part soit proportionnée à leur nombre d'après le recensement ;

« Résolu : 2. Que ce doit être une règle pour tous les hommes politiques Canadiens d'origine française à quelque parti qu'ils appartiennent, d'agir de concert pour exiger de toute administration l'application du principe posé dans la résolution cidessus ;

«Résolu: 3. Que toute administration qui refusera d’appliquer ce principe mérite la censure de tous les Canadiens d’origine française ;

«Résolu : 4. Que c'est l'opinion de cette Convention que tout électeur canadien d'origine française devrait se poser pour règle de ue jamais voler pour un homme public qui n’aurait pas le courage de revendiquer, même à l'encontre d'une administration composée d'hommes de son parti, l'application de ce principe.

ne

Ep

« Résolu : 5. Que cette Convention invite la presse canadienne-française a surveiller constamment et d'un œil jaloux l'exercice du patronage par le gouvernement, et à réclamer hautement chaque fois que dans l’exercicu de ce patronage nos intérêts seraient lesés ;

« Résoln : 6. Que les hommes politiques devraient aussi agiter celte question dans toutes les assemblées et la traiter dans le même sens afin de tenir l'opinion publique en éveil sur ce sujet.

« Résolu : 7. Que cette Convention remercie la presse qui a traité cette question dans le sens indiqué dans les présentes résolutions. »

Le Révérend monsieur Bédard, euré de Fall River, Massachusetts, fait les observations suivantes sur le rapport qui vient d'être lu :

« Nous applaudissons au projet d'une union de tous les Canadiens, mais il y a trois choses qui se trouvent dans le projet imprimé qu’on vient de nous passer, et qui ne rencontrent pas notre approbation.

«1. Le nom d'Union française : notre expérience aux Etats- Unis nous fait dire qu’en admettant comme membres Canadiens- Français ou ceux qui sont considérés comme tels, alors la porte de bienvenue est ouverte à tous les bons eatholiques français, suisses ou belges qui veulent bien s'unir à nous ; nous voulons donc que celte union ait pour nom : Union Canadienne-Fran. çaise.

«2. Le drapeau de l'Union: on parle du drapeau tricolore. Eh bien! pour ne dire qu'un mot: tout en l’aimant et l’adoptant pour le moment, pour moi il a un souvenir de la révolution ; et mes sympathies personnelles seraient plutôt pour un drapeau qui me rappelle Carillon et la Nouvelle-Franee avant la conquête du Canada par les Anglais, je veux dire le drapeau blanc aux fleur de lys; mais enfin qu'on laisse à chacun le choix de son drapeau et de ses insignes.

«3. Enfin, troisième el dernière objection, maïs qui ne manque pos d'importance ; e’est celle-ci : on veut donner à l'Union pour chant de ralliement l’air national de la France ? J'avoue ne pas le connaître : hier, c'était Partant pour la Syrie, aujourd'hui c’est la Marseillaise ; demain ce sera je ne sais quoi. Pour nous, nous aimons mieux nos anciens airs nationaux si pleins d'harmonie dans leur simplicité, et tout particulièrement Vive la Canadienne. »

er

DES CANADIENS-FRANÇA'S. 313

M. Mailhot dit que tout le monde entre pleinement dans les vues du Rév. M. Bédard.

Monsieur J. 0. Fontaine, rapporteur de la troisième commission de colonisation, dépose sur la table un travail volumineux qui renferme une étude sur la colonisation, étude dont la commission a acceplé les conclusions.

Le rapport de la troisième commission est adopté unanimement.

Monsieur Edouard Barnard, l’un des rapporteurs de Ja commission d'agriculture, fait rapport :

«Que cette commisssion, malgré les efforts de plusieurs de ses membres, n'a pas pu se réunir, maïs que après en avoir conféré avec l'honorable sénateur Trudel, rapporteur conjoint, et avec monsieur LeSage, assistant-commissaire d'Agriculture, il croit devoir soumettre et proposer à la Convention la résotion suivante :

« Que celle Convention, reconnaissant l'importance du rôle « que jouent les cercles agricoles dans l'amélioration et le per- «fecthionnement de l’agriculture, surtout quand ils sont dirigés «par monsieur le curé de la paroisse, exprime le vœu que des « associations de ce genre soient fondées partout où il est pos- «sible d'en établir. »

A l'appui de cette résolution, M. Barnard cite comme exemple, la paroisse de Saint-Sébastien d'Aylmer, dans le comté de Beauce, paroisse des moins favorisée, à cause de l'éloignement des marchés, du mauvais élat des chemins, de la pauvreté du sol, elc. Cependant, grâce aux efforts du Rév. M. Garon, curé de Saint-Sébastien, le Cercle Agricole comprend la majorité des cultivateurs de la paroisse. Par l’entremise du Cercle, on à pu se procurer, d’abord les meilleures semences, qu'on à fait venir de cent lieues, et qu’on a pu livrer, cependant, à la moitié du prix que coûtaient dans Saint- Sébastien des articles inférieurs en qualité, Puis, on a acheté des animaux reproducteurs de diverses races améliorées, Des réunions ont eu lieu dans lesquelles on a discuté des questions agricoles d’un intérêt tout spécial pour les cultivateurs de cetle paroisse. Prenant tous ces faits en consilération, le département de l’agriculture a consenti à expédier

gratuitement le journal d'agriculture à chacun des membres des Cercles Agricoles régulièrement organisés qui en font la demande par l'entremise des secrétaires de leurs Cercles.

La résolution proposée par M. Barnard est ensuite mise aux voix el elle est votée à l'unanimité.

La deuxième commission chargée d'étudier diverses questions de commerce et d'industrie, fait rapport qu’elle a siégé et délibéré et qu’elle a chargé son rapporteur, l'honorable Louis Beaubien, de rédiger un rapport qui pourra être publié avec les travaux de la Convention.

Monsieur Charles Thibault, délégué de Champlain, Etat de New-York, présente le rapport de la sixièmc commission sur la situation des Canadiens-Français aux Etats-Unis.

Monsieur le Président invite monsieur le major Edmond Mallet, de Washington, l'un des vice-présidents de la Convention, à adresser la parole.

Monsieur Mallet, donne dans le discours suivant des renseignements sur la situation actuelle des Canadiens- Français aux Etats-Unis.

Page 1