‹ Fête nationale des Canadiens-Français célébrée à Québec en 1880 [microforme]Chapitre 83 sur 212 · PROJET DE MGR LAFLÈCHE · texte numérisé non relu

PROJET DE MGR LAFLÈCHE

Voici ce que Mgr Laflèche écrivait à notre chapelain, le 18 février 1880, relativement à ce que pourrait tenter la Convention Nationale de la Saint- Jean-Baptiste, réunie à Québec, à l'occasion du 24 juiu alors prochain :

« Puisqu'il s’agit de réunir les Canadiens-Français à Québec, à l'occasion de la fête de Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin prochain, vous me

. permettrez, mon cher monsieur, de vous exposer ma pensée sur le but

utile et pairiotique qu'il faudrait donner à cette grande démonstration, car il serait pénible et bien regrettable de la voir passer comme un feu de joie, sans autre résultat, L'union fait la force : ce principe est indubitable, Or l'union ne peut s'établir que par l’organisation. 1! faudrait donc profiter de cette circonstance mémorable pour former une sorte de Congrès National qui aurait pour but de sauvegarder et de développer notre nationalité dans toute l'Amérique du Nord. Cette organisation devrait avoir une autorité centrale qui se composerait d’un ou de deux représentants de tous les groupes importants de Canadiens-Français qui se trouvent dans les différentes provinces de la Puissance, et dans les dif-

.férents Etats de l’Union Américaine. Chocun de ses membres devrait

être choisi par les Présidents des Sociétés de Saint-Jean-Baptiste de la

‘Province ou de son Etat, Ce gouvernement central, ainsi formé pour un

certain nombre d'années, se réunirait tous les ans, tantôt dans une province, tantôt dans une autre, tantôt dans un Etat, tantôt dans un autre, pour traiter les intérêts généraux de notre nationalité.

» Chaque subdivision provinciale ou d’Etat aurait aussi son petit gouvernement local, qui aurait pour Président un membre du gouvernement

central, et traiterait des intérêts de la nationalité dans son territoire.

Enfin, chaque groupe paroissial ou de comté aurait sa Société Saint-Jean- Baptiste, qui s’occuperait des intérêts de la localité. > Un des premiers soins de cette organisation serait de fâire des recen-

. sements exacts des Canadiens-Français dans toute l’Amérique du Nord,

surtout aux Etats-Unis, où il est difficile d'avoir la vérité sur ce sujet, et en même temps de constater leur état sous le r. pport religieux, moral, intellectuel et matériel. Le nombre et les besoins ainsi constatés, il faudrait

. travailler à fortifier et à protéger les groupes les plus faibles et les plus

exposés.

» L'un des moyens les plus efficaces est l’organisation paroissiale, là où elle est possible ; et l’organisation en congrégation ailleurs, avec des prêtres canadiens à leur tête, Les Evéques seront sans doute heureux de seconder les efforts qui auront pour but Immédiat de conserver la foi de ces populations en leur assurant les secours religieux. Avec ces paroisses et congrégations viendront les écoles et surtout les couvents et les colléges de Frères, où se complètera l'éducation de famille, et ainsi seront assurés et sauvegardés les éléments de notre nationalité. Tous les huit ou dix ans, il pourrait y avoir réunion générale des députés en grand nombre de tous les divers groupes, tantôt dans une ville, tantôt dans une autre, pour raviver dans ces réunions de la grande famille canadienne l'amour du sol natal et resserrer les liens d'une véritable fraternité.

» Un journal au service de cette organisation et rédigé sous l'inspiration du gouvernement central, pourrait probablement la servir dans son œuvre patriotique.

» Voilà ce me semble quelque chose qu’il serait possible de réaliser, et qui pourrait conduire à des résultats très-importants. Quels avantages

no

n'e , pourrait-on pas tirer pour la direction à donner à la colonisation, et aussi pour ces divers courants d'émigration qu’il importerait tant de diri- } ‘ger Ab qt lorsqu'on ne peut pas les empêcher ? etc. cte., etc. }\ » C’est la conviction où je suis que la Providence a ses vues toutes spé- | ciales sur notre peuple, qui m'engage à vous exposer ces idées, comme un moyen de sauvegarder la foi surtout, puisque sans cela il deviendra un { instrument inutile que le Seigneur brisera et mettra de côté, | » Agréez, etc.

st L.-F., Evèque Des Trois-Rivières.

8 4.—PnroserT De M. Jos. PERREAULT.

CuNSTITUTION DE L'UNION NATIONALE FRANÇAISE DE L'AMÉRIQUE Du Non. Î 1—10x. AU EE x

Il est créé par les Français d'Amérique une Association Nationaleayant fl dr, nom: «Union Nalionale Française de l'Amérique du Nord.» NAN 4 à

I!.—purT.

Le but de l'Association est : 1° De réunir sous ses drapeaux tous les & ‘oupes français d’origine, le 24 Juin de chaque année, jour de la Fête Nationale ; 2 D'obtenir pour la race française sa juste part d'influence en Amérique ; 3° De veiller aux intérêts de ses nationaux, réunis en une organisation puissante.

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