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bien désigner le festin qui suit un sacrifice. Wang Tch’ong donne cette orthographe et explique qu'après avoir chanté dans la cérémonie, on festoyait.
Les autres notes ne manquent pas d'intérêt. On conteste que la date soit le troisième mois; c’est au deuxième mois que les habits de printemps étant achevés nf, on les revétait pour accomplir la cérémonie. Les participants étaient des danseurs et des musiciens, spécialement chargés des rites de la pluie €. Ils se composaient de deux groupes égaux : six ou sept jeunes garçons, autant d'hommes faits, car, avec ceux-ci compte le disciple de Confucius qui veut prendre part à la fête et la diriger. Tous ensemble, ils passaient à gué #ÿ la rivière Yi et chantaient JÆ sur le tertre consacré aux #£ Æ danses et aux chants qui font venir la pluie. On ne croit pas qu'ils se soient baignés # ni qu'ils aient fait sécher leur corps au vent JA # # : au deuxième mois de printemps, il fait encore trop froid. On explique qu’au lieu d'entendre « jouir de la brise au pied des autels de la pluie », où « se sécher le corps au vent sur ces autels », il faut lire : « chanter sur les autels de la pluie ». On donne pour cela au mot JÆ dont le sens normal est vent, le sens de chant ou chanson qu’il a, par exemple, dans le titre de la première partie du Che king. Enfin, et ceci est fort instructif, on voit dans le passage à gué de la rivière Yi, une espèce de danse processionnelle où était imité le dragon sortant de l’eau.
Il y avait done à Lou, au printemps et à une date qui, peut-être varia, qui correspond en tout cas à la fin du tissage des habits de la saison chaude, une fête sur les bords de l’eau, dont on attendait la pluie: deux groupes différents d'acteurs y prenaient part qui dansaient et chantaient, un sacrifice et un festin complétaient la cérémonie ; une partie essentielle en était le passage de la rivière.
1. Cf. Che king, 7° mois ; Couv., p. 162, le tissage du chanvre est le travail d'hiver.
Le rapprochement s’impose avec les fêtes de Tcheng qui ont lieu sensiblement à la même époque et où un rite essentiel est aussi le passage de l’eau. Qu’à Tcheng, en passant la Wei, on imitât le dragon, il y a des raisons de le croire : En 523 avant J.-C. «il y eut (dans cet état) de fortes pluies: des dragons combattirent dans les marais de la Wei; le peuple voulut leur faire des sacrifices. » Le ministre du pays, qui était philosophe, s’y opposa ; mais s’il ne croyait plus à la nécessité de s'occuper des dragons, maitres de la pluie, les gens du commun y croyaient encore et il est permis de penser que, lorsqu'elles passaient la Wei, les bandes de jeunes garçons et de jeunes filles, imitaient les dragons sortant de la rivière : ainsi les obligeaient-ils à faire pleuvoir.
N'y avait-il, à Lou, ni cueillette de fleurs ni rites sexuels ? Pour ces derniers, on peut croire que non, puisque n’assistaient à la cérémonie que quelques couples de fonctionnaires et d’adolescents?. Les Tcheou, disent leurs rites, employaient pour faire pleuvoir, sorcières et sorciers*; à Lou tout se passait entre hommes : à cette fête officielle de la pluie, Confucius n’avait rien à redire.
Les fêtes de Tch'en (Ho-nan). — La fortune de Tch’en lui vint de T’ai Ki, dit le Kouo yu“, tandis que les glossateurs du Che king rendent T’ai Ki responsable des mauvaises mœurs du pays. T’ai Ki était une princesse du sang de la
1. Tsouo tchouan, Tchao, 19° a. Legge, p. 675 @$ X 2K $E Ed 59 F5 2 #$ 26 Un. El À $% 5 8. Tseu Tch'an (disciple de Confucius et
ministre de Tcheng) s'y opposa sous prétexte que les dragons ne se mélant pas aux batailles humaines, les hommes n'avaient point à se mêler aux querelles de dragons. Selon lui, il n’y avait qu’à les laisser tranquilles, chez eux %Æ, dans les marais de la Wei.
2. On notera l'ordonnance antithétique qui oppose un nombre de jeunes garçons à autant d'hommes faits.
3. Tcheou li, v° Sseu wou, Nan wou, Niu wou. Biot. II, p.102. Le chef des sorciers, en cas de grande sécheresse se met à la tête des sorciers et il appelle la pluie en exécutant des danses. P. 104, les sorcières participent à ces danses. |