Yue ling, 10° mois; Couv., I
2, Kiao tô cheng, Li ki ; Couv., I, 594-598.
3. Pin fong, [; Couv., p. 165: Le dernier couplet qui décrit la fête dit formellement +} F} au 10° mois : un des termes calendériques correspondants est: « le grillon se glisse sous les lits ». Il a servi de motif principal à une autre pièce du Che king, Tang fong, I; Couv., 120, qui décrit la même fête : Ces deux pièces indiquent toutes deux qu’au 10° mois l’année louche à sa fin. Il résulte de cette observation, qu’en fait, les calendriers différents que les Chinois attribuent à des dynasties successives ont été employés concurremment (le Pin fong, 1, en est une preuve manifesté) l'un comme calendrier civil, l'autre comme calendrier agricole et religieux.
4. Le Pin fong, 1, dernier couplet, indique nettement que la fête du dixième mois, réjouissances de fin d'année, fêtes des récoltes, du repos, était attaché à un terme agricole, la tombée du givre, le début du gel et que par là, elle faisait pendant aux fêtes printanières du dégel et de la, crue des rivières (cf. LH). — On rapprochera ce fait de celui attesté par SMT, III, 440-447, 442, 453-454, que l’on sacrifiait aux montagnes et aux rivières à l’occasion du gel et du dégel. Rap. Cérémonie pour les ancêtres aux termes du givre et de la rosée : Tsi Yi, Li Ki. Couv. Il, p. 271.
5. Yueling; Couv., I, 393 : ke Ek grande beuverie. Cf. Pin fong, linf.; T'ang fong, 1.
mangeait et buvait à satiété ; anciennement figuraient des rites sexuels ; plus tard et au prix d’un bon contre-sens, on raya de la liste des offrandes, parce que celles-là parurent alors immorales, les cerfs et les femmes que le suzerain devait recevoir entre autres prestations !. Pendant les réjouis-
1. Kiao tô cheng; Couv., I, 597. L'intendant des filets présentait les
cerfs et les femmes, HE Æ #£ KE SH rx. Ce fonctionnaire est nommé au Tcheou li. Cf. Biot. II, 30. Il y est dit qu'il disposait pour la fête des Pa Tcha, les filets (pour prendre les cerfs) et les tuniques courtes (vête-
ments féminins) ## HI #E F4 #É. Pour Tcheng Sseu-nong, les filets sont destinés à prendre les quadrupèdes : Pourquoi disposait-on à côté des habits courts destinés aux femmes ? Les glossateurs chinois, analÿsant le texte du Kiao tô cheng, remarquent que le préposé aux filets était chargé d'adresser aux envoyés des seigneurs un avis qui devait prémunir leurs maîtres contre les dangers d’un amour excessif de la chasse et des femmes. Dès lors, ils trouvent une occasion de donner à un texte qui semblait parler fâcheusement de cadeaux de femme, un sens conforme à la morale orthodoxe. Mais il fallut pour cela un bon contre-sens. ##
présenter est un terme rituel pour les cadeaux [Cf. l'expression Æ% Jà, cadeaux de la viande des sacrifices ; il s'emploie de plus dans une expression qui désigne le rite dernier qui parfait le mariage : l'ambassade qui fait trois mois après le mariage la livraison définitive de l’épousée est dite venir présenter la fille #£ x. Enfin, la valeur du mot dans le texte est définitivement précisée par l'emploi qui en est fait dans un texte fort important du Kouo yu (Tcheou yu, I, 2° discours, cf. SMT, I, 265). Pour ce texte très délicat dans le détail, voir l'analyse donnée dans Granet : la Polygynie sororale et le sororat, Textes. La mère du duc K'ang de Mi conseille à son fils qui, par excès d’orgueil féodal, avait pris pour femmes trois sœurs (les rites ordonnant de prendre, en effet, trois femmes de même famille, mais deux sœurs seulement, la troisième devant être d’une génération inférieure, nièce des deux autres) de remettre ces femmes au roi E he Æ..] Il est donccertain que dans les cérémonies anciennes des Pa Tcha, l’intendant des filets prenait soin des tributs de toute nature (particulièrement des animaux de chasse
envoyés par les seigneurs) ; (Kiao tô cheng : KÉKKTLZEÉ ER AL. 4 LE KB S. y compris les cerfs et les femmes, pour les
présenter en tribut d'hommage au fils du ciel. Cette association des cerfs et des femmes n’a rien qui doive surprendre : à l’idée de mariage est liée celle d'un présent de viande ou de peau de cerf; cf. LXIV et Yi li: Mariage ft (qui décrit la présentation des peaux de cerfs rituelles). Ge présent est même associé dans l'esprit des Chinois à l'institution même des cérémonies matrimoniales. Cf. Annales des trois souverains ir SMT, 1,7: « (Fou Hi) régla le premier le mariage de la femme et celui de l'homme et du don des deux peaux de bêtes il fit un rite. »
On notera (et c’est là le fait qui explique la possibilité du contre-sens fait par les glossateurs chinois) que l'idée de cadeaux, de prestations
sances « les gens du pays entier étaient tous comme fous! ». Il y avait des danses et de la musique? ; le tambourin d’argile accompagnait la danse des armes et celle des étendards. Il y avait même des espèces de mascarades rituelles ou des gens représentaient, par exemple, des chats et des léopardss. Dans un concours de tir on prenait pour cibles des figures peintes d’animaux #; la victoire y ouvrait l'accès aux honneurs féodaux. Cette fête complexe, animée, dramatique, qui semble d’abord en rapport avec les récoltes et aussi la chasse, a deux traits principaux, sur lesquels j’insisterai. C’est une fête de clôture ; c’est une fête d'actions de grâces.
On y rendait d’universelles actions de grâce. Dans l'ensemble de cérémonies décrites par le Yue ling sont compris *: des prières pour l’année ££ (récolte) à venir, adressées aux Tsong # célestes ; le sacrifice d’un grand nombre de victimes en offrande au Dieu du sol public Z$ ff, ainsi qu'aux portes des villes et des bourgs, le sacrifice La f& (offrandes
obligations est lié à celle de la modération. C’est ce qui explique qu’à une cérémonie où, originairement, se faisaient des échanges de femmes et de produits de chasse, on ait jugé bon de prononcer des paroles s0lennelles condamnant l'amour excessif de la chasse et des femmes. Voir sur ce point le T'ang fong, 1 ; Couv., 120, et remarquer que ce chant rituel de la fête des Pa Tcha est cité dans le passage du Kou lie niu tchouan relatif à la mère du duc K’ang de Mi (section {= #1 44). Voir pp. 188-189. !