‹ Fêtes et Chansons Anciennes de la ChineChapitre 183 sur 228 · Cf. Biot. II · texte numérisé non relu

Cf. Biot. II

des offrandes !. » On disait encore qu’on sacrifiait aux cent choses F 4, c’est-à-dire à toutes choses ?.

À toutes choses l’on rend grâces à l’aide de toutes choses. « Au douzième mois de l’année, on réunit & Æ toutes choses #5 # (les dix mille choses) et les recherchant & on les offre5. » A la fête Tcha du fils du ciel, l’Intendant des filets avait la charge des animaux (oiseaux et quadrupèdes) qui figuraient dans le tribut des seigneurs ; les produits dés récoltes y figuraient aussii.

De même, tout le monde contribuait aux sacrifices et tout le monde y prenait part. Les habitants du pays entier donnaient en raison de la prospérité de l’année * ; les seigneurs envoyaient au fils du ciel leurs présents par ambassade, Les

envoyés prenaient part à la cérémonie ; le suzerain offrait à ses fidèles une grande beuverie et la chair des victimes placée sur des tables ; « on récompensait les travailleurs des champs (de leurs efforts) de façon à leur donner le repos. » Les chefs de canton assemblaient tous les habitants dans le gymnase. Toutes les règles qui sont le fondement de l’ordre social® se manifestaient dans cette cérémonie : respect des parents, respects des anciens, respect de la hiérarchie, esprit de déférence, désirs de pureté, sentiments de révérence. Les assistants étaient divisés en deux groupes ; les uns étaient du côté

1. Kiao tô cheng, Li ki; Couv., I, 594; cf. Tcheou li HUE v° KE, Biot. I, 250. )

2. Cf. Tcheou li HD'E v° S% /\, Biot. I, 267. . Kiao tô cheng, Li ki; Couv., I, 594.

. Ibid., 597.

. 1bid., 598.

. Ibid.; 597.

. Yue ling, Li ki; Couv., 394-395. | . Tcheou li, Biot. I, 251: « Lorsque dans tout le royaume on adresse des prières collectives aux esprits et qu'on offre des sacrifices, alors, selon les rites, le chef de canton rassemble le peuple et boit le vin dans le gymnase (Cf. la beuverie du Yue ling à la cour royale). Il régularise ainsi les positions respectives par rang d'âge.»

9. Voir Li ki; Couv., II, 652 sqq., voir note de la p. 653. #5 5#. BE A

OO 1 G Où à

du Président de la cérémonie # À, les autres figuraient les invités #4 ‘. La place des convives était déterminée par une orientation dont l'influence, pensait-on, mettait chaque groupe en relation avec les forces antithétiques de l’univers ? — le ciel et la terre, le soleil et la lune, le yang et le yin — qui déterminent l’alternance et l’opposition des saisons. Les chefs des deux groupes et leurs aides s’offraient à boire alternativement. Deux bandes de musiciens jouaient l’une après l’autre, puis de concert *. La concorde générale était le fruit de cette fête; on disait qu’elle marquait le plus haut point de la Bonté {= (Jen, vertu de l’homme vivant en société), la perfection de la justice #% (y, règle des rapports sociaux).

On voit, par tout ce qu’on sait d’elle, que cette fête d’universelles actions de grâces venait rendre manifeste l’unité du Tout, monde physique et monde humain, et que le sentiment de cette unité sortait d’une opposition des choses groupées antithétiquement. On sacrifiait à tout et tout servait au sacrifice; tous étaient tenus aux offrandes et tous y participaient; pendant qu’ils y participaient les membres du groupe humain étaient répartis en deux bandes, de même les choses de la nature étaient classées sous deux catégories.

Par un autre côté, les Pa Tcha sont une fête de clôture. Elle termine l’année agricole ; on en mène le deuil, et c’est pourquoi l’on porte des habits blancs; une ceinture de chanvre, un bâton de coudrier5. On conduit ainsi à sa fin & * l’année vieillissante.

Cette fête de la vieille année est aussi une fête des vieillards 5; elle enseigne à les respecter ; on leur donne le pre-

1. Confucius figura à titre d'invité aux fêtes de Lou. Cf. Liki; Couv., Il, 190 et I, 496.

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