‹ Fêtes et Chansons Anciennes de la ChineChapitre 187 sur 228 · A EURE · texte numérisé non relu

A EURE

accaparer! la Fortune # FI]; elle faisait sentir le prix de la modération dans la prospérité. « Aimons la joie sans folie ! Un brave homme est circonspect. » De la superbe sort le Malheur > $£. Il faut au contraire savoir communiquer sa Fortune # FI] et « la répandre du haut en bas de l’échelle des êtres » #5 2 HE F #, atteignant ainsi par ses largesses « non seulement les hommes mais les puissances sacrées et toutes choses de telle sorte que tout arrive à son développement suprême AE jh À FH dg Æ 45 H #%. Ainsi quand, sitôt faites, on usait libéralement des récoltes, l’ordre social se consolidait pour le plus grand profit de l’univers : les sentiments de joie et de mesure qui emplissaient alors le cœur des hommes, leur faisait encore augurer de la prospérité de la Nature et concevoir son ordre ; du coup l'efficacité des fêtes humaines dépassait la société des hommes.

De même les lois naturelles que les anciens Chinois imaginaient sur le modèle des règles de vie qu’ils suivaient, leur paraissaient assurées d’une application régulière dès qu’euxmêmes ne contrevenaient pas à leur propre discipline. Le

Aimons la joie sans folie, un brave homme est raisonnable.

Le grillon est dans la salle,

les charrettes remisées !

Nous donc pourquoi point de fêtes ?..

les jours et les mois s’envolent.

Pourtant gardons la mesure,

et songeons aux jours de peine, Aimons la joie sans folie,

un brave homme est modéré.

Comp. T'ang fong, 2; Couv., 122.

1. Cf. Kouo yu, Tcheou yu, 4° d. et SMT, I, 269. « La maison royale

court à sa perte. Le duc de Ying aime à accaparer la Fortune À I] et

il n’a point conscience du Malheur X SÉ. La Fortune c’est ce qui provient de tous les êtres (m. à m. des cent choses). Ce qui dépend du ciel et de la terre, s’il y a des gens qu'il accapare, ils nuisent à beaucoup... celui qui règne doit communiquer la Fortune et la répandre du haut en bas de l'échelle des êtres et faire ainsi que les puissances sacrées, les hommes et toutes choses arrivent à leur développement suprême. » Comparer SMT, I, 160, un exemple légendaire de cette bienfaisance universelle.

rythme de leur vie déterminait l’alternance des saisons ; leur fête du repos autorisait la nature à se reposer; leur claustration hivernale réalisait pour la saison l’indépendance des espèces : un désordre dans leurs coutumes eût désorganisé l'univers. S'ils n'étaient point restés pendant la morte saison enfermés dans leurs maisons, toutes fentes bouchées, « La gelée n’aurait pas fermé les issues du sol, les émanations de la terre se seraient dissipées dans les hauteurs ! ». Si au contraire, fidèles au sentiment de l’ordre qui avait pénétré leurs âmes pendant la fête qui les avait fait passer d’un genre de vie à un autre, ils se conformaient à leur nouveau mode d'existence, les émanations de la terre, enfermées comme eux, ne pouvaient plus se mêler à celler du ciel, ni par suite la pluie tomber, et il avait suffi, pour -nstituer la saison sèche, d’invoquer solennellement l'Eau cn lui disant de se retirer dans ses conduits?. Les paysans chinois ne s’enfermaient pas, l'hiver, avec une intention magique et escomptant les effets de la sympathie, pour enfermer aussi la pluie inopportune ; mais, ayant coutume de vivre retirés chez eux pendant cette saison où il ne pleut point, ils imaginaient ensuite que les usages de la nature sont ceux-là mêmes qu'ont les hommes. Leurs différentes pratiques étaient, de ce point de vue, autant d’observances dont la puissance s’étendait au monde physique. Le rythme régulier de leur existence était, en fait, calqué sur le cours régulier des choses ; mais cette régularité naturelle, c'est la régularité de leur vie qui la leur faisait concevoir ; et, par cela même, elle en paraissait solidaire; de même la croyance qu'ils avaient en l'efficacité de leurs observances dérivait de la confiance et du respect que leur inspiraient leurs coutumes. Il n’y a done pas à s’étonner que les fêtes saisonnières, qui marquent d’abord les moments pathétiques de la vie sociale, aient eu aussi une action sur la

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