T'an kong, Li ki; Couv., I
6. SMT, I, 14: « Chen-nong vint de la montagne Lie: c'est pourquoi Tsouo dit: Le fils de Lie-chan s'appela Tchou. — Jbid., 163 : La mère de
sans doute il n’y a point là une simple indication d'habitat mais la trace d’un lien très étroit entre la race seigneuriale et ce qui semblait le centre et le cœur du pays. Houang-ti et Yen-ti sont tous deux fils de Chao-tien et, apparemment, de la même mère ; pourtant ils fondèrent deux familles rivales : c'est qu'ils se formèrent, c'est qu'ils se firent ff (tch’eng) sous l'influence de deux rivières différentes. Le mot chinois Hk (tch’eng) est impossible à rendre : il éveille l’idée de perfection, de plénitude ; il se dit de l’homme fait, du majeur; il exprime la réussite complète, l’avènement d’une dynastie. Chaque rivière fit de Houang-ti et de Yen-ti tout ce qu’ils furent : ëls reçurent d'elles leur nom de famille. « C’est par la rivière Ki 45 que fut fait m& Houang-ti; c’est par la rivière Kiang # que fut fait pk Yen-ti; ainsi faits, leurs vertus furent différentes. Aussi Houang-ti fut-il de nom Ki k&, Yen-ti fut-1l de nom Kiang Æ ; les deux empereurs leverent des armées et se combattirent parce que leurs vertus étaient différentes : Nom de famille différent, vertu différente ; vertu différente, espèce différente. » Près de l’influence de la rivière, la paternité n’est rien ; cetteinfluence détermine et l’espèce #H et la vertu £# et le nom #f, signe unique de la parenté. La destinée, le génie, la puissance de la race, c’est la rivière qui l’engendre. S’étonnera-t-on que des montagnes aïent pu être considérées, au propre, comme l’origine de dynasties lo-
K'i était une fille de Tou-chan ?& Ilj 22 x (cf. Zbid.,158: Au jour lin et jen (dit Yu, père de Ki) je me mariai à Tou chan). Voir principalement I, 93: « Depuis Houang-ti jusqu'à Chouen et Yu tous (les empereurs) eurent le même nom de famille #E mais ils se distinguèrent par leurs noms de pays El 2 afin de mettre en évidence leurs vertus (différentes) LJ Lu BB #£ (cf. la glose JL À 5 K #E : la vertu détermine les appellations familiales K et #f.
1. Kouo yu, Tsin yu, 148 DR + Æ#AEE KE. /Æ SK 5 À & 6 JL 2k nt. JR mr LA ÆR nt. ne 1m 2 #8. Be À rt À NE. JR 6 15 2. 6 JA #4 6 2. BR AE 22 pc A. SE ME AU #6. LR 4€ HI) #H. Ce texte donne une bonne définition du tô {à : force sacrée individualisée, génie spécifique.
cales 1? « Les montagnes saintes sont vastes et étendues ; leurs cimes touchent au ciel! C’est des montagnes saintes que sont descendues les puissances sacrées jf qui firent naître Æ (les princes de) Fou et (de) Chen. »
Les montagnes donc et les fleuves apparaissent comme les intermédiaires par lesquels s'exerce sur le pays le pouvoir régulateur du gouvernement? ; ce n’est pas de leurs qualités propres que leur vient leur puissance, mais d’une espèce de délégation de ce pouvoir ; elle possède la même force, les mêmes chances de durée que celui-ci : elle est à ce point identique à la vertu spécifique qui, dans un pays donné, maintient au pouvoir le gouvernement local que l’on pourrait dire des montagnes et des rivières qu’elles sont comme le principe extériorisé de ce gouvernement.
Telles étaient les croyances liées au culte seigneurial des monts et des fleuves ; leur parenté avec les croyances liées aux fêtes saisonnières est aisée à sentir. Tandis que les seigneurs qui avaient la double mission de maintenir le bon ordre dans la société et dans l’univers, pensaient étayer leur gouvernement sur la puissance de on montagnes et de leurs rivières, les fêtes saisonnières, qui réunissaient une communauté locale près des monts et près des eaux, tout en manifestant d’abord la régularité de la vie sociale, déterminaient par surcroît le fonctionnement régulier de la nature. Le rythme de la vie sociale était, en fait, conforme au rythme des saisons : c’est pourquoi, on l’a vu, les fêtes qui en marquaient les temps parurent douées d’un double pouvoir régulateur. Mais d’où ce pouvoir vient-il au seigneur ? Si la vertu seigneuriale a la même influence efficace que les fêtes saisonnières, n'est-ce pas que l’ordre social, avant d’être maintenu par l'effort constant d’un gouvernement local, s'était, en premier lieu, manifesté périodiquement dans ces fêtes et
1. Che king, Ta ya, IL, 5; Couv., 396 XIE ER PE ni. Æ Hi Re Hi.