Le S #& tao to; cf. Fe Disten des chansons
y avait été conçu tout d’abord comme solidaire de l’ordre naturel ? Et si les seigneurs placent le principe de leur pouvoir dans leurs montagnes et leurs rivières, n’est-ce pas parce que les assemblées saisonnières se tenaient dans des paysages consacrés d'eaux et de montagnes ? Mais alors, puisque monts et fleuves sacrés n’eurent jamais d'autre puissance qu’une délégation du pouvoir gouvernemental, n’est-ce pas que les lieux saints n’eurent point, non plus, de vertus qui leur fussent propres? Leur sainteté leur venait toute de ce que les communautés locales qui s’y réunissaient, réalisaient en ces lieux, témoins traditionnels de leurs assemblées, le principe des forces saintes dégagées par les fêtes saisonnières.
Grâce à ces fêtes, on espérait écarter les pestilences, faire tomber la pluie de saison, obtenir des enfants. Croyant assurée par leur bénéfice sa subsistance dans le présent et l’avenir, une communauté locale se sentait liée au lieu consacré de ses réunions par une sorte de parenté grosse d’avantages et qui l’attachait à lui comme des fidèles s’attachent à un seigneur puissant. Lorsqu'elle s’y trouvait assemblée pour ces fêtes d’où tant de bienfaits émanaient, chacun, dans l’espérance de toutes ces faveurs, attribuait de multiples vertus aux eaux, aux monts, aux bois qui lui étaient familiers et qui lui devenaient vénérables, et il cherchait à assimiler et à capter la puissance tutélaire dont lui paraissait revêtu le centre traditionnel où tous les siens avaient réalisé leurs plus hauts désirs. À prendre de toute manière, dans ces occasions solennelles, contact avec le lieu saint, le parcourant en tous sens, se plongeant demi-nu dans ses eaux, à recueillir les produits divers, fleurs ou branches, où semblaient se manifester et s’incorporer sa puissance, il se développait dans l’âme des fidèles, en même temps qu'un sentiment de vénération, un sentiment d’autochtonie!.
On a vu que certaines races seigneuriales portent le nom
1. Il se formulait par le proverbe : « Le renard mourant tourne sa tête vers la colline natale. » Cf. Li Ki. Couv. I, p. 131. Hu
d’un endroit sacré dont l'influence a donné sa vertu spécifique à leur ancêtre légendaire. D’autres fois, le nom de la race est expliqué par les conditions miraculeuses où fut conçu son fondateur. C’est ainsi que les Hia se nomment Sseu #1 parce que la mère de Yu en devint enceinte pour avoir avalé une graine de nénuphar # ÿf*; le nom de famille, en ce cas, dérive du rite qui procura la grossesse : or, ce rite ressemble à ceux qu’on pratiquait aux fêtes des eaux et des monts. Ce fut, du reste, à une fête des eaux et des monts que Kien Ti?, avalant un œuf Z (Tseu) d’hirondelle conçut l’ancêtre des Yin: aussi le nom de famille des Yin est-il Tseu %-. Ainsi tantôt le nom, qui signifie le génie de la race, provient directement du lieu saint; tantôt il est fourni par les objets mêlés aux fêtes qui s’y tiennent. Les deux cas sont-ils si différents ? Ne faut-il pas considérer les lieux saints comme des centres ancestraux où l’on réalisait le génie de la race et d’où l’on pensait tirer, quand avait lieu la fête, de quoi procurer aux femmes un principe de maternité ?
Pour assurer cette hypothèse, il faudrait produire des cas où, la conception s’opérant tout comme dans les fêtes des eaux et des monts, elle est cependant l’œuvre d’un ancêtre. De tels cas, je n’en connais qu’un, mais significatif. Un prince du pays de Tcheng était arrivé au pouvoir malgré une naissance d'apparence médiocre: une histoire montre qu'il était fondé à l’héritage. Pour qu’on la comprenne bien, je rappellerai trois faits : 1° Dans les fêtes de ce même pays de Tcheng, l’on cueillait des orchidées et, quand les amants s'étaient unis, la fille recevait en gage une fleur à ; 2° à Tcheng
1. Tchou tchou Ki nien. Livre des Hia, Yu, 1 a., on y signale deux ver-
sions : 1°la mère de Yu fut grosse pour avoir vu en promenade une étoile filante ; 2 pour avoir avalé une graine de nénuphar À # TX I Æ &-