Tcheng : paroles de soldat à un soldat
LEÉ FÜTES ANCILNNES 21"
hésite 4 l'entendre ainsi’, c'est que la formule du serment qu'il prononce est celle-là méme du serment conjugal’, Se. rait-ce donc que le contrat de compagnonnage à pour patron le contrat matrimonial ? La langue ancienne ne distingue pas
le compagnon du conjoint, le vassal fidéle de l'époux fidéle, l'ami de l'amant ; le mot le plus usuel qui répond à tous ces
#6n$ — € que l'écriture symbolise par deux rwains X — dé”
signe chacune des deux moitiés d'un couple ; le plus fréquemment une jeune fille appelle de ce terme celui avec qui lle veut s'unir? ; on l'emploie encore, d'ordinaire, pour un oiseau querecherche, pour s’apparier, un antre oiseau, Seraït-ce done que toute association est conçue sur le modéle du couple conjugal? Les seigneurs de méme nom de famille f4 # se disent frères 5 H,*; parmi ceux de nom différent 22 # il en ei qui se sont liés par des traités f 2 ; ceux-là s'appellent
. entre eux gendres et beaux-péres f #4. Seraïit-ce donc que
Valliance matrimoniale est le principe de toute alliance ? Les seigneurs féodaux de méme nom semblaient unis
… d'avance par leur génie commun ff #4 : entre eux nul con-
trat n'était nécessaire ; 1] leur était interdit de #2 donner Vun
à V’autre une fille en mariages. S’unir par mariages où se
3, Wang-sou : pensées d'un mari pour £a ferme. 2. Farticuliérement le vers 16 qui 6e rékrouve #i fréquerment dns Les Chansons d'amour, Voir par exemple LXVI, 51. Comp. les expressions [A
#2 D, Zn 1 de Pei fong, 19; Couv., #.
5 Ep 5, vers 6; Couv., 19 R HE Xi HG.
5, Ou encore, #'il y à différence d'ge ou par déférence, oncle paternel:
… Li ki; Cour., #9. CL iso ya, À, 4; Cour., 174.
6. CL Tchouo yu Toin yo, 1V, 4 HÂEWAE. RAM RE. A BEI BLUE MAMAE MÆM MA.
LAS MÉEABLIMAMELIHE. ME Le. LORS LR HULL AF 46 HE MAE 4 E. Noms différents: Verius différentes.
Vertus différentes: espèces différentes, Quand ils sont d'espéce diffé
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Ma et
liér par traités, était au contraire convenable entre seigneurs de nom différent, mais non point entre tous. Certaines races seigneuriales — qui n’appartenaient pas à une même confédération — se considéraient l’une l’autre comme douées d’un génie trop étrange pour que tout rapprochement ne parût pas funeste! : un mariage ou une alliance aurait attiré le Malheur XHx 8. C’eût été FI] #f aventurer sa Fortune en dehors du système traditionnel de ses relations % # ou Àf à. Au contraire, les génies spécifiques des races confédérées, bien que différents Æ ##, avaient pourtant une affinité qui autorisait l’amitié; entre de telles races, et seulement entre
clinations quel que soit leur éloignement, l'homme et la femme ne peuvent s'unir, on craint la souillure et (l’on s’en abstient) par respect. La souillure produit le mécontentement; le mécontentement et les troubles déterminent les calamités. Les calamités déterminent l'extinction des familles. C'est pourquoi, quand on prend femme, on évite qu'elle ait le même nom que soi. On craint les troubles et les calamités. Ainsi quand les Vertus sont différentes on unit les familles par l’alliance matrimoniale. Quand la Vertu est commune on est uni de droit.
1. Kouo yu Tcheou yu, IE, 1. E 46 AA a 7e 22 PE 41. H Z F! LS
AJ ré. Fi] #$ AI EX Ji. Les alliances matrimoniales sont les degrés par où viennent le bonheur ou le malheur. Si par elles on cherche la fortune à l'intérieur (du cercle des relations traditionnelles), on obtient le bonheur. Si l’on cherche la fortune hors de ce cercle, on obtient le malheur. (Suivent des exemples de seigneuries ayant pratiqué des alliances matrimoniales conformes au principe énoncé et qui prospérèrent). Æ #
HE M À] #4 8 AL. C'est que toutes avaient eu le talent de chercher à l'intérieur (de leurs relations traditionnelles) la fortune et s'étaient tenues proche leurs proches. (Suivent des exemples d'Etats qui périrent pour avoir manqué au principe) + # #$ FI] BÉ 4 # 4. C'est que toutes avaient cherché la fortune à l'extérieur (du cercle des relations éprouvées) et s'étaient éloignées de leurs proches.
Comp.le C° de Wei Tchao Fi] AN À 45 {5 1 #3 é- Quand on prend femme en cherchant la fortune dans le cercle des relations traditionnelles, on obtient une épouse assortie et l'on a du bonheur. Noter que le sens précis de Fou jjg bonheur, est & + #£ une longue descendance, c’est-à-dire la pérennité de la race seigneuriale.
Comp. SMT, IV, 398. Nous avons contracté des alliances matrimoniales et ainsi l'origine de notre rapprochement est ancien. Æ #& 4H. Fr 4€ 4 #1 A.
De même SMT, IV, 466. On y voit invoquer comme raison pour le choix d'un héritier présomptif le fait que sa mère porte le même nom de famille que l'épouse de Heou-Tsi, ancêtre de la famille royale.
elles, il y avait assez de proximité (4) pour rendre possible l'échange de relations diplomatiques et de filles envoyées comme épouses. C'était un principe de bonheur jÿg 7 £, que cet échange toujours pratiqué à l’intérieur d’un même cercle et par lequel chacune des familles associées, ne cessant pas de confier sa fortune aux mêmes relations éprouvées FI] se maintenait près de ses proches #i #. Grâce à lui, l’union confédérale était entretenue dans une cohésion inébranlable.
Envoyés et épouses apportaient régulièrement un témoignage de la solidité de l'union et, de plus, ils la garantissaient. Mais une seigneurie qui vit de guerre et de labourage conserve Jalousement tous ses hommes ; les envoyés ne restent qu’un temps en mission; ils ne demeurent qu’exceptionnellement comme otages. On voudrait bien les retenir : il n’y a point d'otage qu'on ne fasse garder par une femme, point d’hôte qu'on n’essaye d’attacher par un mariage!. Le mariage établit, en effet, les relations qu’on juge les plus stables ; une fille épousée l’est une fois pour toutes : c’est que sa famille ne la garde point jalousement. Elle est destinée à aller dans une autre famille servir d’otage permanent, cependant qu’elle y représentera sa famille natale.
C’eût été priver les seigneuries confédérées d’un représentant attitré? que de prendre une épouse hors de la confédération ou dans sa propre famille, et marier une fille dans sa propre famille ou hors de la confédération eût été les frustrer d’une garantie. La double interdiction du mariage entre parents comme entre gens qui ne font point partie de la
1. Cf. SMT. IV, pp. 7, 26, 43, 281 (deux cas). La fille est donnée en mariage afin d’affermir les sentiments de l'hôte LA [ë] F 22 ln, 1bid., 283, 289-294, 281, 285, 289.
2. Cf. SMT, IV. 279. La sœur d’un prince battu par son mari prend le deuil à l'annonce des réjouissances qui signalent la victoire et obtient un traité pour son frère. — Autres cas: IV, 55 et 44. Dans certains cas, la femme apparaît tellement attachée à sa famille natale qu'elle figure presque comme une ennemie introduite dans la maison du mari : SMT, 1V, 458 (une femme trahit son mari pour son père).
même association traditionnelle apparaît comme un aspect négatif des obligations imposées à des groupes étroits, homogènes et fermés par le système permanent d'alliance qui les unit. Cette alliance exige que les filles de chaque famille soient toutes, réservées aux échanges qui viendront, dans chaque groupe particulier, rendre présent le sentiment de la solidarité générale.
L'unité supérieure que composent des groupes traditionnellement associés serait menacée si elle laissait entière l’occlusion des groupes secondaires. On arrive à atténuer celleci par des échanges qui affectent la composition des groupes, par des échanges de personnes. Le mariage en est l’occasion principale ; par suite l’alliance matrimoniale apparaît comme un principe d’alliance. Elle sert à lier le contrat social, que l’on désire durable ; aussi conçoit-on que le contrat matrimonial est indissoluble. Il convient de renouveler périodiquement le pacte de société ; on consacre donc une fête à célébrer les mariages de l’année. Tandis que l’exogamie familiale affaiblit le particularisme domestique, une endogamie fédérale manifeste la suprématie de la communauté ; c’est pourquoi dans une cérémonie collective, les familles associées sont tenues d’unir ensemble, sans exception, tous leurs fils et toutes leurs filles. Lorsque une communauté locale, tenant dans ses lieux saints une de ses réunions saisonnières, faisait éclater à nouveau la force de son union, rompant brusquement avec leur particularisme coutumier, les divers groupes exogames, qui avaient alors à échanger leurs filles, rapprochaïent d’un seul coup tous les jeunes gens! qu'ils
1. Les fêtes réunissent dans le lieu saint tous les jeunes gens en âge d'être mariés ; ils s’apparient pour la première fois et la fête se termine par des accouplements sexuels : elle a donc un caractère marqué de fête d'initiation. Le glossateur du Calendrier des Hia en a gardé un souvenir: au passage disant qu’au deuxième mois se réjouissaient en grand nombre les garçons ef les filles, il met en note ces mots té F- 3 Æ : on donnait le bonnet (signe) de majorité aux fils et on prenait femme. (Noter que les <ommentateurs du Yi li discutaient encore pour savoir si le rite de la
avaient gardé jusqu’à ce jour confinés dans la vie familiale. Ceux-ci, dominés au début par la conscience demeurée intacte de leur opposition native, sentant ensuite s’éveiller le sentiment d'affinités encore secrètes, s’affrontaient puis s’appariaient dans une joute où leurs émotions complexes éclataient en chants et se tournaient en un amour qui, tout aussitôt, les accordait pour la vie.
Parce qu’elle est, en fait, particulièrement favorable aux échanges de personnes qui viennent rompre l’exclusivisme domestique, l'alliance matrimoniale paraït particulièrement puissante pour maintenir et renforcer la cohésion sociale. Mais, est-ce uniquement à ce fait qu’elle doit cette puissance ? et, d'autre part, la joute amoureuse n’a-t-elle point d’autre
majorité devait se faire à une époque fixe de l’année.) C’est le seul renseignement que nous ayons sur le caractère initiatoire des joutes sexuelles. Étant donné que le Che king a été conservé par des lettrés gardiens sévères de la morale orthodoxe, il n’y a pas lieu de s'étonner que l’on ne trouve dans lès chansons rien qui nous renseigne sur ce point. La comparaison fournira un fait doublement intéressant. Ovide a raconté tout au long dans ses Fasles, {II, 523 sqq., les fêtes d'Anna Perenna, lesquelles ressemblaient beaucoup aux fêtes des monts et des eaux. Elles se tenaient sur les rives du Tibre, les couples se couchaient dans l'herbe (526, accumbit cum pare quisque sua); on buvait ferme (532), on chantait et l’on mimaiït les chansons (535), on dansait (538), les filles chantaient des vers licencieux (675, cantent... obscena puellæ). À cette occasion, on célébrait un faux mariage de Mars et d'Anna (voir Harrisson: Themis, 197 sqq.). — Deux vers de Martial complètent la description d'Ovide, Ils signalent l’existence d’un bois consacré à Anna Perenna (Martial, IV, 64, vers 16-17):
Et quod virgineo cruore gaudet
Ann&æ pomiferum nemus Perennæ.
Ces deux vers sont parfaitement clairs : il est d'autant plus curieux de constater que nos commentateurs classiques avec autant de prud'homie et d’ingéniosité que les glossateurs chinois ont, au mépris de tous les manuscrits, parce qu'ils se refusaient à comprendre ce que signifie le sang des vierges, proposé de remplacer cruore par pudore ou rubore plus décents et plus jolis. Voir Friedlander, I, 371.
Comp. les notes de Glotz Ordalie dans la Grèce primitive, p. 69 sqq. sur les rapports des sources, des rivières, des puits et de la virginité ; voir notamment les notes sur le xaAkixopoy (rapbéviov) (avdéov, cf. xoupniov &v00ç)ppéap d'Eleusis— sur le Aoutpôv vuuowxéy en Troade (Aa6é ou, Exéuavdpe, ænv raplsviav — sur la source Kissocooa à Haliarte (ta mpotéheux Obeuv).
fin que de rendre plus étroite l’union des groupes locaux ?
Il n’y a pas que les échanges de personnes qui puissent faire pénétrer dans un groupe fermé le sentiment d’une solidarité plus vaste: il y a les échanges de biens. C’est en usant libéralement des récoltes, en ne les réservant point toutes aux besoins domestiques, c’est en consommant en commun les produits de tous leurs domaines privés, que les gens des hameaux voisins, réunis au canton, réveillaient par la fête des Pa Tcha le sentiment de leurs affinités. Les échanges commerciaux ‘, comme les échanges diplomatiques, l’orgie, comme la licence sexuelle, peuvent donc travailler efficacement à la concorde générale. D'autre part, la fête des accordailles, avec ses joutes, garde encore des raisons de se maintenir lorsque s’affaiblit la rivalité ou la solidarité des groupes locaux. Tel est le cas des Lolo chez qui l’une ou l’autre est à ce point réduite que les jeunes gens et les jeunes filles ont acquis, au moins dans certaines tribus, le droit de chanter ensemble même s’ils appartiennent à un même village? ; rapprocher les groupes locaux n’est donc pas la fonction la plus stable, la fonction première de la joute chantée. Pourtant elle a reçu cet emploi, et même, on vient de le voir, de préférence à d’autres pratiques qui auraient pu le tenir avec succès.
S'il y a des joutes de chants d’amour à l’automne, elles sont singulièrement plus importantes au printemps ; on venait chercher sa femme à l’automne, mais c'était au printemps qu’on s'appariait. Or, l’étude des Pa Tcha, cette fête automnale d’où les rites sexuels ont pu presque entièrement disparaître, a montré qu’elle préludait à cette partie de l’existence paysanne où les groupes isolés vivent de la vie fami-
1. On a déjà noté que les fêtes de la jeunesse avaient un air de marché; cf. LXIII et LXVI Comp. App. III, Billet fête des Thos. On notera que l'emplacement des haies de chanson est au Japon la place publique, que la fille de Tseu Tchong danse au marché, que les réunions hors les portes des villages se tiennent comme la fête de Kao Mei dans da banlieue réservée aux échanges Z£.