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Le Mei (prunier) est le symbole de la virginité

Ex. de chanson Lolo.

Le garçon. — De quel pays venez-vous, Mademoiselle ? Où demeurez-vous, Mademoiselle ?

À vous, ici, je pense.

Je ne vous ai pas encore vue.

La fille. -- Vous parlez avec esprit, Vous vous exprimez raisonnablement, Si vous voulez être mon mari, ' Venez que je vous examine. ï

P, 545. — (Chez les Lolo et les La-qua) les jeunes gens s’accordent entre eux, puis le jeune homme manifeste ses désirs à ses parents qui envoient un entremetteur, cf. p. 536.

P. 545. — (Au mariage, chez les Lolo) on fait un simulacre d’enlèvement en chantant des poèmes de circonstance.

Le P. Via. — Les Lolo, in Études sino-orientales, fasc. À, p. 16 sqq., chap. 1v, La littérature et de la poésie chez les Lolos.

« La littérature lolo à bien aussi, comme la chinoise, ses phrases toutes coulées, ses répétitions fastidieuses, mais son charme est moins dans le rythme ou la cadence des mots, qui est toujours la même, que dans la fraîcheur de l’idée et du sentiment... (les) comparaisons viennent subitement... les répétitions sont très fréquentes et lorsque le discours ramène la même idée, l'écrivain se servira des mêmes phrases; le sens finit au cinquième mot, cette règle... en vers est nécessaire et c’est, avec une nuance de rime ou d’assonnance, ce qui distingue la poésie, qui ne connaît que les vers de cinq ou trois syllabes.… Tous les mots n’ont pas un sens : plusieurs sont là pour l’euphonie ou pour permettre à la phrase de finir au cinquième mot... »

« La chanson, ou plutôt la complainte, est de tous les jours. On chante tout, on improvise sur tout... La jeune fille surtout est habile à exprimer ses sentiments... la simplicité de ces plaintes n’a de rivale que la simplicité de la musique, qui n’est qu’une modulation, un sanglot, un pleur, un soupir; toujours le même pleur, toujours le même sanglot. »

P. 31. — Description des luttes, chez les Gni et les Ashi, comparées à celles « des pardons de chez nous ».

« Dès que dans un pays la récolte a manqué, la mortalité est plus grande, les chefs du village se rassemblent et font vœu de se battre, un, deux, trois jours de suite... Au jour fixé, on aplanit un terrain de

lutte, terrain uniquement consacré à cet usage et que l’on ne peut

changer... Pour lutter il faut se dépouiller de tout, excepté de son pantalon. Les deux lutteurs commencent par s’embrasser, puis ils se frottent les mains sur le sable et se mettent en garde... La lutte est fermée par une dernière prière. »

P. 35. (Citation d’une observation du P. Roux.)

Les Tchong-Kia-tse du Kouei-tcheou « aiment à chanter ; ce sont des chants d'amour langoureux, plaintifs. La danse n’existe pas chez eux, mais la musique y est en honneur. Les réunions des deux sexes sur la montagne, où il y a combat d’éloquence et de poésie, existent encore, mais tendent à disparaître ».

P. 26. — Le P. Vial affirme que chez les Lolos « les jeunes filles et les femmes ne dansent jamais ». « Le jeune homme passe sa soirée à bavarder avec ceux de son âge, à jouer de la mandoline ou de la flûte, à lutter ou à danser. » « Les mœurs sont légères, très légères même, mais, en légèreté, elles ne dépassent pas ce que j'appellerai l'honnêteté payenne et, pour dire toute ma pensée, il y a en cela autant de passion que d’enfantillage. »

P. 20. — Complainte de ia mariée.

Mère, ta fille est triste, Ema, neu cha la, Depuis trois jours tu es partie; Se gni ta tche ra; Mère, reviens, reviens, Ema, tcho kou ja, Mère, je pense à toi. Ema, ga ieu leu.

Mère, ta fille est triste, Ema, neu cha la, L'arbre meurt, la racine vit; Se che, ke ma che; La racine vit, la feuille se dessèche : Ke che, chla qui mè : Mère, ta fille est triste. Ema, neu cha Ja.

Le vent agite la feuille, Mère, ta fille est triste ; La feuille vit encore,

Ta fille n’a plus de vie.

Mon père en mariant sa fille Obtint une jarre de vin Dont je ne goûterai pas ; Toujours ta fille est triste.

Ma mère en mariant sa fille Obtint un panier de riz Dont je ne mangerai pas.

Toujours ta fille sera triste.

Mon frère en mariant sa sœur Obtint un bœuf

Dont je n’userai pas.

Toujours ta fille sera triste.

Eux se couchent ; et moi je veille, Semblable à un voleur.

Eux se lèvent, je ne me lève pas, Semblable à un pestiféré.

Chaque jour je cueille des légumes, Trois paquets par jour,

En trois jours neuf paquets ;

Leurs paroles sont encore dures.

Mère, ta fille est triste, Triste, je vais au bois.

Qu’y a-t-il au bois ?

La cigale chante au bois.

Mère, ta fille est triste,

Triste, je vais aux champs,

Aux champs il y a l'herbe, L'herbe a l’herbe pour compagne.

Mère, ta fille est triste, Ta fille est sans amie ; Toujours pensant,

Son cœur est triste.

(La chanson ne manque pas de variantes.)

Comp. Wang fong, 7. Couv., 81.

D’après le docteur ErreL. Traduction de G. DumouTiER (Notes and Queries, in Anthropologie, IV, 1893). Les Hak-ka.

Ex. de Chants montagnards.

Voici que le soleil s’est élevé vers l'Est,

De même que l'arbre des montagnes craint les plantes grimpantes, De même que le vaisseau étranger craint les pirates,

La jeune fille craint le bel amoureux.

Voici que le soleil atteint le zénith.

Je passe la journée entière à faire l'amour.

Nous jurons par les cieux de nous aimer toujours. Si elle se parjure, que la foudre l’écrase.

Le soleil répand ses rayons brülants.

Devant la porte une jeune fille replante des oignons. Chaque jour elle soupire : les oignons tardent à paraître. Chaque jour elle soupire. L’époux tarde bien à venir.

Le soleil est éclatant : il soupire après les nuages.

Les champs sont desséchés : ils soupirent après l'orage. Le ciel est sans vapeur : il soupire après la brume. Cette fille est seule : elle soupire aussi.

Que le soleil soit brillant-et le temps mauvais ;

Quelles arbres et les fleurs soient gais à voir et le jardin tristes Que les plantes soient bonnes et la moisson mauvaise ;

Que la fille soit jolie et meure la fileuse !

Ne blâmez pas le ciel d’envoyer l’eau à torrents.

On demandait cet abondant breuvage pendant plusieurs années ; Depuis que pour le riz on paie trente-six cenis,

Et que les plus belles jeunes filles sont mortes de faim.

Le feu de l’encens embrase l’encensoir.

La mèche de la lampe consumée ne laisse que des cendres.

Si vous voulez aimer, prenez deux sœurs pour maïitresses, Quand l’une sera au travail, vous garderez l’autre près de vous.

Un jour, ma belle et moi, nous nous promenions sur les collines, Quand je me blessais au pied ; le sang jaillit.

Mais elle tordit ses cheveux pour bander ma blessure.

La même douleur étreignit mon pied et sa tête.

Si votre maîtresse est coquette avec vous, qu'importe ! Chaque montagne a ses petites vallées

Et chacune de ses vallées a sa petite fontaine.

Si vous échouez d’un côté, retournez-vous de l’autre.

Hélas ! le monde est plus mauvais que jamais !

Les femmes ont des bagues larges comme des anneaux de porte Jadis une maîtresse était heureuse avec un simple bijou. Aujourd'hui la moindre femme veut un monceau de dollars |

Deux fois j'ai rejoint ma maîtresse dans l'obscurité,

Et cette nuit je lui ai donné rendez-vous derrière sa maison, Quand quelqu'un passait, s’il regardait de ce côté,

Elle prenait une gaule et feignait d'appeler ses cochons !

Le chien qui garde la porte a aboyé trois fois.

Sûrement ma maîtresse est à table en ce moment.

Paix, mon chien. Laisse-moi ouvrir cette porte.,

Je veux l’introduire chez moi, mon bras passé autour de son cgu.

Ex. de Chansons de Cueilleurs de thé.

Dans le premier mois quand les pêchers fleurissent, Que la vieille année s’en va et que la nouvelle arrive, Quand la froide bise blanchit le plumage des oies, Derrière leurs rideaux, les femmes songent à l'amour.

Dans le mois suivant, quand fleurissent les saules,

Les frêles bourgeons poussent et les folioles s'ouvrent. Quand tous les boutons et les feuilles sont brillants de rosée, Alors, sousles saules, les femmes songent à l'amour.

Dans le troisième mois, quand les théiers fleurissent, Chaque fille sort pour contempler les jardins,

Chaque fille alors aime à les parcourir Mais, en cueillant le thé, elles songent à l'amour.

Dans le quatrième mois, quand les hêtres fleurissent

Et se recouvrent d’un superbe manteau blanc,

Quand Ia viande et le vin refroidis sont sans saveur,

Retirées pour faire leur toilette, les femmes songent à l'amour.

Quand, dans le mois suivant, les plantes d'ornement fleurissent, Et que les hirondelles recherchent leurs anciens nids,

Les hirondelles traversent en jouant le jardin,

En cueillant des fleurs les femmes songent à l'amour.

Dans le sixième mois, quand fleurissent les rizières, Lorsque chaque brin d'herbe produit un tendre épi,

Et que chaque épi semble gonflé de riches grains, Alors, avec langueur, les femmes, songent à l’amour.

Dans le mois suivant, quand fleurissent les chasse-trappe, De nombreuses filles sortent dans les jardins,

De nombreuses filles vont courir dans les champs,

Même quand elles sont au bain les filles songent à l'amour.

Dans le huitième mois, quand fleurissent les fleurs sauvages, Quand la vieille année va rencontrer la nouvelle,

Alors les jeunes gens s’en vont comme des papillons,

Sur la terre et la mer, ils songent à l'amour.

Dans le neuvième mois, quand les étoiles d’hiver fleurissent, Et que le peuple fabrique le vin fermenté,

Avec du thé froid et du riz, je puis encore travailler,

Mais, sur mon lit glacé, je ne puis songer qu'à l'amour.

Dans le dixième mois, l'arbre à papier fleurit,

Et le peuple entier manie les oiseaux,

Coupant des fleurs de papier pour la fête,

On vend ces fleurs dans les rues et moi je songe à l'amour.

Dans le mois suivant, quand la neige fleurit les arbres, Et que le peuple manie le balai et l’époussette,

Pour nettoyer la neige et ouvrir les chemins, Moi aussi, en balayant la neige, je songe à l'amour.

Dans le douzième mois, où fleurit la bourre d'oreiller, Alors je mets deux oreillers dans mon lit,

On appelle ces oreillers les poules sauvages amoureuses, Appuyé sur les deux je songe à l'amour.

Ex. de Responsoriums, couplets plaisants entre deux sexes; — une strophe est chantée par un homme et la réplique doit être donnée par une femme.

La fille. — J'ai apporté ici mille et une sapèques, Partagez-les entre plusieurs personnes, Que l’une n’en aie pas plus que l’autre, Celui qui divisera ses sapèques sans qu'il en reste une, Je l'épouserai sans entremetteur.

Le garçon. — Je veux essayer : Faisons d’abord sept parts

De chacune cent sapèques, ce qui fait sept cents sapèques;

J'ajoute pour chacune quarante sapèques, soit deux cents [quatre-vingt,

Puis encore trois sapèques, ce qui fait vingt et une, Au total mille et une sapèques.

Vous le voyez, j'ai partagé tout votre argent. Épousez-moi donc sans entremetteur !

Le ARRon — Les vêtements de ma bien-aimée sont beaux Comme les nuages de cinq couleurs; Si elle me donne une part de sa beauté, Je lui donne tous les biens de ce monde.

La fille. — Si vous m'aimez, équipez-moi coquettement, J'ai besoin de souliers de Swa tow avec des pointes brodées [de nuages.

J'ai besoin d’un très beau chapeau de paille de Kouang-si Et aussi de quelque argent pour jouer aux cartes.

Le garçon. — Devrais-je dépenser tout mon argent pour vous, Vendre mes meilleurs champs pour gagner votre amour,

Vendre mes champs, encourir la-colère de mon père, Laisser ma femme et mes enfants dans les larmes ?

La fille. — Je brüûülerai de l’encens nuit et jour, je prierai le ciel De vous aider, mon amant, à gagner de l'argent, Afin que vous fassiez des milliers de dollars de gain, Pour racheter les champs que vous vendrez pour moi.

Vu et admis à soutenance, le 1919.

Le Doyen de la Faculté des Lettres de l'Université de Paris.

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