‹ Fêtes et Chansons Anciennes de la ChineChapitre 5 sur 228 · COMMENT LIRE UN CLASSIQUE · texte numérisé non relu

COMMENT LIRE UN CLASSIQUE

‘Le Che king! est un recueil ancien de compositions poétiques ; c’est l’un des livres classiques de la Chine; on l’appelle le Livre des Odes ou le Livre des Vers: il se compose de quatre parties, dont la première est un recueil de chansons locales classées par pays? , et dont les autres contiennent surtout des chants rituels.

1. Sur l'histoire de ce texte, voir Couvreur, préface à sa traduction, et

Legge, Prolégomènes.

2, Je traduis fong par airs, chansons, d’après un emploi fait de ce mot

par Wan Tch'ong. Cf. p.159. Kouo fong — Chansons de pays.

LS

La tradition veut que le choix des chants et des chansons soit l’œuvre de Confucius : le Sage aurait jugé dignes d’entrer dans son anthologie trois cents pièces environ parmi celles qu’avaient conservées les Maîtres de musique de la cour royale !. On nous dit que chansons locales (Kouo fong) étaient périodiquement recueillies dans les fiefs (Kouo) du royaume pour témoigner des mœurs (fong) que les seigneurs y faisaient régner?. Les pièces des deux premières sections du Kouo fong (Tcheou nan, Chao nan)? passent pourtant. pour avoir été composées dans le palais royal; chantées ensuite dans les villages des diverses seigneuries, elles en auraient transformé les mœurs.

Confucius, si l’on veut croire ce que rapportent ses Entretiens*, désirait que l’on étudiât son Anthologie; on apprendrait ainsi à pratiquer la vertu: l’habitude de la réflexion morale, le respect des devoirs sociaux, la haine vigoureuse du mal, tels devaient être les bénéfices de cette étude. A côté des leçons de morale, on devait aussi trouver des leçons de choses ; par le Che king on connaïtrait beaucoup d'animaux et de plantes.

Considéré comme utile à la formation de l’honnête homme, le recueil, placé sous le patronage d’un grand Saint, est devenu un livre d'enseignement.

On s’en servit d’abord dans les écoles, telles que celle qui se groupait autour de Confucius*: gens d’âge mûr discutant6 entre eux de maximes politiques, de préceptes moraux, de règles rituelles, tels étaient ceux qu’on appela plus tard les

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