‹ Fêtes et Chansons Anciennes de la ChineChapitre 8 sur 228 · Cheu king, par S. Couvreur, S. J., préface · texte numérisé non relu

Cheu king, par S. Couvreur, S. J., préface

3. Voir sa traduction in Chinese Classics et les Prolégomènes.

4. H. A. Giles, À hislory of Chinese lilterature, v. p. 12 sqq. Comp. la traduction donnée par lui p. 15 et le n° LXVI.

5. W. Grube, Geschichte der chinesischen Lilieratur, p. 46 sqq.

beautés naturelles ou du charme poétique des Lieder ; ils ont voulu communiquer cette impression en donnant . extraits : la traduction, à vouloir être littéraire, n’a pas toujours gagné en exactitude. Giles, par exemple, quand il remanie la version de Legge, ne l’améliore pas, à mon sens, en remplaçant d’inutiles gloses tirées des commentaires par des chevilles poétiques dans le goût anglais. M. Laloy!a mis quelques chansons en vers brefs, parfois plaisants : on y saisit mieux quelques-uns de nos préjugés littéraires que le sentiment direct du texte chinois.

Quand on s’est occupé du Che king, on s’est tantôt proposé des fins pratiques, soit historiques. soit littéraires ; et l’on a plus ou moins heureusement réussi : mais, ou bien l’on n'avait pas à s'imposer l'effort méthodique qui est nécessaire pour dégager le sens primitif des poèmes, ou bien l’on ne s’est pas avisé que cet effort était nécessaire. A dire vrai, la tâche n’est pas facile.

Le Che king est d’une langue ancienne et malaisée: un bon sinologue ou un Chinois instruit n’y a point accès du premier coup; cette remarque est vraie surtout des chansons de la première partie. Comment les comprendre ? On peut s’adresser à un lettré ou recourir aux éditions savantes. Si l’on recourt aux Commentaires, on a grande chance de se laisser imposer par eux l’interprétation symbolique, quitte à la déclarer, de temps en temps, absurde; si l’on s’adresse à un lettré, füt-il libéré de l’orthodoxie classique, il sentira peut-être la grâce du texte, mais il est sûr qu’il n’y cherchera pas autre chose que la satisfaction de son goût esthétique ; il expliquera une chanson du Che king comme on explique un poème qui vous plait; il recherchera Les procédés littéraires du poète, il montrera l’art de l’auteur ; 1 n’aura ja-

1. Laloy, les Chants des Royaumes, préface et traduction in Nouvelle Revue française, 1909, IT, pp. 15, 130, 195.

e Le La LL A D L . = mais l’idée que ces chansons puissent être d'inspiration popu

laire.

Je veux montrer qu’on peut aller plus loin que la simple explication littéraire et, par delà l'interprétation symbolique, retrouver le sens original des chansons. Je le montrerai par un exemple, qui est décisif.

Il y a dans le Teheou nan une chanson de mariage dont le sens n'offre guère de difficultés. Dans la seigneurie d’où elle provient, la Vertu Royale avait obtenu que l’on se mariât régulièrement: telle est la tradition historique associée à la chanson ; elle est assez vague pour ne pas avoir imposé aux commentateurs un symbolisme trop compliqué; nous nous fiérons à eux pour traduire !.

1. Les chansons dont je donne la traduction sont publiées en regard du texte; j'y renverrai par un chiffre romain indiquant leur numérotage dans ce travail, ce chiffre étant suivi d'un chiffre arabe indiquant le vers (quand il y a spécialement lieu de tenir compte d’un vers). Les notes aux chansons comprennent : 1e des indications sur les interprétations chinoises et en général la préface de Tseu Hia; 2° des notes sur les vers, empruntées principalement aux gloses de Mao Tch’ang (Mao) et de Tcheng K’ang-tch'eng (Tcheng); ces notes sont précédées du numéro du vers; 3° quelques notes lexiques sur les mots difficiles; 4 des indications générales sur le sens ou les interprétations rituelles ou les croyances relatives à la chanson; 5° l'indication des thèmes principaux. — Une chanson, ou même un vers, ne peuvent être lus utilement que si l’on veut bien consulter l’ensemble de ces notes. — Dans la parenthèse à droite du titre on trouve : 1° l'indication de la section du Che king à laquelle appartient la pièce et son numéro d'ordre; 2° la page occupée par la pièce dans la traduction Couvreur; 3° la page occupée dans la traduction Legge. On trouvera, en fin de volume, une table de concordance des chansons. — Les vers marqués d’un astérisque sont ceux qui contiennent un auæiliaire descriptif.

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