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Formule de serment

Noter l'emploi du mot %, débats sexuels, dans la préface. Cf. App. I.

Thèmes des rencontres aux champs, de la séparation au village. Thèmes de la fidélité et des serments. Accessoirement thèmes du char et du luxe des vêtements de fête.

Si, de l’étude seule des thèmes champêtres, nous n'avons pas osé conclure que la poésie du Che king est une poésie paysanne, les chansons qui précèdent peuvent, dès maintenant, semble-t-1l, nous y autoriser. Que décrivent-elles, en effet, sinon l’amour au village ?

Le même raffinement, il est vrai, qui a pu faire choisir des ornements champêtres ou s'inspirer d’antiques dictons, peut aussi avoir conduit à préférer, pour des scènes d'amour, des déguisements villageois et un décor rustique. Ne sait-on pas que les beautés naturelles et les grâces simples plaisent à l'art le plus délicat ? Or, que connaissons-nous de l’histoire de nos chansons ? Ce sont des gens de cour qui y prirent plaisir, qui les étudièrent, qui les classèrent, qui nous les ont transmises ; ce sont des maitres de musique de cours princières ou royales qui les avaient conservées et les faisaient chanter dans les cérémonies des palais. Pourquoi ne seraient-elles point l’œuvre de poètes officiels ? pourquoi la poésie du Che king ne serait-elle point une poésie de cour ? La tradition le veut ainsi et elle en donne de bonnes raisons.

Les seigneurs féodaux avaient la charge d’un peuple

d'agriculteurs : leur gouvernement assurait tout ensemble la régularité des mœurs et celle des saisons ; la prospérité de la Nature et le bonheur des hommes manifestaient à la fois l’Heureuse Fortune des princes; la satisfaction des choses et des gens prouvaient la légitimité de leur pouvoir ; leur puissance se mesurait à la fécondité de leur sol, leur vertu à la moralité de leurs vassaux ! ; tel seigneur, tel pays; tels paysans, tels princes ; « les jones sont vigoureux » : c’est que le prince est sage?; — un rustre est trop brutal : c’est que le gouvernement est fait de violence? ; — les ménages sont-ils unis ? l’ordre règne dans le palais intérieur # ; — par l’ascendant du prince, sa femme a-t-elle la Vertu de mériter une postérité nombreuse ? les femmes du pays désirent avoir des enfants ÿ : pour faire l’éloge d’une reine, il n’y a qu’à montrer des paysannes cueillant le plantain qui favorise les grossesses ; et la chanson qui rythme leur cueillette est, d’elle-même, un panégyrique. Y a-t-il manière plus délicate à la fois et plus forte, plus subtile et cependant plus directe ? Point n’est besoin, au poète de cour, pour chanter une princesse, de la costumer en bergère, point n’est besoin d’allégorie — les Gens sont dans les faits eux-mêmes : une peinture vraie des choses rustiques suffira. Donc, si forte que soit l’impres-

1. C'est la doctrine officielle sur le pouvoir régulateur du prince ; elle s'exprime à chaque instant dans les préfaces des chansons. Un chant du Lou song I, Couv., p.445, exprime magnifiquement l'effet immédiat et direct de l’Influence Souveraine sur les choses :

Les pensées du prince n’ont point de limites. Il pense aux chevaux et ceux-ci sont forts.

.… Les pensées du prince sont sans défaillance Il pense aux chevaux et ceux-ci s'élancent... .… Les pensées du prince n’ont rien d’oblique Il pense aux chevaux et ceux-ci vont droit en avant. Comp. T'ang fong 4. Couv. p. 124.

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