PRÉFACE
Que nos rites sacrés fleurissent d’âge en âge !
LE CHŒUR
Que notre dieu reçoive un éternel hommage !
LE PRÊTRE
Ne songez qu’à l’amour.
LE CHŒUR
Nous sommes pleins de lui.
LE PRÊTRE
Rendons-lui grâces à l’envi
Des biens qu’il nous promet , et de ceux qu’il nous donne. LE CHŒUR.
Le plaisir le conseille, et l’équité l’ordonne.
LE PRÊTRE
Oui, certes; l’équité, le devoir, le plaisir,
Tout nous impose, Amour, la loi de te bénir,
De te bénir sans fin , sans repos , sans mesure ,
Au nom du vif attrait qui maintient la nature ,
Au nom de ces désirs , de cette volupté ,
Fruit d’un sixième sens à nos sens ajouté.
Vénus , modèle heureux de la beauté suprême ,
Ta gloire est son ouvrage , il t’embellit foi-même ;
C’est par lui que les dieux, encensés des mortels,
Font brûler, à leur tour , l’encens sur tes autels ;
Que les fiers conquérans à tes pieds s'humilient ;
Que les graves Zénons auprès de toi s’oublient ;
Que les pasteurs d’Enna , sans maîtres , sans besoins ,
Du soin de t’adorer composent tous leurs soins ;
Qu'en tous temps , en tous lieux , la voix de tous les êtres S’unit, pour te louer, à celle de tes prêtres.
Permets qu’avec les dieux , les héros, les bergers.
Les enfans d’Apollon , les chantres bocagers ,
Le lion rugissant, la brebis pacifique.
Notre zèle , à ton fils, adresse ce cantique :
Saint, saint, saint, trois fois saint l’Amour,
Le dieu de paix et de délices !
Quels dieux de l’immortelle cour,
Autant que lui grands et propices,
Sont, par autant de sacrifices,
Honorés la nuit et le jour?
Louange au fils de Cythérée!
Que les plaintes de la pudeur,
Des baisers le bruit enchanteur ,
Et les cris , les chants du bonheur ,
S’élevant de chaque contrée ,
CULTE APHRODISIAQUE. 35y
Se confondent en son honneur Dans la région élhérée ,
Et qu’ils aillent frapper en chœur Les voûtes d’or de l’Empyrée !