‹ Fêtes et courtisanes de la Grèce (volume 2)Chapitre 66 sur 98 · CANON · texte numérisé non relu

CANON

LE PRÊTRE

Si , d’aventure , un coin de l’univers Recèle encor, dans ce siècle pervers,

Un couple d’amis véritables ,

D’une triple moisson que leurs champs soient couverts ! Que les étés ingrats, les perfides hivers

Leur soient constamment favorables !

LA PRÊTRESSE

Ainsi soit-il!

LE PRÊTRE

Mais , inutiles vœux !

Où trouver maintenant ce couple généreux !

Ah ! les amis ! le bonheur les assemble :

Tout disparaît au signal des revers.

Tels nos acteurs , dans leurs rôles divers ,

Frères , époux , ils composent , ce semble ,

Une famille où l’on est transplanté :

La toile tombe , adieu la parenté !

Il n’en est point ainsi dans ton empire ,

Charmant Amnur; partout de jeunets cœurs Que la volupté seule attire ,

Sentent vivement tes ardeurs.

Le parjure et. l'hypocrisie Ne souillent jamais leurs plaisirs,

Et du vil intérêt la sombre frénésie N’a rien qui flatte leurs désirs.

( Il s’assied à coté de la Prêtresse , et la contemple amoureusement. )

Il est temps que mon œil dévore ,

Que ma main parcoure à loisir Ces charmes que pour moi l’Amour a fait éclore ,

Ces charmes adorés qui vont m’appartenir !

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