‹ Fêtes et courtisanes de la Grèce (volume 2)Chapitre 77 sur 98 · LES FLAGELLATIONS · texte numérisé non relu

LES FLAGELLATIONS

X)ans les Démélries (fêtes de Cérès), on se flagelle avec des écorces d’arbre (a) (i).

Ainsi dans les Emacuries ( fêtes du Péloponèse), les jeunes garçons se fouettaient jusqu’au sang sur le sépulcre de Pélops.

Ainsi en Arcadie , les enfans frappent de verges (2) la statue du dieu Pan.

Ainsi à Délos on battait l’autel même du dieu.

Ainsi en Sicile , les jeunes gens combattent avec des squilles, et le plus vigoureux athlète reçoit pour prix un taureau (3).

Mythologie comparée.

(a) Les Juifs modernes ont encore leur malkut (flagellation) , comme les Catholiques leurs flagella 11s , leurs pénitens , et comme les Turcs, leurs k ad ri s.

AUTORITÉS

(1) Hesychi.us. — (2) Theocrit. sco/. Arkadikê eortê. — (5) Scof. T/irorr. idyll. 7.

CULTE APHRODISIAQUE. 38q

Ainsi dans les Lupercales , des prêtres nus fustigent, avec des lanières de peau de bouc , les femmes qu’ils rencontrent sur leurs pas , et les femmes s’y précipitent en foule , dans l’espoir de devenir fécondes (a) (i).

Ainsi à Delphes, les femmes se flagellent pendant les fêtes de Bacchus (a) (2).

Ainsi à Sparte , les matrones traînent aux pieds des autels les célibataires, les souffleltent et les flagellent (6).

Mais la nature a enrichi l’hymen de tant de

REMARQUES

(n) De ces cérémonies bizarres, la plus cruelle et la plus célèbre est la flagellation des Spartiates (5).

(A) On cite une loi de Lycurgue, qui obligeait les célibataires a parcourir nus, et par trois fois, l’enceinte de la ville.

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) Les moines de Saint-Gerrnain-des- Prés ceignaient les femmes grosses d’une ceinture de sainte Marguerite , dont ils ne pouvaient dire l’histoire sans s’exposer à la risée du monde savant (4).

AUTORITÉS

(i) Pausan. Arcad. — (2) Sciera. Ibid. — (3) Voyez V article dans les Fêtes de Diane. — (4) Superst. anc. et rnod. l. II,/?. 23.

3gO LIV. II. LA RÉNOVATION.

charmes , et la société y attache tant d’avantages, que les lois contre le célibat seront toujours absurdes , si ce n’est chez une pe tite peuplade qui a le besoin et la volonté d’augmenter ses développemens.

Dans les grands Etats, ces lois sont non seulement ridicules , mais encore dangereuses, parce qu’elles peuvent , sans faire le bien général , occasionner beaucoup de malheurs particuliers, en précipitant sous le joug, des caractères incapables de le supporter, en mettant de la contrainte et de la violence dans une détermination qui , pour porter des fruits , doit être l’ouvrage ou plutôt le besoin d’un doux et facile penchant; parce qu’enfm ce nouvel état peut arracher à sa direction capricieuse, mais particulière , mais indomptable, l’homme dont le génie se compose de son indépendance.

Il y a plus ; la question que le célibat présente ne peut se résoudre que d’après la connaissance des moyens de subsistance , au niveau desquels la population se soutient généralement.

Lorsque la population s’élève au - dessus

CULTE APHRODISIAQUE. 3gi

de ces moyens, il y a , ou révolution dans l’intérieur, ou émigration à l’extérieur (a).

Sous le rapport des mœurs , il suffit d’opposer à cette manie, ou à ce calcul du célibat, qui ne deviendra jamais général , et les pièces de théâtre , et les déclamations des poètes.

Cependant les femmes continuent de célébrer dans leur intérieur domestique des fêles dont les hommes sont exclus (Z>).

Sans doute, le philosophe n’approuve point ces derniers excès , mais il sourit aux premiers tableaux , à ces peintures naïves d’un désir universel , irrésistible.

Et pourquoi donc chose tant honteuse , si tant naturelle (i) !

Chacun fuit à voir naître l’homme , chacun court à le voir mourir (2).

REMARQUES

(а) En Chine, on raisonne à ce sujet d’une manière inverse à celle qui paraît adoptée en Europe.

(б) Lakedaimon eortê (3).

AUTORITÉS

(i) Charron. — (a) Montaigne. — (3) Plut.

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