RENCONTRE DU FANATIQUE PHILOSTRATE : LES AMOURS DU DÉVOT AVEC AGLAÉ
XjA même barbarie a institué ies fêtes suivantes : Avez-vous jamais eu le triste courage d’assister aux thargélies , ou au sacrifice humain , surnommé Y expiation ?
Elle a lieu le 6 et le 7 du mois thargélion , consacré à Diane et à Apollon.
On sacrifie aux heures et à l’astre du jour (1).
Alors les enfans portent en pompe des eiresionè (2).
Ils nomment cette fête la supplication (a).
REMARQUE
(a) Iketcrian (5).
AUTORITÉS
(i) Scol. Arisloph. equit. — (a) Pnrph. péri apoch. 1. 1 1 . — (3) Hesych,
Le sixième jour est marqué par une cérémonie bizarre et cruelle («). On purifie la ville. J’ai vu avec horreur conduire en expiation , hors des murs , un homme et une femme (6), chargés, à la voix du prêtre, (Jes iniquités communes (a) (1).
Ils ont élé nourris aux frais du trésor public (c).
On avait suspendu à leur cou des figues sèches : l’homme en portait des noires, et la femme des blanches (2). On avait placé dans leurs mains un morceau de pâle et des figues(3).
REMARQUES
(а) Haï pocration.
(б) Suivant d’autres, deux hommes.
(r) On les nomme pharrnakoi y ou sumbakui (/jj.
MYTHOLOGIE COMPARÉE
(a) Expedi/ unum mori pro populo. Roue émissaire des Hébreux.
Capara , cérémonie expiatoire des Juifs, dans laquelle les hommes chargeaient un coq de leurs iniquités, et les femmes une poule , et les immolaient ensuite.
AUTORITÉS
(1) Hesychius. — (2) IIÆadius. Creslomalh. I. III, apud Phocium in hibliolh. — (5) Joannes Tzelzèx, 1 hü. v,c. xxv. — (/[) Suidas .
Je les vis parcourir le tour des murs, après avoir été frappés sept fois de la main , et fustigés avec des tiges sèches (a).
Les malheureux étaient parés (i) comme des victimes , et c’était au bruit des hymnes et des instrumens (6) , que l’on préludait à leur mort affreuse.
Le prêtre s’avança, et leur fit porter un vase pharmaceutique (c).
Ap rès ces cérémonies , on les brûla en pompe , et leurs cendres furent jetées aux vents et dans la mer (2).
Puisse le feu du ciel tomber , par représailles , sur le prêtre ! m’écriai-je en frémissant. Mes plaintes se perdirent dans les airs ; on se couronna de fleurs , et le septième jour on offrit aux divinités, d’une main sanglante ,
REMARQUES
(a) De figuier , des squitles (3).
(&) Kradies noraos (4).
(c) Chêtra pharinakê.
AUTORITÉS
(i) Suidas. — (a) Tzelzès, /oc. cit. — (3) Hypponacte. — (4) Hesy.h.
des présens innocens , et, sans doute, rejetés, des fruits portés en pompe (i).
Tel est le caractère des lilhobolics (a).
Plein d’une mélancolie profonde , je me trouvai au milieu des jeux sans m’en apercevoir. L’avouerai-je, à ma honte ? le tumulte de la joie universelle m’étonna d’abord , et m’entraîna ensuite. Ces sombres impressions s’effacèrent insensiblement; je me mêlai même au chœur circulaire. Mon frère fut vainqueur ; il reçut un trépied, et le consacra , selon l’usage, dans le temple que Pisistrale a élevé à Apollon.
Comment peut-on rapprocher ainsi des jeux et une tombe, des danses à la suite d’un assassinat ! Eh ! comment celui même qui n’est que simple spectateur de ces atrocités , peut-il passer si rapidement du sentiment exalté d’une indignation profonde, à une distraction voluptueuse ?
REMARQUE
(a) Lithobolia , la lapidation (2).
AUTORITÉS
(t) Hesych, Suid. Lysias. apo/og. Parlh. erotic. IX. — (2) Pausan. Corinlh.
4o8 LIV. II. Ï,A RÉNOVATION.
Je l’éprouvai alors ; la nature n’a placé près de nous les distractions et l’oubli, que pour nous faire supporter patiemment une vie , que l’on prendrait en haine à l’aspect de cette foule de crimes sous lesquels la triste humanité succombe.
En faisant ces réflexions philosophiques , jè me laissai conduire par l’archonte chargé d’ordonner la fête (i) , et je vis présenter aux tribus les enfans adoptés (2).
Plus loin , je vis un holocauste. L’autel était environné d’arbres verts ( a ) : au centre , on avait disposé des matières résineuses , et des piles de bois sec.
On plaça sur l’autel les prémices des fruits et du froment. On précipita ensuite dans l’enceinte une foule d’animaux vivans , des oiseaux, des cerfs, des sangliers (a). On y mit
REMARQUE
(a) Lfiphria (3)..
MYTHOLOGIE COMPARÉE
(a) Les Zabiens brûlaient également lout vifs des ani- AUTORITÉS.
(1) Pnllux , /. vin. — (2) Isceus in oral. — (3) Pausan . A haïe.
le feu , qui dévora en un instant les offrandes et les victimes.
Je rencontrai aussi des dévots qui marchaient pieds nus sur des charbons ardens , en l’honneur de Diane Pcrasia , ou Tauropole ( a ).
Ils se rendaient en foule à une veillée nocturne (ô), dans laquelle une vierge faisait les fonctions de prêtresse. Leurs mystères (c) sont impénétrables aux profanes.
Je m’accostai de l’un de ces pèlerins (a) que
remarques.
(a) Tauropolia. La purification.
Pineus ardor acervo Pascitur , et medium freti pietale per ignem ,
Cultores multâ premimus vestigia prunâ (i).
(è) Pannucliydes. Pète ionienne, en l’honneur de Diane Triclarie.
(c) Cnacalôsia (2).
MYTHOLOGIE COMPARÉE
maux , dans lés fêtes qu’ils célébraient en l’honneur de leur déesse Beltha ou Baüllis (la lune ).
(a) Religieux , pénitens de divers cultes.
Les Onsuïs de la Cochinchine , les Jammahos du Japon ; AUTORITÉS.
(1) Virg. Æn. J. xi. — (2) Pnusan. Arcad.
je reconnus : c’était le jeune Philostrate, qui fréquenta pendant quelque temps mon école, mais que je déclarai , jadis , incapable de faire jamais aucun progrès dans les sciences exactes. Son père , dadouque d’Eleusis , l’avait depuis rappelé dans sa maison. Ce fut là que , n’entendant parler que de sombres mystères , d’initiations magiques, de cérémonies extraordinaires, et que , frappé surtout de ce grand concours de dévotes que le dadouque recevait en secret (car on le voyait toujours au milieu des femmes ou des marchands , embarrassé des caresses des unes , et accablé des présens des autres ) , il acheva de perdre l’esprit dont la nature avait déjà été si économe à son égard.
Il se fit recevoir dans toutes les confréries(a).
les Talapoins , les Pra-Rasi siamois; les Fakirs , les Care- Patrè-Pa ridarou , les Avadoulas , les Bicars , les Banians indiens, et les moines de toute espèce.
(a) Sanga , pèlerinage des Japonais; pèlerinage des Turcs à la Mecque ; celui des Chrétiens, à Saint- Jacquesde-Gompostelle , à Notre-Dame-de-Lorette.
Il avait baisé, je crois, les marches de tous les temples. Il était désolé, lorsque deux ou plusieurs processions sortaient de la ville à la même heure ; il aurait voulu paraître à la tête de chacune d’elles. Ses épaules témoignaient , en longs sillons, qu’il avait coutume de les fustiger très-régulièrement.
Il portait à son manteau une agrafe- qui représentait un cancre béni , et qu’il n’aurait pas cédé pour tous les trésors delà sublime Perse, ni même pour un baiser de la plus jolie femme d’Athènes.
Après avoir accompli le vœu qu’il avait formé de visiter tous les temples de Diane, il devait se faire recevoir parmi les Galles , et Combler ses extravagances en déposant sur l’autel de la déesse une offrande assez impure, les dépouilles de sa virilité.
Il me montra même le couteau sacré destiné à ce pieux service ; il le portait suspendu à sa ceinture, dans un étui enrichi d’or et de pierreries , et qui devait ensuite renfermer son offrande.
J’admirai l’air serein et le sourire de ce fanatique. Un amant qui se précipite dans
442 LIY. n. LA RÉNOVATION.
les bras d’une maîtresse , ne paraît pas plus heureux.
Je m’attachai aux pas de cet homme, dans l’intention d’achever mes observations sur les travers de l’esprit humain. Je lui demandai d’abord des nouvelles de son père , que j’avais connu. « Gomment a-t-il pu consentir à se séparer d’un fils qu’il aimait? A-t-il pu voir, sans indignation, que celui qui était né pour les premiers emplois de la république, se trouvât confondu avec des vagabonds et les derniers des hommes ? — Les derniers dans l’opinion humaine et vulgaire , les premiers devant l’œil de la divinité : je m’élève devant elle par la bassesse ; je m’ennoblis par l’humiliation. >»
Je changeai la conversation ; mais il était impossible de nous entendre : il répondait à la raison par l’enthousiasme; et, au milieu de la dissertation la plus intéressante, il m’interrompait pour me réciter une fable , ou pour se livrer à une pratique superstitieuse.
Je m’aperçus qu’il étaitcomplétement aliéné; je déplorai son sort , et maudis particulièrement l’affreux calcul de l’hypocrisie de son
CULTE LUNAIBE.
père , auquel la dégradation même de son fils devaitservirde moyens de considération auprès de sa secte (a).
Cependant, ne voulant point perdre entièrement cette occasion de m’instruire , je mis le dévot sur le récit des fêtes de Diane; c’était lui faire plus de plaisir, mon chef Xenophane , que vous n’ên ressentez vous-même , quoiqu’&uteür , au moment où l’an vient Vous faire l’éloge de votre production nouvelle, et vous en redemander la lecture.
Pour obtenir ces détails, il fallut feindre de grands sentimens de religion. J’assistai le soir à l’une de ses prières ; il me fit tenir , pendant une heure , les genoux en terre , les
MYTHOLOGIE COMPAREE
(a) Chaque pays, chaque culte a eu ses charlatans èt ses dupes. Ainsi on a vu les Joguis , les Pandarons , les Sani assis , les Fakirs, moines indiens;
Les Bonzes , moines chinois;
Les Bicars , pénitens indiens ;
Les Calenders , derviches turcs ;
Les Jongleurs , prêtres américains , médecins et sorciers ;
Les Chanoines , les Capucins , etc. etc.
444 LIV. II- LA rénovation.’
mains en l’air , et le visage tourné vers la lune.
Satisfait de ma complaisance , il apposa sur mes lèvres , en signe d’initiation et de silence , son cancre béni ; nous nous relevâmes , et il commença en ces termes :
« Il y avait , dans l’Attique , un lieu nommé Braurôn ( a ). Là, suivant une ancienne tradition , Diane se plaisait à descendre : elle préférait ce lieu à tous les autres ( t ).
« Là, Iphigénie rapporta de la Tauride une statue de la déesse (2) , qui fut enlevée dans la suite par Xercès.
» De là vient le surnom de Diane Braurônicnne.
» Tous les cinq ans on y sacrifie, ainsi qu’à Delphes (3).
» Dix officiers publics ( b ) président aux cérémonies.
REMARQUES
(a) Brauroniâ (4)-
(b) Nommes hiéropoiai.
AUTORITÉS
(1) Alhén. I. il, vit. Dyphile. — (2) Pausan. Attic. il. Arcad. — (3) Po/hix , /. vin , c. ix , sect. xxxi. — (4) Hesych. Suidas. Aristopha ■ col.
» On immole à la déesse une chèvre : des rapsodes y chantent les poésies d’Homère.
» On choisit des vierges pour la célébration des mystères (i) : elles ne doivent pas avoir moins de dix ans , ni plus de quinze (a) (2).
» Elles sont vêtues de robes jaunes (è) : on les nomme les ourses (c).
» Celles qui veulent ensuite se marier, sont obligées, pour apaiser Diane, de célébrer les Canéphories.
A ces mots , un long soupir s’échappa de son sein; je crus en connaître la cause. — « Cette fêle vous rappelle , sans doute , lui dis-je , cette piquante Aglaé, dont l’image vous donnait tant de distractions quand vous fréquentiez mon école ? — Il soupira encore. — Je l’avais engagé à consacrer, ainsi que moi, sa virginité
REMARQUES
(а) Larcher prétend qu’on devait les choisir de 5 à 10 ans (3).
(б) Crocotes.
(c) Arktoi (4).
AUTORITÉS
(1) Herodot. ad fin. I. VI. — (2) Suidas. — (3) Larcher , sur Hérod. t. IV, p. 43g. — (4) Hesyihius. Harpocr. Pollux , /. v. Eurip. Hypsiph. Aristoph. Lcmn. Lysislr.
à Diane. Le croiriez-vous ?un sourire méprisant fut sa réponse. Depuis ce moment elle m’évita ; je fus signalé à toutes ses compagnes , et l'expression de leur physionomie, en me voyant, semble encore plus ironique que la salutation de leurs amis, qui , vingt fois par jour, m’environnent en me félicitant sur ma piété.
» Quelque temps après , Aglaé reçut les vœux de l’athlète Diagoras , et célébra les Canéphorics (a). J’étais alors assis sur les degrés du temple : je la vis s’avancer; elle portait, selon l’usage , une corbeille , dans laquelle étaient renfermées des offrandes , les jouets ou les travaux de son enfance , des toiles , des broderies précieuses , des guirlandes (i).
» C?est ainsi qu’elle croyait apaiser le courroux de la déesse qui préside à la virginité. — Dites plutôt : c’est ainsi qu’elle espérait se rendre favorable , cette déesse qui , quoique vierge , se plaît à venir au secours des femmes en couches. »
REMARQUE
(«) Kanîphoria (2).
AUTORITÉS
(1) Théocr idyll.netxwu. Scoliasi. ibid.— -(2) Çasldlan .
En ce moment, des réflexions impies vinrent se présenter à mon esprit. Celte virginité de Diane me parut aussi suspecte que celle de nos prêtresses. Je me rappelai les baisers donnés à Endymion (1).
N’avait-elle pas eu des aventures avec Virbius (2) , avec Pan métamorphosé en bélier blanc , avec Priape , qui la séduisit sous la forme d’un âne ?
Il en était ainsi de toutes les autres vierges célestes. Vesla, la plus ancienne , était représentée avec un enfant : où l’avait-elle pris ? Minerve avait pardevers elle Erichthonius , d’une rencontre avec Vulcain , et des temples en qualité de mère. Les chastes Muses nç furent pas plus sévères. Myrlillus les accuse de complaisances fortes pour un certain Mégalion , et leur donne à toutes des enfans , qu’il nomme noms par noms ( a ).
REMARQUE
(a) C'est peut-être pour cette raison que l’abbé Carteaux les appelle les Filles de V Opéra de Jupiter (5).
(1) Plin. Hist. nat. /. II. Alex. Âphrod. in probl. Poetctf passim. — (2) Servius in Vir§. Æn. I VIII. — (3) Mirai notes sur TibuUe.
Je me gardai bien de lui communiquer ces remarques. Il poursuit: — « Aglaé m’apperçut , détourna la tête , et rougit. J’invoquai sur elle la vengeance de la déesse ; elle m’a , peut-être , déjà exaucé ; car vous savez que les flèches de Diane frappent les femmes de mort subite (i).
» Cette déesse a toujours favorisé les Grecs. On a observé que , dans la fameuse journée de Salamine , la lune était dans son plein.
On rappelle cet événement dans la fête célébrée le 16 du mois de munichion. On offre à la divinité des gâteaux circulaires, composés de fromage et de miel (3). Ils sont illuminés de cierges qu’ils supportent (a), et rivalisent alors, parleur forme et par leur éclat, avec le disque de l’astre auquel ils sont consacrés.
» L’assistance de ladéesse fut visible chez les Phocéens . Ils combattaient les Thessaliens près
MYTHOLOGIE COMPARÉE
(a) Rite Catholique. Pains bénits.
AUTORITÉS
(i) Eusthat. ad iliad. — (a) Plutarq. — (3) Suidas. Poilus . I. vi, c. xi. Athèn. I. Xiv. Hesycli. etymolog. aut. Eustltal. ad iliad. v.
d’Hiâmpolis : Diane inspira aux femmes (i) l’héroïsme ; elles se précipitèrent dans les rangs ennemis. Ils fuient alors de tous côtés comme une bande de cerfs timides.
« L’institution solennelle des Elaphobolies (a) rappelle l’événement. La reconnaissance offre à Diane un gâteau pétri de miel , de graisse , de sésame , et auquel on imprime la forme d’un cerf (2).
» C’est Diane qu’adorent sous le nom d'Hélène ( b ) , les fiers Spartiates.
» Son temple s’élève (3) près du tombeau du célèbre Alcman , qui sut assoupir et dompter la rudesse de la langue parlée à Lacédémone.
« Elle partage ses autels avecMénélas, Paris et Déiphobe (4).
» Cette Hélène prit le nom de Némésis (5).
REMARQUES
(а) Elaphobolia (6).
(б) Elénia. Eléné pour Seléné.
AUTORITÉS
(i) Plut, de Virt. mulier. — (a) Athénée , /. XIV. — (3) Pausan. Lacon. — (4) Æneas, Gazants. Théophrast. Euripid. Théodoret. I. ut , grœc. affect. — (5) Athenagoras. — (6) Eusthat. ad Odyss. x.
45o LIV. II. LA RÉNOVATION.
On la rend propice par des présens, par des hymnes et des sacrifices (i).
» Le char sur lequel s’avancent les vierges appelées à cette solennité , est couvert (2).
» Cet usage me rappelle cette Hélène que l’onportedanslesHélénophoriesàAthènes(3), et qui n’est autre chose qu’une cis te d’osier dont les rebords sont en bois , dont l’intérieur renferme des objets destinés aux mystères.
» Cette obscurité ne figurerait-elle pas celle de la nuit elle-même , et la virginité consacrée à la déesse , celle de la Nature avant son hymen avec le Printemps ?
» C’est ainsi que l’on retrouve, dans les cérémonies, des fêtes en l’honneur de Diane Bendis ( ci ) ; que la déesse portait deux lances (ô),
REMARQUES
(a) Bendidia. C’est par erreur qu’on lit, dans Strabon , Mendidin (4).
{l>) De la ce surnom de Dyloukos, que lui donne le poete Cratinus.
AUTORITÉS
(i) Isocrat. in eneoni. — (2) Hesyeliius. — (5) Pollux , /. X. c. lui. — (4) Palephat. Suidas. Favorinus. Xènoph. Angel. Politian. et Grég. Gyrald.
emblèmes par lesquels on a exprimé les traits , ou plutôt la réflexion de la lumière (i).
» Les Thraces ont les premiers transporté ce culte à Athènes (2).
» La fête de Diane Bendis se célèbre au Pyrée (3) , avant les Panathénées.
» On trouve , dans ces cérémonies , les élémens de la doctrine platonique (4), et plusieurs usages des fêtes de Bacchus (5). C’est ainsi qu’on honore la puissante Artémis («) à Syracuse , par des orgies et par une ivresse qui dure trois jours (6).
» Ces solennités se reproduisent avec la plus grande pompe chez les Cyréniens (7). »
Au milieu de cette conversation, Philostrate s’interrompit tout à coup ; je vis son visage pâlir, et ses yeux s’égarer. Il tourna plusieurs
REMARQUE
(a) Artémis , la Vierge , selon Platon et Strabon. Voyez Grég. Gyrald. sur les differentes étymologies du mot Artémis^). Nous adoptons l’opinion de Macrobe : Artémis dicta , quasi areotomê , qubd scilicet aéra secet.
AUTORITÉS
(1) Hesychius. — (2) Plat, de rep. 1. 1. — (5) Proclus in Tira. — (4) Ibid. — (5) Strabon , /. IX. — (6) Plut, in Marcel . I. xxv. — (7) Atlién. 1. xti. — (S) Syntagrn. xn p. 3i5.
fois sur lui-même avec rapidité (ci). Je le pris alors pour un lunatique (b). Bientôt j’observai qu’il pratiquait les cérémonies en usage, pour maudire la mémoire de quelqu’un.
Dès que son transport fut calmé , je lui demandai le nom de celui qu’il venait de dévouer aux Furies. — « Erostrate : Erostrate, dont la fureur voulut anéantir le plus beau monument de la piété des hommes (c). Diane
REMARQUES
(a) On observait autrefois de tourner en rendant ses hommages aux dieux. Pylhagore semble le recommander en ses symboles. Parce tournoiement, dit Plutarque (i), on veut qu’il y ait eu dessein d’imiter le mouvement du monde; mais, ajoute-t-il, je crois plutôt que ce précepte est fondé sur ce que les temples, regardant l’orient, ceux qui y entraient tournaient le dos au soleil, et par conséquent étaient obligés , pour se tourner de son côté , de faire un demi-tour a droite, et pour se remettre ensuite en présence du Dieu, ils achevaient le tour en faisant leur prière (a).
(ô) Cette maladie est décrite par Gallien et Hippocrate (2).
(c) L’an 556 avant l’ère vulgaire.
MYTHOLOGIE COMPARÉE
(a) Celte ceremonie de tourner s’est conservée à la messe (3). Ainsi tournent les bonzes et les fakirs.
AUTORITÉS
(1) Plu/, vie de Py/hctg. — (2) G ré g. Gyrcild. — (3) Cérém et Caul. relig. t. 1 , p. xxx.
était alors absente : elle avait quitté son temple pour assister aux couches d’Olympias , mère d’Alexandre (i). L’insensé livra à des flammes sacrilèges ce temple , le chef-d’œuvre de Ctésiphon et de Scopas, et l’une des merveilles de la terre (a). Mais je l’ai vu sortir plus brillant de ses ruines. Mille mains religieuses ont relevé ces antiques colonnes , que le génie de Dinocrale a replacées sur leurs bases, et les femmes mêmes ont consacré à sa restauration leurs ornemens les plus chers (2). »
REMARQUE
(a) Ce temple avait été bâti par l’architecte Chérémocrales AUTORITÉS.
(1) Sirab. /. xiv. — (2) Timée.Plin.
Suite de la correspondance d' Apollonide* SIXIÈME LETTRE.