I. ai
Dans l'île de Chypre, le sacerdoce est confié aux descendians (i) de Cynîras (a).
Chypre est célèbre par ses mystères et ses initiations (é) (2). L'initié reçoit un grain de sel , et lé symbole de la force (c) fécondante de la nature 1 une pièce de monnaie est son offrande à Vénus facile (rf).
On m'a revêtu d'un habit de femme pendant le sacrifice : la prêtresse était en habit d'homme (3).
La statue de la déesse porte les marques des deux sexes (4) : elle est nue , et l'artiste, par singularité , a dérobé ses joues sous une barbe épaisse.
J'ai visité les différens sanctuaires de la
REMARQUES
.(o) t) ictus Agétor,
{b) Condita si non sunt Veneris mysteria cistis , Nec cava vesanis ictibuâ œra sonant, Attamen inter no« medio versantur in usu, Sic tamen intèr nos ut Iatuiss6 Velirit. {c) Phallus (5).
{d) Veneri meretrici.
AUTORITÉS
(i) Pindar.pythion. od. il.— (2) Vîd. de mysieriis Kiâolph, Ven, dUsertai. ihter Etruscas. — (3) Larcher, Mém, sur Vénus. - (4) Macrob. l. m , c. vin.-(5) ClemAn proinpt. Amoh. /. V , Finrnc. de error.
déesse. Le temple d^Amatboiite est d^une architecture simple, mais ëléganle : unpëristyle de douze colonnes , d'ordre ionique , en forme le vestibule. La légèf été svelte et dégagée de leur^ proportions semble retracer une image de celles des Grâces.
L'intérieur du temple est une rotonde , et représente par sa forme le globe du monde.
Ceux qui ont partagé la souveraineté de cet univers entre trois dieux , se sont trompés ; une seule divinité y préside , et cette divinité est la belle Vénus.
Le ciseau d'Athénodore et le pinceau de Théagène Font repr^entée au sein des mers. L'œil aperçoit sa conque de rose s'élever sur les flots d'aEur ; les monstres marins bondissent autour d'elle ; les Amours, métamorphosés en Tritons, poursuivent les folâtres Néréides ; et Neptune , contemplant d'un œil enflammé les charmes demi-nus de la déesse , laisse tomber à ses pieds son superbe trident.
Souveraine de l'Olympe , elle est assise entre les trois Grâces (a). L'artiste a donné
IffYTHOLOGIE COMPARÉE.
(a) Les Indiens avaient Igurs Apsara^ ou Grâces ; les
324 l'IV^ II. LA HÉNOYATION.
aux autres dëesses. un air sombre , aux dieux un air inquiet et troublé....
On la voil ensuite habiter la terre. Les mor* teb, dans ses bras, paraissent des dieux : on distingue le bel Adonis. Vénus,. les. cheyeux épars , poursuit à ses côtés les bêtes féroces. Ses pieds délicats revêtent le brodequin , et les Amours lui prêtent leurs carquois et leurs flèches. On la prend alors pour Diane ; et Diane, qui gagne au parallèle , se cache dans Fombre des forêts.
On la voit enfin aux enfers , présentant la fille de Cérès au roi du ténébreux empire : mais rhorreur de ces lieux semble adoucie par sa présence. Pour la première fois , le farouche Pluton sourit , les Mégères éteignent leurs flambeaux, et celui de T Amour, éclairant ces gouffres épouvantables , laisse apercevoir les Grâces à côté des Furies ; des bosquets de myrtes sur des goufires brûlans , et le trône du plaisir au milieu du Tartare.
Ainsi les élémens , la nature entière , la
MYTHOLOGIE COMPARÉE
Athéniens n^en connaissaient que àeux^Anxo exHégé*moncm
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CULTE APHRODISIAQUS. 325
terre y les mers, le ciel^ les enfers , tout obéit à Vénus.
Je suis arrivé le jour destiné à célébrer les fêtes : les mères amènent alors dans le temple leurs enfans. Le sort décide du choix de la déesse. On ne les reçoit qu-à l'âge de quinze ans, et l'on choisit, pour cette cérémonie, le temps de la naissance <les roses. Ainsi l'on unit au printemps de FaHinée leprintemps de la vie ; temps heureux où Taurore des plaisirs vient colorer de ses premiers feux notre existence , et nous révèle tous ses charmes , en dissipant la nuit dont Tenveloppait Tignorance.
Peindrai - je les mères parant leurs filleé avec une tendre inquiétude , et l'embarras timide et expressif des jeunes filles ? Déjà les hiérophantes ont donné le signal de la cérémonie sacrée. Les enfans des deux sexes, par* tagés . en deux chœurs , sont couronnés de myrtes* L'éclat de leur teint , qu'une pudeur ingénue colore , le dispute à celui des fleurs. Là , des cheveux blonds roulent et se déploient en ondes sur des épaules charmantes. Ici » les tresses flottantes d'une noire chevelure font ressortir l'albâtre d'un cou ravissant. La, c'est
326 UV. n, lA RÉNOVATIOK.
la grâce; plus loin, la majesté, CéUe-cl, à Fœil étincelant, à la démarche de Bacchante, semble appeler le plaisir ; celle-là, craintive et timide , Toeil demi-voilé de larmes , promet une lente Tolupté. L'autre , plus farouche et sauvage, annonce qu^elle luttera contre son vainqueur, et lui assure tous les plaisirs de la résistance.
Les jeunes gens accourus à ces fêtes (a) , ivres de désirs, contemplent d'un regard avide
MTTBOLOGIE COMPARÉE.
(a) La débauche introduite dans les temples âait devenue à peu pfàs un acte de foi d«nsle culte 4e plusieurs diyinitës. Bacchus , Saturne , Adoi^^ f P^ ? Flora, Priape et Vénus étaient servis d'une manière très-irrégulière pQur les mœurs (i).
Le christianisme n'a rien changé à ces usages ; il se fait encore dans les églises des parties de plaisir, des déclarations d^amour , des intrigues ; on s^ donne des rendezvous peu honnêtes; U dévotion des pMerinages, les nen-* vaines, etc*, furent dues très-souvent; k toute autre chose qu'à la religion (2).
AUTORITÉS, (i) Vid. OutelL et Atios de festis Grœc, In Thesmoph Muliebre pudendum colebatur. — (2). Cérém, et coutumes relig.t, lipg-
CULTE aphrodisiaque: 527
et enflammé ce cercle de beautés , et marquent de Toeil celle qui sera leur proie. Les jeunes Nymphes jettent sur eux un regard furtif , mais concerté.
Sans doute , en ce moment les dieux leur sourient arec complaisance : le plus bel ouvrage des dieux, c^est la jeunesse et la beauté.
Je n^ai pas vu le temple d^Idalie , mais voici ce que me disait le descendant de Cynii*as :
« Le palais de Vénus, ouvrage de Vulcain (i), sMlève à Idalie ; le dieu le construisit dans les premiers transports de son amour, lorsqu*il reçut la déesse des mains de Jupiter. Le palais est sur un mont escarpé , inaccessible La rigueur des hivers , Tardeur brûlante des étés ne se fait jamais sentir sur la cime. Les orages craignent d'en approcher ; un printemps perpétuel y règne ; une plaîne spacieuse en occupe le sommet ; une muraille d'or Fenvîronne et en interdit l'entrée ; des fleurs étemelles y croissent sans culture , et connaissent seulement la douce haleine des zéphyrs.
(1) ClaudUn. Traduct de Mirab.
» Les arbres y sont sensibles à ramour; ils aiment et sont aimés : le palmier se baisse sur sa compagne ; le peuplier soupire pour le peuplier , le plane pour le plane , et Taune répond au doux murmure- de l'aune. Là, coulent deux fontaines; l'une est doiicè , et l'autre communique même au miel l'amertume de ses eaux. C'est, dit-on, dans leurs ondes que Gupidon trempe ses flèches : mille petits Amours, le carquois sur l'épaule, jouent sur leurs bords; ils sont frères et se ressemblent; les Nymphes leur ont donné le jour. -
» Vénus reconnaît seulement Cupidon pour son fils : c'est lui qui gouverne l'époux de Junon avec la houlette de Vénus ; c'est lui qui , l'arc à la main , se fait obéir des dieux , du ciel et des astres ; c'est lui qui perce de ses traits les maîtres du monde.
» Dans ce beau lieu habitent la licence sans contrainte , la colère des amans , si facile à apaiser , les veilles égayées pjir le \in , le sommeil acheté par les plaisirs , les larmes qui n'ont point encore appris à couler, la pâleur touchante des amans, l'audace chancelante dans un premier combat , les craintes douces et chères , et la volupté timide. Les parjures
CULTE APimOBiSIAQÙB. 829
voltigent sur leurs ailes légères , et la jeunesse altière et folâtre interdit à la vieillesse Tenti-éc du bocage. »
Pendant que le descendant de Cyniras '(i) me parlait, je considérais trois statues de Vénus. La première représente Vénus céleste , ouUranie ; la seconde, Vénus populaire , où Pandémos ; et la troisième , Vénus préservatrice.
La Vénus populaire, ou Pandémos, est figurée par une femme assise sur un bouc (a) : elle est Fouvrage du célèbre Scopas , et adorée parles courtisanes.
Vénus pudique (i) a pour symbole une tortue. Le plus souvent elle tient la pomme de la beauté ; l'Amour est à ses côtés. Le myrte et la rose lui sont consacrés , ornent sa tête , ou croissent sur ses pas. Son char est attelé par
REMARQUES
(à) On voyait cette statue a Elis. Vénus Pandémàs avait un temple a Athènes.
[h) Telle est la Venus de la Villa-Borghcse.
AUTORITÉS
(i) Pctusan, Bœoi,
33o LIV. II. LA. RENOVATION.
des zéphyrs , des cygnes , des moineaux, des papillons ou des colombes (a).
Il me dit alors :
« En géfiéral , le culte de TAmour rappelle celui du sentiment ; le culte de Yénu« , celui de la Yoluptë. L^amour est ce feu céleste épuré , rame du monde et de la matière : Vénus , fille de Tonde et d'une écume impure (^), préside, à Tunion des corps.
» Si Ton orne Vénus Ilranie des vertus des femmes honnêtes, on distingue Pandémo&par les qualités des courtisanes, les miroirs, la toilette , les parfums : bien éloignée de la prude
REMARQUES
(a) Voyez la dissertation du professeur Heync, sur les différentes manières de reprësenter Venus dans les ouvrages 4e Part, t. i , p. 19 du Recueil de pièces intéressantes concernant l'antiquité et les beaux-arts.
(&) On a observé (i) que Racine, lepoëte qui connaissait le mieux l'antiquité , place le nom de Yénus dans la bouche de Phèdre , et le nom de l'Amour dans celle d'Hippolyte et d^Aricie.
L'Amour physique prend le nom de Cupidon.
AUTORITÉ
(i) Trad* des Amours d^jÊbreeome et d'Ântia , note-, P' 49-
CUtTE APHRODISIAQUE. 33l
Pallas y qui se baigne et ne se parfume pas ( i) , Vénus aime les parfums.
» Le culte de Vénus Pandémos est général ; il l'emporte même sur celui de Yénu^ Uranie, On invoque Vénus Ptnibasia (à). C'est à l'art de yarier tous les mouYornens de la Tohipté, à la souplesse de ses cuisses et de ses reins , que cette épithète est consacrée.
» Tout ce qui a rapport à la passion physique de Tamour , dépend absolument de Vénus- C'est ce qui fait attribuer à la Tengeance de cette déesse la fureur utérine , qui porte certaines femmes à des excès incroyables , et le priapisme qui occasionne ceux de quelques hommes.
» Le lis est odieux à Vénus , parce qu'il lui dispute de beauté : ce fut pour s'en venger qu'elle fit croître , au milieu de ses pétales , le membre de l'âne. D'autres appellent cette fleur les délices de Vénus.
REMARQUE
(a) G'est-K-dire Remueuse, Divaricatrix.
AUTORITE
(i) Mirab.
» La prédilection de Venus pour les colombes vient de leur tendresse , de leur aptitude au plaisir, de leur singulière fécondité,
et de la volupté de leurs caresses Sapho,
qui se connaissait en amour , a mieux aimé faire servir la déesse de la beauté par des moineaux
» Le miroir , et tout ce qui a trait à la toilette , est au nombre de ses attributs ; les courtisanes lui offrent aussi les instrumens de leur profession (a). Je remarquai alors diflFérentes offrandes appendues avec des inscriptions , et je lus : Bitinise consacre à Vénus Urémie (i) une chaussure charmante; Philœhis^ une coiffure élégante ; Anticléa , uri éçentail; la belle HéracléCy un poile comparable pour la finesse à une toile dArachné ; et Aristotélia , un serpent et or qui lui embrassait le pied. Quelques femmes lui dédient des cheveux postiches , et des bandes pour re-
REMARQUE
(a) Instrumens que Ton reconnaîtra sans les nommer , quand j'aurai dit qu'ils étaient jadis k Tusage privé des religieuses.
AUTORITÉ
(i) Epigramme d'Anttpater de Sidon.
tenir le sein. Ces offrandes ne sont pas communes ; il y a peu d^ amour-propre à les consacrer.... »
Je rencontrai Chariclès et Callicratîdès; nous visitâmes ensemble le temple de Vénus a Paphos; Chariclès et moi, avec une joyeuse dévotion : Callicratidès , assez indifférent pour des charmes féminins, aurait, je crois, préféré le Cupidon de Thespis à la Yénus de Paphos.
On sent, on reconnaît, en approchant du temple , Tinfluence de Vénus (a). L'air est parfumé , le vestibule du temple n'est point formé de marbre superbe et stérile; mais, comme il convient au temple de Vénus , enrichi des fruits les plus doux. Là , s'étend une longue avenue , dont le feuillage vert présente un doux et voluptueux abri; là, croissent des forêts de myrtes , dont les tiges amoureuses semblent se multiplier pour leur déesse.
HEMARQUE.
(a) Tout xe morceau est traduit littéralement de Lucien.
334 hl\. II. LA HÉNOVAfîO]!^.
Ces berceaux naissans sont déjà épais ; le^ arbres les plitô élégans mêlent kur feuillage au leur. La vieillesse ne flétrit point leur tête chenue ; ils semblent puiser dans ce lieu une nouvelle vigueui' , et s^embellissent de jeunes raoïeaux. Le goût avait aussi planté ces arbres ^ dont le port majestueux fait oublier la stérilité, le cyprès pyramidal , le platane à Tombrage étendu, et le laurier, transfuge de Venus ^ ici ramené dans son empire. Autour de ces arbres serpentait entrelacé le lierre amoureux , ou pendait Ik vigiie chargée dé grappes fé-^ coudes. Rn effet , Yéhus est embellie par son commercé avec Bacchus* Le divorce de ces deux divinités est triste.
On avait disposé, d'espacé en espace, dans ces bois délicieux, des retraites char-* manies « destinées aux repas bu à de plus doux usages. Le peuple s^i^cnd^it ^u foUle, et y sacrifiait à Yénus.
Après nous être égarés sous ces doux ombrages, nous aiTivâmes au temple. Au milieu s'élève, en marbre de Paros, une merveille admirable. On reconnaît Vénus à son sourire gracieux. L'ûeil contemple et dévore tous ces charmes sans voiles ; elle est entièrement nue ;
seulement , oubliant son caractère , elk abaisse une main pudique sur le sanctuaire des plaî<* sirs.
L'art a imite la nature : laduretë du marbre semble avoir cédé au ciseau ; il a la transparence et la mollesse des chairs. Alors Chariclès , hors de lui ^ délirant : « Mars , ô le plus heareux des dieux , d^avoir subi pour elle ^ avec elle , de douces chaînes ! » Et se précipitant ayssitôt^ le cou tendu, la bouche dévo^ rante et enflammée , il lui imprimait le baiser le plus passionné*
Callicratidès restait muet et interdit. Le sanctuaire est partagé en deux parties , et Ton peut passer dans la dernière , pour admirer , sous tous les aspects ^ les beautés de la déesse. Il nous convenait de la connaître tout entière ; nous passons dans le fond du sanctuaire.
Introduits par la prétresse, nous fûmes éblouis par tant de eharmes. Ce Grec, tout à rheure muet , à Taspect de ces charmes socratiques, s'écrie encore avec plus de feu que Charidcs : « Que Ce dos est délicieux ! quels contours ! comme la main embrasse Téminence adoucie qui se prolonge sur ses côtés!
que ces deux monts sont arrondis savamment !
336 LIV. II. liA HÉNOVATIOlf.
leur légèreté n^approche point de la maigreur^ et leur saillie prononcée n^a point trop d'étendue. Qui pourrait exprimer le charme de ces formes , le doux sourire de cette chute de reins ! Quelle harmonie de proportions ! comme cette cuisse arrondie, comme cette jambe élégante, comme ce pied charmant s'enchaînent Fun à l'autre ! Tel est , sans doute , Ganyniède, lorsqu'il yerse à Jupiter le nectar qui lui semble plus doux ! A sa place , je ne le recevrais pas de la main d'Hébé. »
Au moment que Callicratidès prononçait ces mots avec inspiration et comme rempli de la divinité, Chariclès , troublé, sembla éprouver une légère convulsion ; ses yeux humides et chargés d'une légère expression de douleur, se fermèrent à demi. *
Lorsque nous eûmes satisfait notre admiration, nous remarquâmes, en examinant de plus près , une tache sur une autre partie de la cuisse, et que faisait ressortir davantage la blancheur générale du marbre. Je la regardai d'abord comme un de ces accidents qui se rencontrent souvent dans la formation de la pierre ; et croyant que cette tache avait été ainsi formée , j'admirais d'autant plus l'art de
CULTE APÛRODISIAQTJE. 33^
Praxitèle , qui avait caché ce défaut dans Tintérieur des parties où il devait être le moins • apparent.
Mais la prétresse nous raconta, à ce sujet ; une histoire qui doit paraître incroyable. « Un jeune homme d'une famille illustre ( l'aventure oblige de cacher son nom ) avait coutume de venir souvent au temple. Son mauvais génie le rendit amoureux de la déesse ; et, comme il passait les jours entiers dans le temple , on admira d'abord sa piété profonde. En effet, il devançait Faurore pour s'y rendre , et le soir, lorsqu'il fallait se retirer , il accusait la rapidité de la course du soleil. On le voyait tous les jours, assis devant là déesse , fixer éternellement sur elle des yeux enflammés ; ilparlaitseulettoutbas. Les mots qui lui échappaient , étaient des plaintes amou* reuses. Quelquefois , pour charmer l'ennui de sa passion , il s'adressait à la déesse, prenait . quatre dés , et cherchait un augure favorable dans les chances que le jeu amçnait. Lorsque le dé était heureux , il l'adorait, et la remerciait d'avance du succès de ses vœux. Si le jet était malencontreux, désolé de l'oracle, il s'emportait en imprécations, il souhaitait mille «
338 MV. II. LA KBKOVATIOïr.
màllieurs à la ville , comme un furieux qui a tout perdu; et bientôt, reprenant les dés, il réparait et corrigeait son infortune p^ ua coup plus heureux.
» Cependant sa passion s'irritant de plus en plus , il couvrait de ses expressions et lea murs et les arbres ; toutes leui^ écorces redisaient; Que Vénus e&t belle ! Praxitèle lui paraissait aussi puissant que Jupiter, et tout ce quU avait de cher et de précieux , il Tapporlait en don aux pieds de la déesse.
» Enfin , son idolâtrie devint du délire , et on trouva les traces trop matérielles du dernier degré de transport amoureux. Au couchant •du soleil, il se glissa> sans être aperçu, dans le temple , et se cacha derrière la porte. Il se tapit et retient soa souffte ; le soir Us gardiens du temple tirent et ferment la porte , selon Tusage. Voilà ce nouvel Ânchise enfermé avec Tobjet de ses vœux:
» Comment vous expriiîier ks mystères audacieux que les ténèbres de la nuit voilèrent ? On découvrit le lendemain ces indices outrageux d'un insolite hyménée; une tache accuse sa victoire sur la déesse. Ce jeune homme disparut, et Ton croit qu'il fut
CtTCTE APHRODiSïAQtm. âSg
précipité d'un rocher dam lèè flôfe dé là n^i. >i — «p femnïèrs! s^êérîe dors Clïârîclès, femmes ! voire image ^ lorsqu'elle u'erabelïît qu'iift ôiarbrè matainté, yersé ënfèore dans les éteùts les llammes de ramùrfr f O licfax ! si yam ai^hnîes imë pareïlle statue', qui hé doMferËÎl, ^ur une de ses nûitts^ io\xs les sceptre^ d*' Jûjfïiter j »