‹ Fêtes et courtisanes de la Grèce (volume 3)Chapitre 72 sur 101 · SYMBOLE DE» AMOURS · texte numérisé non relu

SYMBOLE DE» AMOURS

Je crois au dieu^ ffo^^ fait aimei^ ; Je crois à sa totité-puifisante.

Je consens à le proclamer Principe de toute existence , Vainqueur de rhorribk chao^, Oiîi dormak jadis 1» nature ; Réparateur de tous les maux Dont on souffre iei^basFinjuf^

Je croîs k la belle Vénus , '

A sa merveilleuse ceinture , A la victoire , toujours sûre , De ses charmes voiles ou nus.

. Je crois à Fenfer des parjures , ^ Au purgatoire des jaloux , Au paradis des âmes pures.

Je crois au bonheur des époux ; Je crois aux loyales tendresses , A la sainteté des promesses , A Fimportance des faveurs , Au doux langage des caresses , Au langage plus doux des cœurs.

( La Prétresse Qà quérir de F eau préparée dans un case de Qermeil; elle en verse sur les^mains*du Prêtre, ]

LE PRÊTRE

Amour, je laverai mes mains ' A la fontaine dHnhocence , Pour entrer avec confiance Dans tes tabernacles divins ; £t pour oser toucher sans crime L^ofiraiide que je dois placer sur ton autel, Les pains du sacrifice , et la tendre victime Qui du saint coutelas attend le coup mortel. J'ai de tout temps chéri le sanctuaire Où tu te plais , d'oilii partent tous tes feux. Encor porté dans les bras de ma mère , Avec plaisir je m'appuyais sur eux.

CULTE APHmODISIAQUE 353

£t j'attacbais un oeil reKgieUz Sur les appas qu^idolâtrait mon père.

Il est de vils profajiateurs Qui y méprisant tes lois et tes cérémonies ,

Emportent d'assaut les faveurs ; Pressent un sein tremblant de leurs lèvres haïes , S'indigneraient d'attendre et de solliciter , £t pillent des trésors qu'il faudrait mériter.

Ta vengeance leur est promise ; .

Mais que ton œil me juge , et ne confonde pas Ma religieuse entreprise Avec leurs lâches attentats.

Un jour, un jour quelque vulgaire amante , Une furie , un monstre , ou même une Laïs , Punira ces forfaits , leur rendra, ce mépris , £t leur fera porter une chaîne accablante. On les verra trembler , presser, prier, gémir; Les bourses pleines d'or, les présens magnifiques

Brilleront dans leurs mains iniques ; Mais ils s'appauvriront pour ne rien obtenir.

Je viens à, toi, d'un cœur simple et timide, OijI Taudace et l'orgueil ne trouvent point d^accis. Je viens comme un enfant que l'innocence guide , Qui veut , parmi les tiens , te bénir à jamais , £t non comme un profane insolemment avide.

Demandez , 6 mortels ! qu'on dit nés pour soufirir , Le pouvoir et le temps, et l'esprit de jouir.

( // passe un bras autour âe la Prétresse, ei ditj en la sonleoant un peu* )

Reçois, Amour, cette oblation pure.; Reçois-la comme enfant , en mémoire des pleur» Qu'en certain jour te causa la piqûre D'un monstre aile , nourri du suc des fleurs. Laisse-nous , comme Dieu , te l'offrir en mémoiro

D'un plus beau jour , de ce jour glorieux . Où tu rentras dans les palais des dieux , Accompagné du prix de ta victoire Sur la déesse , habitante des bois , De qui l'orgueil osait braver tes lois, • Amour , nous te l'offrons encore En mémoire des feux dont Vénus a brûlé ^

Du charme qui fait qu'on l'adore , Du lait qui de son sein dans ta bouche a coulé.

( Il se tourne du côtédupmiplç, )

O mes frères , priez que ce doux sacrifice A nos timides vœux rende l'Amour propice !

LA PRÊTRESSE

Veuillent sa mère et lui l'accepter de vos mains

Pour leur gloire, pour vous, et pour tous les humains}

Cyprine, Dioné, Cjthérée, Aphrodise', Sous quelque nom chéri qu'il faille t'implorer , Jusqu'au dernier soupir fais -nous persévérer Dans les purs senJÛmens de l'amoureuse Eglise.

CULTB APHRODISIAQUE. , 255

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