CHOEURS DES LACEDEMONIENS
« Y ayant , ès fêtes solennelles et publiques, toujours trois danses : celle des Vieillards commençant disait:
Nous avons déjà jadis Jeunes, vaillans et hardis.
)> Celle des hommes suivait après , qui disait:
Nous le sommes maintenant;
A l’épreuve à tout venant.
AUTORITÉS
(i) Athen. /. xiv. Pol/ux, l. IV, c. xiv. — (2) Hesych. — (3; PotluX.
» La troisième des enfans venait après , qui disait :
Et nous un jour le serons ,
Oui bien vous surpasserons (i). »
La Lionne (2).
Danse terrible, comme l’indique assez son nom. Athénée en fait une danse ridicule (3).
Mongas (4)- Caractère furieux.
Podismos (5).
La poursuite.
Poiphygma (6).
Cette danse paraît avoir été inventée pour inspirer la terreur.
Polemikè.
Combat aux sons de la flûte.
AUTORITÉS
(i) Plut, traduct. d' Arnyot. — (2) Pollux. — (3) Athen. I. Xiv — (4) Idem, ibid. — (5) Pollux. — (fi) Hesych. — (7) Pollux. Athen. Eusthat. ad lliad. I. xxi.
PrjUs (i).
Quelques uns la confondent avec la Pyrrhique.
Pyr riche (2).
Nous en avons donne ci-dessus les divers caractères.
Skiphismos (3).
T oyez ci-après Xiphismos.
Télésias (4).
Ainsi appellée du nom de son inventeur.
Termaystris (5).
Danse furieuse : Les acteurs , les bras nus jusqu’aux épaules, agitaient de grandes épées et des haches , au son de la flûte. Il ne faut point confondre cette danse avec la Kubistese ou le Xiphismos. Dans la Thermaystris , les danseurs tenaient long-temps la tète baissée, formaient divers gestes lascifs, roulaient
AUTORITÉS
(1) Callim. Ilymn. ad Jov. Hesych. — (l) Suid. Hesych. Pollux. Allie ri. Plat, de Lcg. — (3) Hesych. — (4) Athen. Pollux. — (5 ) Atlicn. I. xiv. Pollux , l. iv, c. xiv. Apul. Miles, vhi. Lucian. de Sait. Eusthat. ad Odyss. I. viii.
en cercles leurs cheveux pendans, se mordaient quelquefois les muscles, et finissaient par se déchirer eux-mémes les bras avec le fer dont ils étaient armés.
Thrakios (x).
LaThrace, danse guerrière.
Xiphisma (2) , ou Xiphismos.
Les danseurs tenaient à la main des glaives nus : de là le nom de cette danse.
( 1) Allien. I. xiv. Xennph. de Cyn ' Exped. I. VI. — (2 'jPollux, l. iv. Allien. I. xiv. Hesych. Suid.
SECTION IY.
Usitées chez quelques peuples , ou dans certaines circonstances , par les différentes classes de citoyens , ou par les mimes , dans les festins et les fêtes particulières. Ils répétaient , dans ces dernières , une partie des Danses dramatiques.
Outre les fêtes publiques qui mettaient quelque variété dans leur manière simple de vivre , les événemens particuliers de chaque famille fournissaient encore aux Grecs , de temps en temps , des occasions de plaisir. A l’anniversaire de la naissance d un père, au mariage d’un fds, à l’arrivée d’un étranger, on. préparait des festins , on exécutait des concerts , on formait des danses. L’amilié, la tendresse , l’hospitalité concouraient ensemble pour ranimer la joie et entretenir le plaisir.
Dans les premiers temps , chaque famille fournit elle -même les acteurs de ces fêtes
DANSES GRECQUES , etc. 337
particulières ; ensuite le luxe lit imaginer de jouir de ces amusemens avec plus d’agrémens et moins d’embarras. On trouva des gens exercés qui jouaient de divers instrumens , d’autres qui chantaient et dansaient pendantet après les festins.
Tandis que le vin et la bonne chère excitaient et flattaient le goût des convives, la danse et la musique occupaient agréablement les autres sens.
Cependant les amusemens étrangers qu’ils appelèrent à leurs festins , n’excluaient point les danses de famille. Ces assemblées où l’on dansait pour le seul plaisir de cet exercice , furent toujours en usage parmi eux : Socrate lui-mëme tenait à honneur d’y exécuter les danses qu’il avait apprises de la belle Aspasie.
Les danses particulières aux noces et aux festins s’exécutaient ordinairement au son de la flûte. On faisait venir des danseurs et des musiciens pour amuser les convives, qui souvent se confondaient avec les premiers, quand les vapeurs du vin commençaient à échauffer l’imagination.
\oici la description d’une de ces danses, telle que Xénophon nous l’a laissée :
« Dès qu’on eut desservi , les libations faites , l’hymne chanté, entre un Syracusain avec une joueuse de flûte , belle et bien faite, une danseuse exercée aux sauts périlleux , et un adolescent qui dansait et jouait de la lyre parfaitement La danseuse avance dans la
salle du festin au son de la flûte ; on lui donne douze cerceaux ( a ) ; elle les prend ; se met à danser, les jette en l’air avec tant de justesse que leur chute marquait la mesure en retombant dans sa main On apporte ensuite un
grand cercle garni d’épées , la pointe en dedans, au milieu duquel la danseuse exécute plusieurs sauts , ce qui ne causa pas moins d’étonnement que d’effroi aux spectateurs qui craignaient de la voir blessée ; mais elle s’en tira avec son adresse accoutumée , et ne se fit aucun mal. . . L’adolescent se mit à danser ; ses gestes, ses mouvemcns le font paraître encore plus aimable aux convives.
» Un parasite qui était du repas, se lève de sa place, fait quelques tours dans la salle, et veut imiter les mouvemcns de l’adolescent et
(a) Trochous.
REMARQUE
DANSES PARTICULIÈRES. 33g
de la danseuse ; mais d’abord il s’y prend de telle manière que tous ses gestes paraissent extrêmement ridicules. La danseuse renversée faisait la roue en rapprochant sa tête de ses talons : le bouffon qui veut l’imiter , se plie en devant, et fait la roue dans cette position. On avait couvert l’adolescent d’applaudissemens , parce qu’il donnait en dansant de l’action à tout son corps ; le bouffon demande un air plus gai à la joueuse de flûte, et se met à remuer en même temps les bras , les pieds et la tête , jusqu’à ce que, n’en pouvant plus, il tombe sur un lit.
On apporte un siège au milieu de la salle; « Citoyens, dit le Syracusain élevé, voici » Ariane qui va entrer dans sa chambre nup- » tiale ; Bacchus , qui a fait un peu la dé- « bauche avec les dieux, viendra la trouver, » et tous deux se plongeront dans l’ivresse de « la volupté. » Ariane , parée de tous les ornemens d’une jeune épouse au jour de l’hyménée, entre dans la salle et se repose sur le siège. Bacchus vient ensuite, annoncé par les airs consacrés aux fêtes de ce dieu ; c’est alors qu’on admire tout le talent du Syracusain, A cette symphonie , Ariane fait connaître par ses
3'4û DANSES GRECQUES,
gestes combien elle est charmée de l’entendre mais elle se gai'de bien d’aller au-devant de Fépoux ; elle ne quitte pas même sa position ; quoiqu’on remarque toute la peine qu’elle éprouve à se contenir. Bacchus l’aperçoit , s’avance vers elle avec des mouvemens passionnés , etc. »
Les noces , les festins , la moisson, la vendange étaient célébrés par des danses qui empruntaient les caractères particuliers de chacune de ces fêtes.
Longus, dans ses Pastorales (i), nous a laisse l’agréable description de la danse des vendanges. Yoici comme il s’exprime : « Dry as » se lève ; il commande qu’on lui joue un air » bachique : il exécute la danse du pressoir , » imitantsuccessivement les vendangeurs, ceux » qui portent la hotte , ceux qui foulent les » raisins , ceux qui emplissent les tonneaux, et » ceux qui boivent le vin doux. Les mouvc- » mens du danseur exprimenttoutesces choses » avec tant d’art , que l’on croit effectivement
AUTORITÉ
fi) Lopg . /. Il , fin.
DANSES PARTICULIÈRES. 3/j. I
» voir des vignes , un pressoir , des tonneaux ; » on croit même queDry as boit véritablement.»
Philostrate (i), dans ses Tableaux, décrivant celui qui représentait Pyrrhus et les Mysiens , parle d’une danse de vendangeurs.
Si un homme bien né pouvait, sans nuire à sa réputation , partager les plaisirs des danses les plus bouffonnes , il en laissait tout l’honneur aux danseurs de profession que l’on salariait : il se fut déshonoré s’il eût voulu rivaliser avec eux. Cependant il arrivait assez souvent qu’échauffé par la vapeur du vin, on se livrait à ces exercices peu convenables, et que les Grecs issus des familles les plus distinguées , se mêlaient aux danseurs et grossissaient leur troupe.
Hérodote raconte l’histoire d’un jeune Athénien, fds de parens illustres , qui, par une indiscrétion semblable , manqua un mariage très-avantageux. Clisthène, tyran de Sicyone, se propose de marier sa fille Agariste au plus brave des Grecs; un héraut publie aux jeux
AUTORITÉ
(i) Phil.jun. icon. x.
Olympiques, que tous ceux qui aspirent à la main d’Agariste , aient à se rendre à Sicyone dans soixante jours ou meme plus tôt, que ce prince donnerait sa fille , un an après les soixante jours expirés, à celui qu’il en jugerait le plus digne.
Tous les Grecs de distinction qui pouvaient aspirer à cette alliance se rendent à Sicyone, où Clisthène leur a fait préparer un stade et une palestre pour s’y exercer. Dans le nombre des aspirans vinrent deux Athéniens, Mégaclès(a) et Ilippoclide (ô); ce dernier le plus riche et le plus bel adolescent d’Athènes.
Arrivés tous au temps prescrit, Clisthène s’informe de leur pays et de leur naissance , les retient près de lui pendant un an, éprouve leur courage, leur vivacité .leurs connaissances , leurs moeurs , entretient chacun d’eux en particulier, tantôt les réunit tous ensemble, conduit lui-même les plus jeunes aux lieux d exercice, poury être témoin de leur adresse.
REMARQUES
(a) Fils d’Alcméon.
(&) Fils de Tysandre.
DANSES PARTICULIÈRES. 3/fO
Il les éprouvé surtout dansles festins en les traitant magnifiquement pendant le séjour qu’ils font près de lui. Parmi les aspirans, les Athéniens sont ceux qu’il distingue le plus, et surtout Hippoclidc, dont il admire le coimage et les ancêtres issus des Cypsèles de Corinthe.
Le jour arrivé, où Clisthène devait nommer l’époux de sa fille , il fait immoler cent hœufs , et donne un festin magnifique aux aspirans et à tous lesSicyoniens. A la fin du repas, grande dissertation entre les rivaux sur la musique et sur tout autre objet. On continue à boire. Hippoclide qui fixait déjà les regards de toute l’assemblée, demande un air grave, sur lequel il danse YEmmëlie : il est très-satisfait de luimême ; mais il commence à perdre beaucoup dans l’opinion de Clisthène. Après un instant de repos, Hippoclidc se fait apporter une table sur laquelle il exécute les danses lacédémoniennes d’abord, ensuite les athéniennes ; enfin appuyant sa tête sur la table, les pieds en haut, il fait avec ses jambes les mêmes exercices qu’il venait de faire avec ses bras («). A la première
REMARQUE
(fl) Toisi skclcsi écheironomése.
et à la seconde danse , Clisthène avait dissimulé, mais ne pouvant se contenir davantage : « Fils de Tysandre, lu as manqué la mesure et ton mariage («) ; » à quoi Hippoclide : « Je m’en soucie peu (b) : » expression qui devint proverbe dans la suite.
NOMENCLATURE
Aletère (i).
Danse des Sicyoniens etdeshabitans d’Ithaque. Alôpex .
Danse du renard (2).
Alphitôn ekkusis (5).
La farine renversée : danse ridicule.
TJ Angélique.
Ainsi nommée, parce que l’artiste qui l’exécutait paraissait en habit de courrier (4).
REMARQUES
(«) Apôrchêsao Ion gamon.
(b) Ou phrontis Hippokleidê.
(1) Allien. 1. xiv.— (2) Hesych. — (3) Athen. — (4) Hesyc/i. A/hen. L xiv. Pollux , l. iv, c. xiv.
Anthema (i),
Danse populaire dont le chant commence ainsi :
Où est Tache , où sont les roses ? etc.
Apokrisis (2).
La séparation.
Aposkelesis (3).
Danse enfantine.
Barjllica (4)-
Inventée par Baryllicus.
Baukismos (5).
Inventée par Baukus.
Bibasis (6).
Danse laconique ; exercices et prix proposés aux deux sexes . Il fallait sauter un nombre de fois déterminé en se frappant le derrière du talon.
AUTORITÉS
(1) Athen. — (2) Hesych. — (3) Idem. — (4) Pollux. —
(5) Idem. Etymol. aut. Scol. Aristoph. Equit. Hesych. —
(6) Pollux.
3/f6 DANSES GRECQUES*
Briskismata (i).
Danse phrygienne.
By llichai (2).
Danse lacédémonienne.