‹ Fêtes et courtisanes de la GrèceChapitre 14 sur 68 · L1V. III. L’EXALTATION · texte numérisé non relu

L1V. III. L’EXALTATION

puisque la fille d’Archidamus, la sœur d’Agis et d’Agésilas, Cynisca , remporta le prix de la course des chars, ainsi qu’Eurylionis deSparte, et Bélistique. La prêtresse de Gérés et les jeunes vierges obtiennent dans ces jeux une place distinguée ; ce qui semble impliquer contradiction, et avec la loi, et avec les mœurs des Grecs , chez qui les femmes sont assujéties aux lois d’une pudeur sévère (i). »

Pendant qu’ils causaient , un bibliopole vint leur offrir un rouleau qui avait pour titre le Guide des voyageurs en Elidé : c’est une nomenclature assez insipide , mais nécessaire à ceux qui veulent connaître les trésors de cette terre classique.

§ ïï.

MONUMENS DE l’ÉLIDE.

Près du bois sacré , dans l’Altis , on admire le temple et la statue de Jupiter : le temple est l’ouvrage de Libon ; la statue , celui de Phidias. Sous la voûte est suspendue une Victoire de bronze doré , qui soutient un

AUTORITÉ

(i yPausan. Elid.

bouclier d’or , sur lequel est sculptée la tête de la Gorgone.

Dans le tympan du fronton , l’artiste a représenté le combat de Pélops et d’Œnomaüs. Jupiter occupe le centre : à sa droite est (Enornaüs , coiffé d’un casque , et près de lui une des filles d’Atlas , Stérope. Le cocher Myrtile tient les rênes du char traîné par quatre chevaux. On admire , au centre du fronton opposé, le combat des Centaures et des Lapithes , qui troublent les noces de Pirithoüs : Eurythion enlève la nouvelle épouse ; Thésée venge son ami par le carnage des Centaures : dans ce tumulte , l’un viole une jeune vierge , et l’autre un beau garçon.

Dans le temple, on a représenté les travaux d’Hercule. Ici, il combat contre les Amazones, et Thésée le suit : là il combat le lion de Némée ; plus loin, il délivre Promélhée , attaché sur le Caucase.

Achille soutient Penthésilée mourant ; Ajax viole Cassandre : deux Hespérides apportent des pommes d’or. Voici la Grèce, et la ville de Salamine représentée sous la figure d’une femme qui s’appuie sur la poupe d’un vaisseau. On doit ces peintures au frère de Phidias , à

124 liv. m- l’exaltation.

Panénus. Mais tout cède à l’éclat de la statue de Jupiter ; elle est d’or et d’ivoire : le dieu est assis sur un trône : il porte une couronne d’olivier ; sa main droite supporte une Victoire de memes matières ; sa main gauche est armée d’un sceptre composé du mélange de tous les métaux, et surmonlé d’un aigle. Son manteau est, comme celui de la Nature, parsemé de fleurs, de fruits et d’animaux. Au milieu de l’éclat de l’or dont son trône étincelle, on re* marque l’opposition de l’ivoire et de l’ébène dont il est formé. Aux quatre extrémités, quatre Victoires dansent, les mains entrelacées. Deux autres sont aux pieds de Jupiter.

Les supports du trône sont des Sphynx , qui arrachent de tendres enfans du sein de leur mère. Au-dessous, Apollon et Diane percent de flèches les enfans de Niobé.

Ici, vous remarquez le nombre mystérieux desept figures. Ce jeune adolescent, que l’on reconnaît à la bandelette qui ceint ses cheveux , est le beau Pantarcès , chéri de Phidias , et qui remporta le prix de la lutte (a).

REMARQUE

(a) Dans la quatre-vingt-sixième olympiade.

Sur la tête du dieu , planent les Grâces et les Saisons. Les bas-reliefs du stylobàte représentent le Soleil sur son char, Jupiter et Junon : près de Jupiter, une des Grâces, suivie de Mercure , qui précède Vesta. Yénus parait sortir du sein de l’onde ; l’Amour l’accueille, et Pytho la couronne. Voici Apollon et Diane , Hercule et Minerve , Neptune et Amphitrite. La Lune court sur un mulet (a).

Au-dessous de la statue , s’étend un bassin pavé de marbre noir , et dont les bords sont de marbre de Paros.

On rencontre, à l’entrée du temple, des chevaux de bronze, mais plus petits que nature, consacrés par Cynisca. Là, s’élève ce trépied de bronze , sur lequel on déposait les couronnes destinées aux vainqueurs.

L’autel de Jupiter olympien est placé entre le temple de Pélops et celui de Junon. On y sacrifie au dieu Chasse-mouche (a).

REMARQUE

(a) Serait-ce parce que le mulet fut regardé long - temps comme incapable de produire, qu’il est attribué ici à la vierge Diane ?

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) Jupiter Apomyus. Le mot oriental Bel-ielut ,

Page 1