‹ Fêtes et courtisanes de la GrèceChapitre 13 sur 68 · LIV. III. L’EXALTATION · texte numérisé non relu

LIV. III. L’EXALTATION

« Mais comment, dira-t-on, cette institution* purement religieuse dans le principe , a-t-elle acquis cette pompe , ce luxe de développemens? il est facile de l’expliquer.

» L’intérêt du commerce, l’en thousiasme que dut nourrir la description de ces jeux célébrés par Homère, concoururent sans doute à imprimer à ces solennités ce caractère d’une magnificence qui paraît tenir du génie oriental. Celui des artistes de la Grèce et des poêles , les honneurs immodérés décernés aux vainqueurs , tout enflamma l’imagination d’un peuple qui connut toutes les ivresses, et dont tous les sentimens étaient des passions.

« On se croit transporté au milieu des merveilles de la féerie , en parcourant les monumens olympiques.

Là , tout bois est un temple , et tout marbre est un dieu.

» A chaque pas que l’on y fait, en comparant une statue avec une autre, on distingue les différentes écoles , et on apprend l’histoire de l’art même. Son enfance se montre dans les ouvrages des élèves de Dipœne et de Scyllis ; son progrès, dans les ouvrages de Calamis,de Canochus, de Myron ; sa perfection, dans ceux

FÊTES ü’OLYMPIE.

de Phidias, d’Alcamène, d’Onatas, de Scopas, de Praxitèle, de Polyclète, de Lysippe , de Pylhagore de Rhegium ; et enfin sa décadence, dans les monumens des temps postérieurs (i).

— » Est-il vrai que les femmes soient exclues de ce spectacle ?

— » Sur la route d’Olympie , près du fleuve Alphée , s’élève un rocher escarpé ; c’est de là qu’on doit précipiter , d’après une loi des Eléens, toute femme qui serait surprise dans la célébration des jeux. On raconte que Callipathire, devenue veuve , se déguisa sous l’habit d’un maître d’exercices , et conduisit ellemême dans les jeux son fils Pisidore. Il est déclaré vainqueur : sa mère , dans son transport , franchit la barrière , et se laisse reconnaître. Les triomphes de son père , de ses frères et de son fils, couronnés dans les mêmes jeux, lui sauvèrent la vie. Mais, depuis celle aventure , il fut statué que les maîtres d’exercices paraîtraient entièrement nus (2).

« Il paraît, dit un Grec à leurs côtés , que les femmes furent cependant admises à ces jeux,

AUTORITÉS

(1) Gcdoin. — (a) Pai/san. EUd.

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