‹ Fêtes et courtisanes de la GrèceChapitre 59 sur 68 · CHARÈS · texte numérisé non relu

CHARÈS

Puissent, en récompense de mon dévouement, mes champs se couvrir d’une triple moisson !

l’hiérophante.

Le cultivateur est celui que les cieux et la terre regardent avec des yeux d’amour. La rosée est une larme de Jupiter (i).

L’agriculture est la nourrice du genre humain. Nous avons divinisé tous ses symboles.

Cérès est la mère du monde. Les mystères d’Eleusis sont le triomphe de l’agriculture.

C’est le plus grand hommage que la sagesse ait pu rendre à cet art nourricier du genre humain , source féconde des nations.

Par cette pompe magnifique et sacrée, les hommes reconnaissent que tout vient de l’agriculture , qu’avec elle naquirent la propriété, la religion, les lois, les empires. Ces mystères

AUTORITÉ

(l) Epigen. de orphicâ Poesi.

38o LIV. IY. LA DEGRADATION.

nés de la liberté et de la propriété qu’assure

l’agriculture , trop long-temps renfermés dans

l’enceinte d’un territoire peu étendu , sont

devenus un point de ralliement pour tous les

hommes..

Enrôlés sous lés étendards de Cérès, tous protestent ainsi hautement contre les funestes suites du désordre qui a bouleversé la face du genre humain, contre la folie des gouvernemens qui ne pensent qu a s’isoler, contre les entraves et les bornes mises à la liberté des hommes et des nations , contre l’égoïsme des Etats qui , après leur avoir fait anéantir tout ce qui n’est pas eux, est cause qu’ils terminent par se détruire et s’anéantir eux-mêmes, fin nécessaire de tout principe destructeur.

L’établissement des fêtes d’Eleusis se confond avec l’époque où les Athéniens, arrivés des rives orientales, défrichèrent l’Attique. Leurs premiers rois Géerops,Erechthée, Eresichthion, Triptolème, Gélée, noms illustres, furent leurs premiers laboureurs.

Ces cérémonies , revêtues de tout ce que les fêtes ont de plus brillant et la religion de plus auguste, rendent le laboureur plus grand à ses propres yeux.

MYSTÈRES d’ÉLEUSIS. 38l

Jamais on n’a vu , depuis ce temps , une famille éplorée périr de faim et de misère à côlé de son champ ; et au bout de deux mille ans, les campagnes d’Eleusis n’ont rien perdu de leur fertilité primitive (i).

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