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descendait vers le pôle abaissé, vers l’empire des ténèbres et des longues nuits , enfin , lorsque dégradé en quelque sorte par la cessation de son énergie créatrice, et par la diminution de sa lumière , il semblait vieillir avec le temps et avec la nature dépouillée de tous ses ornemens. En suivant la marche que nous avons tenue jusqu’ici, et en examinant quelles sont les constellations placées près l’équinoxe d’automne, qui s’unissaient à lui , et qui pouvaient fournir aux peintres et. aux statuaires les formes caractéristiques de cetle époque de son mouvement, il n’est pas difficile d’apercevoir que le dragon des Hespérides, ainsi que le grand serpent que tient en ses mains le serpentaire (1), et dont le corps s’étend sur les trois signes, balance , scorpion et sagittaire , ont dû être spécialement choisis pour attributs du soleil , dans son passage aux signes inférieurs, de même que le bélier, le taureau et la chèvre, placés près de l’équinoxe du printemps, ont été choisis pour le peindre dans son passage vers l’hémisphère supérieur, comme nous l’avons vu ci-dessus
» Ainsi le dieu entortillé des longs replis du serpent, ou qui tient en ses mains le serpent , quels que soient les noms tju’on lui donne, soit Esculape, soit Sérapis, soit Pluton, etc., est encore le soleil, mais le soleil d'automne et d’hiver. ...
» Ainsi on retrouve l'origine des formes que prend le soleil dans sa vieillesse, ou lorsqu’au lieu de la figure d’un jeune homme imberbe, il porte la barbe touffue qui
(1) Theon. c. 11.
AUTORITÉ
NOTES. 4ï9
descend de son menton, sous les traits et le nom d’Esculape. On se rappelle, en effet, que les âges du soleil (1), ou de l’année solaire , étaient marqués par des traits empruntés de l’homme dans les quatre âges de sa vie , et que , dans les trois derniers mois, ou dans les trois mois qui précèdent le solstice d’hiver, ses images avaient tous les traits de la vieillesse pour exprimer la diminution des jours et la vieillesse du temps ou de l’année. C'est ainsi qu’on expliquera pourquoi Apollon, ou le soleil du printemps, est imberbe et brillant des grâces de la jeunesse, tandis qu’Esculape, son fils, ou plutôt, sa nouvelle forme en automne , porte une longue barbe. Aussi la figure du serpentaire ou de l’homme peint, dans les constellations, tenant en ses mains un serpent , et placé sur les limites de l’équinoxe d’automne , s’appelle-t-elle encore Esculape.....
» Eratoslhène (2) et Germanicus-César (3) ont adopté cette tradition. Servius, commentateur de Virgile (4), nous confirme également cette opinion ancienne qu’on avait de la constellation connue sous le nom de serpentaire ou d’ Ophïucus : il dit que c’était la constellation d’Esculape
« Le serpent d’Esculape, dit Hygin (5) à l’article de ce serpent, est celui qui est placé aux cieux
» On dit qu’au moment de sa naissance , Esculape avait été exposé sur une montagne, et nourri par une chèvre.
AUTORITÉS
(1) Macrob. Saturn. I. 1 , c. xvm. — (2) Eratosth. c. VI.
— (3) Germ. Ces. c. VII. — (4) Serv. in Æne.id. /. XI, v. 269.
— (5) Hygin. I. Il, e ■ xv.
NOTES
L’origine de cetle fiction est dans le ciel, et dans un phé* 1nomène qui se renouvelle toutes les fois que le serpentaire se lève , car alors la chèvre se couche , et se trouve au bord occidental, tandis que le serpentaire est au bord, oriental. Arrive-t-il au couchant , la chèvre se lève.... Le coucher de la chèvre est accompagné de celui du grand chien placé au midi du zodiaque , tandis que la chèvre est au nord. Ges trois aspects simultanés du lever du serpentaire Esculape , au coucher des deux belles étoiles de la chèvre et du chien, ont donné lieu de dire qu’Esculape, exposé dès sa naissance , fut nourri par une chèvre , et gardé par un chien. Ulug-beigh donne à la première étoile du serpentaire le nom de berger, à la seconde le nom de chien du berger; ce qui annoncerait assez que les Arabes voyaient dans cette constellation un homme accompagné d’un chien, tels qu’étaient Esculape et Saint-Roch, et
qu’ils le comparaient au berger et à son chien
« Nous avons déjà observé que les anciens adoraient le soleil sous différens noms, à cause des différens rapports sous lesquels ils l’envisageaient , en décomposant presque toutes ses propriétés. Nous avons vu dans Hercule, le dieu fort qui meut la nature et qui engendre le temps ; dans Osiris et Bacchus, le dieu fécond qui préside à la végétation par sa chaleur; dans Apollon, le père de la lumière. Ici, c’est la force bienfaisante du soleil qui, suivant Proclus (1), règle la température heureuse de l’air
(1) P/ocl. in Tirn.
AUTORITÉ
NOTES
qui entretient la vie et la santé. Cette remarque était aussi celle de Porphyre. Eseulape, dit ce- philosophe (1), est l’expression de la faculté qu’a le soleil de conserver ou de régénérer les corps. Voilà donc un nouveau rapport sous lequel les anciens ont considéré le soleil, et une qualité particulière de cet astre qu’ils ont reconnue et célébrée sous les noms d '‘Apollon et d 7 Eseulape. Ils l’ont invoqué, surtout en automne , contre les maladies qui se manifestent à cette époque, c’est-à-dire, lorsque le soleil passe sous le serpent. Son secours leur parut alors plus que jamais nécessaire. Aussi est-ce sous ce rapport de dieu de la santé, que le soleil fut principalement honoré sous le nom et la forme d’Esculape , ou le dieu uni au serpent. Esculape n’est même guère connu autrement que comme dieu de la médecine (2) , qui avait la puissance de guérir toutes les maladies, et même de ressusciter les morts; témoin cette femme qu’il ressuscita après qu’elle fut décollée , et à qui il remit la tète (3) ; témoin aussi la résurrection d’Hippolyte ou du cocher (4), sous le nom de Virbius, et celle d’Orion. Il ressuscita également plusieurs des guerriers morts devant Thèbes. 11 rappela à la vie le cadavre de Tyndare ; il rendit la vue aux fils de Phinée ; il guérit de leur folie les filles de Prœtus. Jamais le dieu du Soleil ne fit plus de miracles sous le nom de Christ, qu’il n’en avait fait sous celui d’Esculape et de Sérapis. On
AUTORITÉS
(1) Porph. apud Euscb. prœp. evang. I. m, c. xi. — (2) Diod. I. iv , c. lxxi. — (3) Ælian. I. ix, c. xxxiii.
(4) Ovid. fab. xi.vi. Lil. Gyrald. Sext. Empir.c. xni.
NOTES
voyait gravé sur les colonnes de son temple, à Epidaure (1), les noms des hommes et des femmes qu’il avait guéris, avec une désignation de la maladie, et avec le récit de la manière dont ils avaient été guéris. On y distinguait, entre autres choses, une vieille colonne qui rappelait le miracle de la résurrection d’Hippolyte ; on ne manquait pas, sans doute, d’y retrouver des ex-voto qui rappelaient les cures merveilleuses du dieu de la médecine. Pauvres mortels! vous êtes toujours et partout les mêmes ! »
Ibid.
(F), page 69, ligne 9.
« Après l’extinction de la liberté romaine , Auguste bâtit, près d’Actium , Nicopolis (la ville de la Victoire). 11 y établit, en mémoire de son triomphe, des jeux célèbres (2) , que Virgile , poëte sublime et rampant, immortalisa dans ses vers (3). »
(G), page 99, ligne i5.
« La constellation des gémeaux a fourni beaucoup
AUTORITÉS
(1) Pausan. Corinth. — (2) Sue/on. Oct. c. XVIII. Dion. Cass. I. LI. — (3) Virg. Gcorg. !. III.
NOTES
d’histoires à la mythologie , et même des histoires opposées, ce qui avait empêché d’en reconnaître l’origine. Cette opposition vient de leurs relations diverses.
» Les gémeaux paraissaient unis et s’aimer tendrement ; de là sont nées les histoires de Castor et Pollux , Ainphion et Zéthus, Achille et Patrocle , Oreste etPylade, Orphée et Linus, etc.
» Mais les gémeaux se tournent le dos et se fuient, ils prennent des roules différentes : quand l'un se lève , l’autre se couche ; l’un tue l’autre , ils se tuent même tour à tour, et ils s’envoient réciproquement aux enfers. De là sont nées les histoires d’Etéocle et Polynice, Atrée et Thyeste, Nélée et Pélias, Rémus et Romulus, etc. Manilius (i) nous donne le détail de ces phénomènes astronomiques. »
Rabaut-Saint-Étienne.
(H) , page 84 , ligne 2.
« Rien de plus touchant ni de mieux senti que la religion des anciens dont le plaisir formait la base. De là ces usages charmans, ces fêtes délicieuses que nous venons de parcourir. Les farouches Lacédémoniens eux - mêmes avaient érigé des autels à la Joie et au dieu du Rire. La
AUTORITÉ
(1) Mardi. Astron. I. 11.
424 NOTES
véritable vertu est douce , indulgente , facile. C’est à cette occasion que Montaigne s’écrie : « La vertu n’est pas, comme prétend l’eschole, plantée à la teste d’un mont coupé, raboteux et inaccessible : ceux qui l’ont approchée la tiennent au rebours logée dans une belle plaine fertile et fleurissante : d’où elle voit bien sous soi toutes choses , mais si peut-on y arriver , qui en sait l’adresse , par des routes ombrageuses, gazonnées, doux fleurantes : plaisamment et d’une pente facile et polie comme est celle des voûtes célestes. Pour n’avoir hanté cette vertu suprême , belle , triomphante , amoureuse , délicieuse , pareillement et courageuse , ennemie professe et irréconciliable d’aigreur, de déplaisir, de crainte et contrainte, ayant pour guide nature, fortune et volupté pour compagnes : ils sont allés, selon leur foiblesse , feindre cette sotte image , triste , querelleuse , despile , menaceuse , mimeuse , et la placer sur un rocher à l’escart , emmi de ronces, fantôme à étonner les gens. »
Montaigne , Essais.
(I), page 120, ligne n.
« C’ÉTAIT la coutume entre les Païens que ceux qui avaient remporté le prix de la lutte étaient menes chez eux avec pompe , en chantant , et des flambeaux dans les mains. Les Chrétiens prirent cette coutume à l’égard des morts. On les enterrait donc en chantant des psaumes, avec des cierges allumés , pour honorer la sépulture du
NOTES
défunt. La raison de cette cérémonie est marquée par saint Chrysostôme , qui vivait au commencement du cinquième siècle (i). « Dites-moi que veulent dire ces lampes » allumées aux funérailles? C’est que nous accompagnons » les défunts comme de généreux athlètes. A quoi bon » les hymnes? C’est que nous glorifions Dieu et lui ren- » dons grâces de ce qu’il a couronné le défunt , de ce qu’il l'a délivré de ses travaux et de ses douleurs; c’est « pour cela que nous chantons des psaumes et des » hymnes, etc. (2). »
(K), page 289, ligne 11.
« Les anciens ministres des dieux infernaux s’habillaient de noir. Quelques prêtres catholiques sont en surplis blanc, pendant l’été , et en camail noir , pendant l’hiver : leur Dieu d’été diffère de leur Dieu d’hiver.
« L’habit des moines de saint Benoit, qui est un des plus anciens, n’est autre chose que le lutus clavus des Romains (3).
» Le pape Grégoire emprunta du Judaïsme diverses cérémonies (4). Ce fut lui qui introduisit l’onction en
AUTORITÉS
( 1) Chrysost. serm. 4- ad Hebr. — (q) Hist. des Cérém. et des Superst. p. 68. — (5) Hist. des Cé'èin. et des Superst. p. 84- — (4) Raban. de Just. Cler. I. 1. c. xiv.
NOTES
l'ordre sacerdotal, et les habits pontificaux, à l’imitation des sacrificateurs et des Lévites (1). »
(L), page 3i4, ligne 7.
« Dans le dix-septième siècle, l’opinion du Purgatoire se fortifia, et cependant cette opinion était encore bien différente de celle de nos modernes. Les premiers tenaient que les âmes expient leurs péchés, ou dans les bains, ou dans la glace , ou suspendues au vent : le lieu et la peine de ce Purgatoire étaient encore douteux; mais l’opinion n’en était pas moins absurde. Aussi cette doctrine n’étaitelle bâtie que sur les préjugés des Païens, sur les prétendues apparitions des esprits, et sur la crédulité du vulgaire.
» Quoi qu’il en soit, cette opinion ridicule mit au jour un tas de cérémonies mortuaires, qui avaient pour but le soulagement des morts. On crut que l’Eucharistie y serait utile. On la fit donc servir à cette superstition ; et, d’un sacrement pour les vivans , on en fit un sacrifice pour les morts. Au lieu que les offrandes étaient des anmônes qui se donnaient en mémoire de la piété du défunt , on rapporta ce terme d’oblation au sacrement même, et pour l’expiation des péchés du mort (2). »
AUTORITÉS
(1) JJ /'si. des Cércrn. et des Superst. p. 84- — (2) Hr'sl. des Ccrétn. et des Superst. p. Si.
NOTES
(M), page 3x5, ligne 4-
« Les anciens prêtres égyptiens s’abstenaient du vin et des femmes. Les prêtres juifs s’abstenaient de toutes sortes de breuvages forts. Les prêtres d’isis et de Cybèle s’abstenaient de certaines viandes ; mais, en général, le clergé du Paganisme avait des jeûnes et des abstinences à observer en certaines occasions religieuses. On affectait encore de se débarrasser des soins de la vie sur le charitable public , à l’honneur de quelques dieux , et l’on se jetait dans une pauvreté volontaire : telle était celle des serviteurs de Cybèle , la mère des dieux. Ils portaient dévotement les images des dieux par les rues , et de province en province. Ces images touchaient le cœur des pieux Païens, et fournissaient largement aux saints pèlerins de la déesse, de quoi supporter la misère de la pauvreté.
« Ils s’abstenaient de chair et de vin , pour mieux éteindre les flammes de la convoitise. Il en était de même des anciens Brachmanes. Les Gymnosophisles se nourrissaient de riz et de fruits. Les prêtres de Cérès s’abstenaient aussi de manger de la chair : c’était un des trois préceptes que Triptolème leur avait donnés.
» Les hommes voient avec plaisir qu’il se détache d’entre eux un certain nombre de dévots que l’on pourrait presque appeler le corps de réserve de la piété. Ces dévots font vœu de pauvreté, d’abstinence, de retraite, et peu à peu ils se trouvent, au milieu de leurs solitudes, plus riches, mieux nourris et plus dissipés que tout le reste des hommes. Les gens du monde, à qui les affaires
NOTES
et les plaisirs ne laissent pas le loisir de prier Dieu, sont bien aises de trouver des hommes qui se chargent de la commission de prier pour eux , et qui leur ratifient le pardon de la part de Dieu, sans qu’il en coûte autre chose aux premiers que de l’argent et quelques cérémonies (1). »
(N), page 345.
« Les anciens devaient se laver dans une eau vive, et comme il fallait se laver souvent, les prêtres de l’ancienne Egypte eurent la précaution de bâtir des temples et des chapelles au bord du Nil. Les Indiens d’aujourd’hui ont la même précaution. La plus grande partie de leurs pagodes regardent les fleuves. Outre cela , ils ont une vénération excessive pour les eaux du Gange : mais, comme ils ne se trouvent pas toujours à portée de se laver dans ces saintes eaux, les Bramins leur enseignent que toutes les autres eaux auront la vertu de celles du Gange, si , en se lavant, ils disent : ô Gange , purifiez-moi.
» Les Romains portaient aussi fort loin le respect pour les fleuves et pour les fontaines; car, s’imaginant que ces eaux étaient régies par des dieux, qui y faisaient éternellement leur séjour, il était ordonné de s’y laver avec
AUTORITÉ
(1) Cèr'ém. el Coût, relig. t. 1 , p. i5,
NOTES
beaucoup de précaution (1). Il fallait ne pas troubler l’eau. Il fallait observer le silence en se lavant, afin de ne pas interrompre le repos du Dieu (2). »
(O) , page 356.
« Les prêtres trouvèrent le secret d’empêcher lés hommes d’agir, sans en avoir auparavant été consultés. Ils firent mouvoir tous les ressorts des passions; ils conduisirent les intrigues et s'emparèrent même des cours des princes. Ils damnèrent enfin pour l’amour de Dieu. Telle a toujours été l’autorité des ecclésiastiques dans toutes les religions (a). On sait le pouvoir des augures, des devins
REMARQUE
(«) Les prêtres décidaient chez les Allemands de la vie des criminels. Plusieurs peuples avaient autrefois leurs AUTORITÉS.
(1) Vol i deux passages qui prouvent ce qu’on avance :
Hujus nympha loci, sacri custodia fontis
Dormio, dam blandæ sentio murraur aquæ.
Parce roeum , quisquis tangis cava marmora , soranum Rumpere, sive bibas, sive lavere, tace.
tiVMPHIS, LOCI.
bibe, lava.